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Rentrée 2018 catastrophique : les enseignants du lycée Mozart dénoncent les mensonges du Conseil Régional
Article publié le 4 septembre 2018

Vous trouverez ci-dessous deux communiqués des personnels du lycée Mozart du Blanc-Mesnil sur les conditions de rentrée dans leur établissement.


Le Blanc-Mesnil, le 3 septembre 2018

Les professeurs réunis en assemblée générale pour la deuxième fois ce lundi 3 septembre constatent que les conditions de travail les plus élémentaires ne sont pas rassemblées afin d’accueillir les élèves en classe de manière professionnelle et décente dès mercredi matin. En effet, de nombreux problèmes se posent encore, qui ont été accentués par les récentes inondations.

A titre d’exemple, le câblage informatique est inopérant dans toute une aile du lycée (dont la salle des professeurs, privant les professeurs de leur outil de travail), certaines salles ne sont pas équipées ne serait ce que d’un tableau, les emplois du temps de certaines classes ne sont pas réglementaires car il manque des heures d’enseignement, il manque des professeurs (les BMP prévus ne sont pas suffisants).

Par conséquent, nous demandons que la rentrée des élèves soit reportée à lundi prochain 8h, comme nous savons que cela se fait actuellement dans plusieurs lycées afin que les agents, les personnels chargés de la maintenance informatique et les personnels de direction chargés des emplois du temps puissent travailler dans la sérénité et le professionnalisme nécessaires à l’effectuation de leurs tâches.

Nous nous rassemblerons en salle des professeurs mercredi matin à 7h45 afin de recueillir la réponse à notre requête et nous organiser en conséquence.

L’assemblée générale des professeurs du lycée Mozart du Blanc-Mesnil.


Rentrée 2018 catastrophique : les enseignants du lycée Mozart dénoncent les mensonges du Conseil Régional

Lors de leur venue au lycée le 21 mai 2017, les représentants du Conseil Régional s’étaient engagés à ce que les travaux de rénovation du chauffage soient achevés et des préfabriqués installés pour la rentrée 2018. Rappelons que cette visite concluait des années de lutte et de blocus des élèves, des parents et des personnels sur la base d’une revendication qui ne peut que sembler raisonnable dans la région la plus riche de la 7ème puissance mondiale au 21ème siècle : que le lycée soit chauffé et isolé.

Or quelle est la situation ce vendredi 31 août ? Les bâtiments provisoires sont encore en plein chantier. On nous annonce à présent, de manière évasive, qu’ils seront livrés à la rentrée des vacances de la Toussaint... Les travaux de réfection du système de chauffage et d’aération qui devaient avoir lieu pendant l’été n’ont quant à eux même pas commencé ! Rappelons pourtant que les élèves ont été contraints cette année d’aller passer au mois de juin les épreuves du baccalauréat dans d’autres lycées afin que les travaux, nécessitant un gros œuvre, puissent avoir lieu. Enfin, les travaux de rénovation prévus au CDI n’ont également pas eu lieu, alors même que les documentalistes et personnels du lycée avaient été mobilisés toute la fin de l’année pour vider le CDI, et cela afin que les travaux puissent être effectués rapidement.

Pourtant, dès le mois de janvier, les membres du conseil d’administration du lycée avaient formulé une demande mandatant le proviseur auprès du Conseil Régional afin d’obtenir le plus rapidement possible un échéancier précis et des informations complètes et fiables sur le déroulement des travaux du chauffage et l’installation des préfabriqués. Alors même que nous avons ensuite renouvelé à de multiples reprises ces demandes, nous n’avons jamais eu aucune réponse ni pu rencontrer les personnels de la Région en charge de ce dossier, ce qui nous conduit aujourd’hui à assurer la rentrée dans des conditions catastrophiques :

- Les effectifs du lycée sont en constante augmentation : 1065 élèves sont annoncés pour cette rentrée, soit environ 30 élèves de plus que ce qui était initialement prévu. Il y a peu d’années nous n’étions encore qu’un peu plus de 600. En l’absence des préfabriqués promis, certains cours sont placés dans des salles inadaptées dans lesquelles il sera impossible de travailler. Il y aura des cours cette année encore le mercredi après-midi pour de nombreuses classes, de Seconde notamment, ce qui menace l’existence de l’UNSS (association sportive) qui voit fondre le nombre de ses adhérents.
N’ayant pas été consultés avant l’installation des préfabriqués, de nombreux et graves problèmes apparaissent : aucun espace n’est prévu pour accueillir un bureau pour la vie scolaire. Aucun sanitaire ni toilettes ne sont prévus dans ces bâtiments de 8 classes soit pourtant près de 300 élèves ! Nous n’avons pas non plus d’infos en ce qui concerne l’accès par les personnes à mobilité réduite ni en ce qui concerne les conditions réelles du travail des agents. Enfin, les membres de la commission Hygiène et Sécurité du Rectorat, venue visiter le lycée en septembre dernier, a relevé que l’installation de ces bâtiments posait des problèmes de sécurité au niveau des accès et de la circulation des élèves.
Nous n’avons toujours aucune réponse précise et circonstanciée sur ces sujets, sauf une : le refus par la Région d’embaucher du personnel de ménage supplémentaire pour nettoyer des bâtiments situés en extérieur, le refus du Rectorat de créer des postes de surveillants pour assurer la sécurité d’élèves à l’extérieur, à l’abri des regards et en lisière de parc.

- On nous annonce maintenant selon un calendrier fantaisiste que les travaux du chauffage, qui à l’heure actuelle n’ont toujours pas débuté, se dérouleront tout au long de l’année pendant les petites vacances de telle sorte que les cours ne seraient pas perturbés. Cependant, si le chantier se déroule effectivement sur l’ensemble de l’année, il rendra impossible, par le bruit et les nuisances liées à tout gros œuvre, le bon déroulement des cours. Gageons que la réalité sera toute autre que celle qu’on nous annonce, si jamais les travaux démarrent un jour…
Plus préoccupant encore, non seulement nous pouvons supposer que le chauffage ne sera pas fonctionnel cette année mais nous n’avons pour l’heure aucune information sérieuse sur la manière dont le lycée sera chauffé cet hiver. La Région compterait-elle sur une accélération du réchauffement climatique ?

Cela fait maintenant plusieurs fois que la Région ne tient pas ses engagements pourtant soi-disant fermes. A quoi sert une négociation si on n’a aucune garantie que ses résultats soient appliqués ? Aucun engagement des autorités n’a plus aucune valeur à nos yeux.
Nous constatons que la Région a tout simplement décidé de laisser dépérir ce lycée dans un état de vétusté avancé comme l’illustrent encore les deux très importantes inondations du lycée cet été. Ces dégâts des eaux considérables auraient dû nécessiter l’intervention de prestataires de service extérieurs. Or ce sont les agents du lycée qui, au détriment de la préparation de la rentrée, ont été mobilisés à plein temps et ont été singulièrement épuisés par ce sinistre. S’agissant des nouveaux bâtiments, aucune embauche d’agents supplémentaires n’est par ailleurs prévue, ce qui est aussi bien scandaleux que dangereux. Nous exigeons toute affaire cessante la création de deux postes d’agents supplémentaires pour assurer l’hygiène et la sécurité élémentaires de l’établissement.
Nous serions enfin curieux de savoir s’il existe réellement un appel d’offres, sa date, son contenu, le cahier des charges et ce qui a été convenu avec les entreprises... Et nous demandons déjà que le Maire du Blanc-Mesnil qui est conseiller régional et représentant de la Région en charge du lycée (qui n’est jamais venu à aucun Conseil d’Administration du Lycée non plus qu’à la rentrée) se déplace au lycée pour rendre des comptes sur ces travaux fantômes.