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Reprise de l’école en 2O21 avec un "protocole renforcé qui a fait ses preuves" selon Blanquer
Article publié le 5 janvier 2021

Nous avons toutes les raisons de nous battre !

Le soir du 31 décembre, Macron nous a dressé le portrait d’un pays uni en rendant hommage à celles et ceux qu’il qualifiait il y a peu de « gens qui ne sont rien », sur qui il n’a jamais eu aucun scrupule à envoyer la police à chaque manifestation avec ordre de taper, gazer, incarcérer. Le président a choisi de décupler les pouvoirs de la police avec la loi sécurité globale et d’alimenter un climat de racisme et d’islamophobie avec la loi sur le séparatisme, ainsi qu’en multipliant les sorties haineuses. Nous faisons les frais de ce climat dans l’éducation car les violences de la société ne s’arrêtent pas aux portes des établissements scolaires. Le tournant autoritaire du gouvernement peine à masquer le bilan catastrophique de sa gestion de la pandémie sur fond d’une crise économique émergente. Ce sont bel et bien les classes populaires qui constituent la grande majorité des 64000 décès dus au Covid-19. 

En novembre, dans de nombreux établissements, les collègues ont pourtant cherché à trouver des solutions pour limiter la propagation du virus en recensant les besoins, en réclamant des moyens, en cherchant à adapter les programmes et en proposant leurs propres protocoles sanitaires pour pallier les insuffisances criantes du protocole sanitaire officiel. Si quelques victoires ont pu être arrachées concernant les effectifs côté lycée, la hiérarchie a évidemment refusé de nous laisser gérer notre outil de travail, redoublant d’autoritarisme pour mieux camoufler son incompétence. 

Rien ne semble avoir changé avec la reprise. Les personnels de l’Éducation nationale ont pourtant bien attendu devant les chaines d’informations les nouvelles directives du ministère pour faire face à la crise, mais c’est bien la stratégie de l’immobilisme qu’a choisi Blanquer, affirmant sans complexe qu’il maintient un "protocole renforcé qui a fait ses preuves". Cet immobilisme face à la pandémie tranche avec l’activisme forcené du ministre quand il s’agit de financer le syndicat Avenir Lycéen ou de mener sa mission de sape de l’éducation publique, notamment avec la réforme prochaine de l’éducation prioritaire. 

Depuis plusieurs années, SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation à même de garantir les meilleures conditions de travail possibles pour l’ensemble des personnels. Nous revendiquons des recrutements massifs de personnels, la titularisation de l’ensemble des non-titulaires et un plan d’investissement massif dans la construction et la rénovation du bâti scolaire. Nous revendiquons également le retrait de l’ensemble des réformes néolibérales, qui ont vu s’accentuer les inégalités entre élèves, entre établissements et entre territoires. Nous exigeons enfin une hausse significative des moyens et des augmentations de salaires pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale. Depuis de nombreuses années, ces personnels font face à une précarité accrue et à un gel de leur salaire. 

Les organisations syndicales de l’éducation appellent à préparer une première journée grève le 26 janvier pour faire entendre l’ensemble de ces revendications. Nous appelons à exprimer collectivement notre colère avec l’ensemble des secteurs de la société qui se voient également attaqués, précarisés, et qui revendiquent comme nous l’urgente nécessité de changer la donne.