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Une rentrée sous le signe du sexisme et de l’islamophobie
Article publié le 27 septembre 2020

Communiqué de SUD Education 93 du 27 septembre 2020

Depuis la rentrée, dans une multitude de collèges et de lycées en France, de nombreuses jeunes filles ont reçu des avertissements ou se sont même vues refuser l’accès de leur établissement pour leur tenue jugée « provocante » ou « indécente : jupes courtes, shorts, hauts qui laissent apparaître les épaules ou le nombril, soutien-gorge qui dépasse, absence de soutien-gorge… Évidemment, les garçons cisgenres, à longueur de short égale, n’ont subi aucune remarque…

Dans un élan féministe, un grand nombre de jeunes filles ont protesté ce lundi 14 septembre, et protestent encore, contre ces remarques sexistes. Le hashtag #14Septembre se diffuse sur les réseaux sociaux, le mouvement ne cesse de s’amplifier.

SUD Éducation 93 soutient les jeunes collégiennes et lycéennes dans leur combat pour le droit de s’habiller comme elles l’entendent, et contre les remarques sexistes.

L’argument principal qui justifie ces injonctions est malheureusement connu : ces tenues, dit-on, « exciteraient les garçons » et les empêcheraient de se concentrer en classe. Illustration parfaite d’une culture du viol qui considère que ce sont aux femmes et aux filles de faire attention à leur manière de s’habiller, qui prétend que les garçons et les hommes ne seraient pas capable de se contenir à la vue d’une épaule, d’un sein, d’une cuisse. Rappelons-le : une agression sexuelle ou un viol n’a qu’un seul responsable : l’agresseur.

Alors que l’Éducation nationale devrait combattre la culture du viol pour prévenir et réduire les violences sexistes et sexuelles, Jean-Michel Blanquer se fait sans complexe le relais d’un discours patriarcal hors d’âge : « Il suffit de s’habiller normalement et tout ira bien » Mais en quoi une jupe courte ne serait ni « correcte », ni « normale » ?

Ne nous méprenons pas, quelle que soit l’argumentation proposée, l’enjeu est toujours le même : contrôler l’habillement des jeunes filles, considérer qu’il n’est pas acceptable que leur corps soit visible, alors même que ce sont elles qui le choisissent.

La réponse caricaturalement réactionnaire du ministère au mouvement de protestation des collègien·nes et lycéen·nes n’est qu’une manifestation supplémentaire du sexisme ordinaire dont l’Éducation nationale fait preuve depuis de nombreuses années envers les élèves qui portent un voile. Ainsi, lorsqu’elle ne reproche pas aux femmes et aux filles de trop se dénuder, l’administration les punit de trop se couvrir. Ce sexisme institutionnel se conjugue alors avec une islamophobie assumée.

Rappelons que durant l’année scolaire 2019-2020, Jean-Michel Blanquer avait déjà multiplié les sorties scandaleuses, créant des polémiques stigmatisant les personnes musulmanes ou supposées telles. Il a été démenti par ses propres services sur le prétendu défaut de scolarisation des petites filles musulmanes. Il avait attaqué la FCPE à propos d’une affiche de campagne montrant une femme portant le voile. Il n’avait pas condamné fermement l’agression par un élu RN d’une mère d’élèves portant le voile en accompagnant une sortie scolaire.

Ce jeudi 17 septembre, des député·es LR et LREM ont quitté la commission d’enquête sur le COVID-19 et la jeunesse au motif que Maryam Pougetoux, vice-présidente du syndicat étudiant l’UNEF, portait un voile.
Cet évènement prouve encore une fois le racisme et l’islamophobie d’une partie de la classe politique.

S’appuyer sur un prétendu féminisme, comme l’a fait la députée Anne-Christine Lang, revient à instrumentaliser les luttes pour les droits des femmes en les mettant au service d’une idéologie raciste et islamophobe.
SUD Éducation 93 défend un féminisme intersectionnel. Être féministe, c’est soutenir autant la journée #Lundi14Septembre organisée par les collégiennes et les lycéennes que les femmes qui, portant le voile, subissent les discriminations et les violences racistes et islamophobes au quotidien.

Rappelons que l’islamophobie tue, comme le montrent les récents attentats sanglants perpétrés par l’extrême droite australienne et allemande contre les musulman·es, ainsi que l’attaque d’une mosquée en France.

Par ailleurs, il y a fort à craindre que le projet de loi « contre le séparatisme » soit à nouveau un prétexte pour continuer à stigmatiser et à opprimer la communauté musulmane, dont sont issu·es beaucoup des élèves des quartiers populaires de notre département.

SUD Éducation 93 apporte tout son soutien à Maryam Pougetoux et dénonce l’instrumentalisation nauséabonde de la laïcité et des discours féministes.

À SUD Éducation 93, nous défendons toutes les femmes, les personnes non binaires, toutes les personnes LGBTQIA+ quels que soient les choix qu’iels font et nous condamnons la violence qu’iels subissent.

SUD Éducation 93 revendique une véritable éducation pour les élèves aux questions de genre et contre les stéréotypes racistes, islamophobes et sexistes.

SUD Éducation 93 revendique de véritables mesures contre les violences sexistes et sexuelles.