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Pourquoi la grève du 24 novembre doit être le début d’une lutte prolongée ?
Article publié le 16 novembre 2009

La fédération SUD éducation, avec la FSU, la CGT et FO, appelle l’ensemble
des personnels travaillant dans le secteur éducatif à se mettre en grève le
mardi 24 novembre. Faudra-t-il en resterlà ? Est-ce suffisant pour répondre à
la politique régressive du gouvernement ? Quels sont les enjeux de cette
grève que SUD éducation pose d’emblée comme un préalable à la construction
d’un vaste mouvement de lutte dans la durée ?

Faire grève contre les 16 000 suppressions de postes , c’est faire grève contre
une politique de fond : la RGPP !

1.- La Révision Générale des Politiques Publiques ou RGPP est une réforme
(régression) profonde du fonctionnement de l’Etat qui matérialise tout d’abord une règle devenue dogme : ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux
partant à la retraite (et ce, quels que soient les besoins en matière de services
publics, éducation, santé, etc.).

De 2007 à 2010, ce sont près de 50 000 postes qui auront disparu dans l’éducation nationale ! Et le gouvernement est en quête permanente de secteurs à "dégraisser". Sur fond de baisse drastique du nombre de postes aux concours, les différentes professions sont menacées les unes après les autres :
- en 2009, ce sont les maître(sse)s spécialisées des RASED qui sont touché(e)s ;
- en 2010, ce sont les stagiaires PE2, PLC2, PLP2, CPE2 qui perdent le droit à leur année de formation initiale rémunérée !

Pour les années suivantes, des indications sont fournies par le rapport de
l’IGEN (voir le compte-rendu dans le Journal de SUD éducation d’Octobre 2009, consultable sur notre site à l’adresse suivante : http://www.sudeduccreteil. org/). L’ensemble des postes de RASED est clairement dans la ligne de mire des restrictions budgétaires.

Les classes de Petites Sections de maternelle sont clairement mises en
danger par l’ouverture des Jardins d’éveil payants pour les 2-3 ans.

La RGPP est un processus de casse des services publics qui ne s’arrêtera que si
nous y mettons un terme !

2) Derrière les décrets sur la Masterisation, c’est le droit à une formation
initiale professionnelle et le statut de fonctionnaire qui sont remis
en cause !

Depuis 2006, à La Poste, les agents ne sont plus recrutés par concours mais
uniquement par des contrats de droit privé (CDD et CDI). Pendant des années, ont coexisté les deux modes de recrutement (concours et contrats
de droit privé) pour travailler dans l’entreprise postale. Aujourd’hui
moins d’un salarié sur deux de La Poste est fonctionnaire, et le gouvernement
essaye de privatiser l’entreprise publique…

Un tel scénario était inimaginable dans l’éducation nationale. Mais, le 28 juillet
dernier, les décrets sur la "masterisation" des concours enseignants ont
été publiés et ouvrent la première brèche dans le statut. En effet, les futurs
candidats aux concours devront être titulaires d’un Master "enseignement".

Que feront les diplômés d’un Master "enseignement" qui auront raté le
concours ? Pourquoi les postes aux concours ne cessent de baisser alors
que la démographie scolaire repart à la hausse ? Il est tout à fait légitime de
craindre une ouverture du recrutement hors-concours !

Depuis le 28 juillet 2009, une brèche dans les statuts...Dégraissage du mammouth...

Quels risques les futurs recrutés sur contrats encourront-ils ?

Pour faire renouveler son contrat, le futur collègue devra se conformer à
toutes les injonctions de la hiérarchie.

De quelle liberté pédagogique disposera-t-il ? Quelles seront ses capacités de résistance au niveau syndical ? Quelles seront ses garanties en termes d’emploi, de salaires, etc. ?

Mais c’est aussi le droit à être formé avant d’aller sur le terrain qui est battu en brèche !

3) Rien n’est inéluctable ! Par la grève portons tous ces sujets et toutes nos
revendications sur la place publique !

Tous ensemble, nous pouvons faire reculer le ministère sur ses réformes de régression éducative. L’éducation de nos élèves, nos droits statutaires
et nos conditions de travail en dépendent ! En 2006, la jeunesse et les salariés en grève ont empêché la création du CPE !

Aujourd’hui, SUD éducation appelle l’ensemble des collègues à la grève et à
faire du mardi 24 novembre la première étape d’une mobilisation pour
défendre l’école publique et construire l’école de l’égalité pour tous.

D’autres choix sont possibles :

- le 23 octobre Eric WOERTH s’est vanté d’avoir supprimé 100 000 postes
de fonctionnaires faisant "économiser" 3 milliards au budget. Ces 3 milliards ont financé la baisse de la TVA, cadeau fait aux restaurateurs.
Cette baisse a créé 6 000 emplois. Pas un centime d’économie, mais 94
000 emplois perdus et autant de chômeurs en plus.

Etre en grève le Mardi 24 novembre nous permettra de participer aux
assemblées générales de villes dans le premier degré, dans les établissements
dans le second degré et le supérieur.

Et des assemblées départementales et une assemblée régionale au
soir de la grève du 24 novembre ; nous proposerons aussi des rencontres
intersyndicales dans les délais les plus courts.

SUD éducation propose plusieurs pistes :

*Reconduire la grève la semaine qui suit pour inscrire le mouvement dans
la durée et établir un vrai rapport de force.

SUD éducation y défendra :

* l’arrêt de toutes les suppressions de postes ;

*l’abrogation des décrets sur la Masterisation et l’extension de la formation initiale rémunérée ;

* un plan d’urgence pour les ZEP avec des vrais moyens supplémentaires ;

* l’arrêt de la casse des RASED (récupération des 3000 postes supprimés) ;la
création immédiate de tous les postes nécessaires (RASED, Brigades, ZIL) en
fonction des besoins exprimés par les AG ;

*plus de maîtres que de classes (abrogation des décrets de mai et juillet 2008 sur les nouvelles obligations de service) ;

* le retour au BEP et au bac pro en 4 ans ;

*un réel débat pour une autre réforme du lycée ;

*le réemploi et la titularisation de tous les précaires ;

*l’abandon de toutes les pratiques répressives (fichages : base élève, SCONET, Equipes Mobiles de Sécurité ).

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JA 80 NOV 2009