Textes adoptés au Congrès départemental de Sud éducation 93, 10 et 11 mai 2023

Dans notre syndicat comme sur nos lieux de travail, renforçons nos outils, nos pratiques et les luttes féministes

Intro : Cinq ans après MeToo, la lutte féministe s'est transformée : la parole des femmes s'est imposée dans l'espace médiatique et militant, et les journées de mobilisation du 8 mars – Journée Internationale de lutte pour les Droits des Femmes - et du 25 novembre – Journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles – sont devenues des dates centrales dans l'agenda militant. Nous devons cependant affronter une offensive réactionnaire massive : remise en cause du droit à l'avortement et de la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles, montée des groupes masculinistes, et ce tandis que les tentatives de récupération par la droite et l'extrême droite se multiplient.

Ces trois dernières années, SUD éducation 93 a participé pleinement à la lutte féministe. Les grèves et manifestations du 25 novembre et du 8 mars ont été des dates mobilisatrices. L'intersyndicale féministe s'est développée et permet de construire des luttes et des revendications communes. A l'intérieur de SUD éducation 93, la commission antisexiste s'est réunie régulièrement, a produit du matériel syndical et a organisé des actions autour du 8 mars et du 25 novembre. Pendant les AG, des temps en non-mixité continue à se mettre en place. SUD éducation 93 doit poursuivre ce travail en suivant les axes développés dans ce texte...

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Contre l’islamophobie d’État, revendiquons un syndicalisme antiraciste de lutte

Intro : L'année 2004 a marqué le durcissement durable de l'islamophobie d'État en France, instaurant par une loi une discrimination formelle et dérogatoire dans les établissements d'enseignement. Cette politique discriminatoire conduit à des atteintes graves au droit à la scolarisation de nos élèves et aux droits de nos collègues. 

L'islamophobie peut être entendue comme "l'ensemble des actes, propos ou écrits haineux ou de discrimination visant une personne physique ou morale, ou une institution, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à l'Islam" (CCIE). Il s'agit d'un racisme spécifique, particulièrement prégnant dans l'Éducation Nationale, et de manière plus générale dans les rapports entre l'administration, ses employé·es et ses usager·es (A. Hajjat et M. Mohammed, Islamophobie, La Découverte, 2013 rééd. 2022, p. 40). L'islamophobie touche en particulier les femmes et les filles musulmanes ou assignées musulmanes (rapports CCIE), faisant peser sur elles une injonction à ne pas trop montrer leur corps. De plus en plus, le tournant récent de la "lutte contre la radicalisation" et la persistance de l'amalgame avec le terrorisme rehausse la proportion d'hommes et de garçons (assignés) musulmans parmi les victimes d’islamophobie. À cet égard, on peut caractériser les politiques islamophobes comme une entreprise de "discipline des corps voire des esprits des "présumé·es" musulman·es" (A. Hajjat et M. Mohammed, Islamophobie, La Découverte, 2013 rééd. 2022, p. 30). La culpabilité se trouve inversée, et ces attaques sont menées au nom de la défense de la République, de la laïcité, de la liberté d'expression ou, plus ouvertement, des valeurs occidentales supposément en danger. Ciblant des individus vivant sous un régime permanent de suspicion, l'islamophobie, dans tous les milieux y compris syndical ou "de gauche", se retrouve souvent dissimulée "sous les dehors acceptables de la liberté d'expression" (CNCDH, 2014)...

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