SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Pour faire face, faisons front : marche du 26 septembre ensemble contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation !
Article publié le 9 septembre 2020

Il y a un an, Christine Renon, enseignante à Pantin, se suicidait sur son lieu de travail.

Dans une lettre accablante, elle dressait un constat dramatique de la charge qui pèse sur les épaules des directrices et directeurs d’école, quand les réformes s’empilent et que les moyens s’amoindrissent. Elle soulignait également le désarroi des familles, et leur colère.

Dans d’autres villes du 93 cette année, d’autres drames dans la communauté éducative : Kewi, 15 ans, assassiné en marge d’un cours de sport et Djadje, 19 ans, tous deux scolarisés au lycée d’Alembert à Aubervilliers.
Les enseignants de cet établissement relatent aussi les agressions, les séquestrations et les intimidations armées sur leurs élèves, mais aussi cette école qui n’est plus ni un rêve, ni un sanctuaire, ni une échappée pour les jeunes de Seine-Saint-Denis. Depuis, silence, ou presque. Elèves, parents, enseignants, souffrent, et personne ne répond.

Il ne s’agit pas simplement d’une problématique de « sécurité publique » ou de détresse personnelle, comme cela a pu être dit. Il ne s’agit pas non plus de saupoudrer de quelques millions nos services publics. Il s’agit d’un département, la Seine-Saint-Denis, jeune, peuplé, dynamique, mais aussi le plus pauvre de France métropolitaine. En regard, un service public de l’éducation exsangue, loin d’être à la hauteur de l’enjeu, du chagrin, de l’espérance.
Rappelons cette injustice folle : « Le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ». Ce climat s’est encore aggravé avec la crise sanitaire que nous traversons. Nous avons entendu les promesses pour enfin lutter contre les inégalités à l’école, en particulier dans le 93. Depuis, rien n’est venu. Dans nos écoles, pour les équipes éducatives et pour les élèves, rien n’a changé.
La situation sociale et économique des familles s’est même dangereusement détériorée dans le département.
Ici, on peut mourir dans l’indifférence.
Ici, nous marcherons pour réclamer d’être entendus, comme tous les citoyens du territoire.
Ici, nous réclamons une école publique sereine, attractive, émancipatrice, pour les enfants, leurs parents et leurs enseignants.
Marchons ensemble le 26 septembre 2020, contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation.

Le Collectif Christine Renon
Mail : collectif.pantin@gmail.com

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Appel 26 septembre

 

Un an après la mort de Christine Renon, SUD éducation 93 appelle à participer à la marche du 26 septembre ensemble contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation !

Le suicide de Christine Renon a bouleversé les personnels de l’Éducation nationale. Dans une lettre qu’elle adresse à ses collègues avant de mourir le 24 septembre 2019, cette directrice d’école de Pantin décrit avec beaucoup de vérité les difficultés qui font le quotidien des personnels ainsi que le manque de soutien de l’institution.
La mort de Christine Renon a mis au jour une réalité trop souvent niée par l’Éducation nationale : celle de la dégradation des conditions de travail. Les personnels sont confronté·es à la précarité grandissante des habitant·es du département sans bénéficier des moyens nécessaires pour y faire face. La charge de travail est toujours plus importante alors que les conditions matérielles sont déplorables. SUD éducation 93 accompagne toute l’année des personnels qui souffrent du manque de soutien de la part de leur hiérarchie, trop souvent absente quand elle n’est pas maltraitante.

L’État a reconnu le caractère imputable au service de la mort de Christine Renon et pourtant un an après, les réponses de l’administration sont largement en-deçà des besoins et des enjeux. Avec 86 médecin·iennes du travail pour 1 million de personnels et une gestion toujours plus inhumaine des Ressources Humaines, la situation ne cesse de se dégrader. Le Ministre Blanquer s’entête dans ses projets de réformes impopulaires : après la loi pour l’École de la confiance et les réformes du bac et du lycée, il entend s’attaquer aux Directions d’école pour renforcer une organisation hiérarchique et pathogène du travail, calquée sur celle des collèges et des lycées. Hiérarchiser, museler, casser les dynamiques collectives, tel est le projet de Blanquer.

SUD éducation 93 relaie l’appel du collectif de Pantin à la marche contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation et appelle tous les personnels à continuer de se mobiliser pour défendre leurs droits et pour un changement radical de politique éducative : l’intérêt du service public d’éducation et la santé des personnels doivent prévaloir sur les impératifs budgétaires.