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Quelle rentrée après le meurtre de Samuel Paty ? Les équipes doivent décider : liberté pédagogique !
Article publié le 30 octobre 2020

Analyse et liens vers des ressources pédagogiques


Par son refus d’agir, Blanquer met en danger la sécurité et la santé des personnels, de nos élèves et de leurs familles. Il a décidé d’annuler le temps de concertation prévu pour échanger au sujet de l’attentat qui a coûté la vie à notre collègue Samuel Paty et veut que nous accueillons les élèves à 8h le lundi 2 novembre dans les mêmes conditions qu’avant les vacances d’automne et dans un contexte de forte dégradation de la situation sanitaire.

Le ministère a mis à disposition sur Eduscol des ressources pédagogiques et propose un moment de recueillement avec lecture du texte de Jaurès . Il va sans rappeler que ce dispositif pédagogique n’est en aucun cas obligatoire.

Pour SUD éducation 93, il est primordial que ce soient les équipes qui décident des modalités de reprise y compris en reprenant les rituels d’une rentrée classique d’automne. Le meurtre de Samuel Paty, aussi effroyable soit-il, n’aura pas forcément généré d’angoisse ou de besoin d’en parler pour tou·tes les élèves.

Ainsi, ce choix pédagogique ne va-t-il pas de fait créer un événement (qui s’apparente fortement dans sa mise en scène à un deuil national) obligeant les collègues à traiter les questionnements pédagogiques post attentat en classe ?

Si la liberté d’expression fait partie des programmes de l’Éducation nationale, la lutte contre les tous racismes l’intègre tout autant.
Comment se positionner en tant qu’enseignant·e de l’Éducation nationale alors que notre ministre ainsi que le ministre de l’Intérieur relaient des propos racistes et islamophobes haineux dignes de l’extrême droite ? Quelle réponse donner à des élèves qui relateraient une injustice sociale particulièrement lisible en ce moment au regard d’un discours institutionnel islamophobe complètement décomplexé ?

SUD Éducation invite donc les collègues à une vigilance de tous les instants pour ne pas laisser leurs pratiques pédagogiques être récupérées à des fins politiques nauséabondes. Cette journée doit pouvoir, si besoin, être un moment d’échange avec les élèves, loin des récupérations politiques et de l’instrumentalisation scandaleuse mise en œuvre par le ministre Blanquer. »

SUD Éducation 93 met un point d’honneur à défendre les pratiques pédagogiques qui visent l’émancipation et la coopération telles que :

  • la pédagogie critiquedont l’objectif est avant tout de lutter contre les discriminations et en faveur de l’engagement pour une justice sociale et environnementale. 
  • la pédagogie Freinetet la pédagogie institutionnelle (qui à minima tendent à accueillir la parole de l’enfant de manière inconditionnelle dans les moments tels que le « quoi de neuf » ou « l’entretien »).

Voici d’autres ressources qui peuvent vous aider :


Nos analyses à propos de la lettre de Jean Jaurès