INSPE : fermeture du site de Saint-​Denis, une menace pour l’avenir de la formation professionnelle

« L’UPEC annonce le retrait programmé de l’INSPÉ de son site de Saint-Denis au plus tard le 30 juillet 2026 » ( Cf Upec Hebdo du 24 mars)

Communiqué des personnels de l’UPEC réunis le 24 mars 2025 à Saint-Denis avec le soutien de leurs représentants syndicaux

FERMETURE D’UN SITE DE L’INSPÉ : UN PROJET IMPROVISÉ SANS AUCUNE CONCERTATION

La fermeture de ce site, improvisée dans la précipitation depuis seulement quelques mois, a été décidée sans aucune concertation, et en dépit des centaines de milliers d’euros investis récemment par l’université pour la remise aux normes du site, qui a pu ainsi bénéficier d’un avis favorable de la commission de sécurité en février 2025.

Les arguments avancés par la Présidence de l’UPEC sont :

  • soit purement comptables (« coûts d’exploitation élevés au regard du nombre d’étudiants », « baisse significative des effectifs, notamment en MEEF »), au mépris de la carte des formations (certaines formations assurées sur le site sont uniques en Île-de-France), ainsi que de la mission de service public qui est celle de la formation professionnelle.
  • soit mensongers (« les coûts d’exploitation élevés » et de remise en état sont chiffrés sans fondement à plus de 40 millions d’euros !), ou tout simplement de mauvaise foi (évoquer la baisse des effectifs en master MEEF alors qu’une réforme de la Formation des Enseignant-e-s est en cours pour faire face, précisément, à la baisse du recrutement...)

La décision ayant été prise unilatéralement, aucune réelle « concertation active avec les équipes pédagogiques et administratives » n’a été engagée, si ce n’est sur le mode de l’obligation de collaborer pour éviter le pire : la fermeture pure et simple des formations assurées sur le site (une option découverte avec surprise par les élu-e-s au CA le 24 janvier 2025 dans le diaporama présenté par la présidence de l’UPEC).

Par ailleurs, les scenarii se succèdent sans qu’aucun ne soit réalisable : « relocalisation » et « mutualisation » selon les places supposées disponibles sur d’autres sites, ce qui suppose l’éparpillement des formations sur différents lieux et l’éclatement du collectif de travail de Saint-Denis, ainsi que la menace d’un engorgement des sites d’accueil pressentis pour ces formations… Sans oublier le problème encore non résolu de la « relocalisation » des laboratoires et des ateliers techniques et professionnels.

Ce projet, contre lequel une motion a été adoptée avec une forte majorité au Conseil de l’INSPE du 12 décembre 2024, a été rapidement présenté au Conseil d’Administration de l’UPEC du 24 janvier 2025, avec un diaporama contenant de nombreuses inexactitudes et une quinzaine de questions en suspens.

À l’appel des syndicats et des personnels BIATSS et enseignants du site de Saint-Denis, de nombreux personnels de l’UPEC se réunissent régulièrement pour faire face au manque de prise au sérieux des besoins de formation des enseignant-e-s assurés par l’INSPE à Saint-Denis et de l’absence de projet crédible pour une « relocalisation » des formations assurées à Saint-Denis.

Ils sont soutenus par la FSU nationale et l’intersyndicale de l’éducation du 93 (FSU 93, CGT 93, SUD éducation - Solidaires 93) (voir communiqués ci-dessous).

Ils sont à l’initiative d’une pétition qui a déjà recueilli plus de 600 signatures, dont celles d’élus locaux et de députés.

Ils ont prévu une journée de mobilisation sur le site de Saint Denis le mercredi 14 mai 2025, pour montrer l’importance de défendre le site de Saint-Denis, les formations universitaires et la formation professionnelle en général.

Ils restent pleinement mobilisés pour refuser la fermeture du site de Saint-Denis, et demander l’ouverture de véritables concertations au Rectorat, avec les universités de l’Académie, la région IDF, la ville de Saint-Denis et les syndicats, dans un contexte de réforme de la formation et d’enjeu majeur sur la formation professionnelle publique.

Pétition Pour la formation à l’enseignement professionnel et technologique, défendons le site de formation de Saint-Denis!