SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | Agents | Contractuels enseignants | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Stagiaires | Supérieur | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence |

Suppressions de postes, réformes, Ya Basta !
Article publié le 28 février 2011

Selon une note du Centre d’Analyse Stratégique, organisme
rattaché à Matignon, sur l’emploi public dans
les pays de l’OCDE, la France serait bonne dernière des
34 pays membres de l’OCDE pour l’encadrement des
élèves !

Les constats des syndicats, souvent considérés comme
"alarmistes" voire "catastrophistes" par les rectorats,
sont largement confirmés par ce document : "Il y a 6,1
enseignants pour 100 élèves en France. C’est le taux le
plus bas des pays de l’OCDE". Pour l’enseignement
primaire, c’est encore pire, avec 5 enseignants pour
100 élèves !

Comment s’étonner alors du manque de remplaçants,
de la disparition des enseignants spécialisés (RASED),
de l’augmentation progressive du nombre d’élèves par
classe dans les écoles, les collèges et les lycées ?

Malgré ce constat, le gouvernement a décidé de supprimer
encore 16000 postes à la rentrée prochaine.

Cet objectif guide l’ensemble des réformes, celle de la formation,
avec les stagiaires à temps plein et des étudiants
de M2 en remplaçants, comme celle des lycées
qui tourne au saccage dans la voie technologique... Il y
a donc bien un domaine dans lequel l’éducation est la
priorité du gouvernement : celui des suppressions de
postes !

Pour l’académie de Créteil, le recteur doit
trouver 571 postes à "économiser".
La potion est amère pour les écoles et les établissements
qui devront pourtant accueillir 8000 élèves de
plus à la rentrée 2011. Les mesures de carte scolaire et
de DHG (Dotation Horaire Globalisée) seront orientées
à la baisse des moyens dans les trois départements.
Ce sont les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire,
donc les élèves les plus en difficulté, qui vont faire les
frais de cette politique.

Ainsi, l’inspecteur d’académie de Seine-Saint-Denis a
prévu de supprimer des postes de maîtres supplémentaires
et de RASED ! Quant aux seuils d’ouverture des
classes, il a su rappeler très récemment qu’avec le fort
"taux d’absentéisme des élèves en maternelle, les effectifs
n’étaient jamais au complet" et que "la Seine-Saint-
Denis devait participer à l’effort national d’économie
budgétaire ! Tout un programme…

Mais de nombreux-ses enseignant-es des écoles, des
collèges et des lycées ont décidé de relancer une dynamique
forte de mobilisation.

Le jeudi 10 février, à l’occasion de la grève nationale, ce
sont près de 200 profs du premier et du second degré
qui ont occupé les locaux de l’inspection départementale
du 93, aux cris de "Chatel, voleur, rends-nous nos
postes ! ".

Lundi 7 février, des centaines de parents ont occupé les
écoles dans plusieurs villes de l’académie pour protester
contre le manque d’enseignants remplaçants.

Mercredi 3 février, des professeurs des IUFM (PIUFM)
du Val-de-Marne ont boycotté les entretiens de formation
prévus par l’IA. Ils ont convoqué une conférence de
presse pour protester contre la masterisation, cause de
toutes les souffrances endurées par nos collègues
stagiaires.

Il s’agit maintenant de fédérer les résistances dans un
mouvement d’ensemble unitaire des enseignants et
des parents contre la destruction programmée de
l’éducation.

SUD Education a proposé une intersyndicale académique
dès la rentrée des vacances de février pour construire
dans l’unité une riposte massive et efficace.

Déjà, une assemblée générale départementale est
prévue dans le 93 le jeudi 10 mars, à 18h, à la bourse
du travail de Bobigny à l’initiative des personnels de
Saint-Denis.

Une AG régionale sera programmée courant mars et
nous y proposerons un appel à la grève dans la
deuxième quinzaine de mars !

Les grèves et manifestations, si elles sont
massives et déterminées, avec l’appui des
parents, peuvent faire reculer
le rectorat et le ministère.