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Pénurie d’AVS et d’AESH dans le 93
Article publié le 2 octobre 2018

La loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013 indique que "le service public de l’éducation veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction" ; elle est déclinée dans le code de l’éducation qui précise que "l’État met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés".

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées rappelle à nouveau les droits fondamentaux des personnes en situation de handicap .

Voici le point sur la situation des élèves en situation de handicap en Seine Saint Denis depuis la rentrée 2018 :

Depuis le 3 septembre 2018, on assiste à une pénurie énorme d’AVS, auxiliaires de vie scolaire dont la mission principale est d’accompagner les élèves en difficulté ou situation de handicap durant leur vie scolaire ou parascolaire.
De nombreuses heures non pourvues sont recensées dans beaucoup de villes du 93 notamment Aubervilliers (qui totalise environ 730 heures d’AVS non pourvues) , Pantin (où il manque des heures d’accompagnement pour 30 élèves), Saint-Ouen, Saint-Denis...

Pour pallier les manques de moyens, il y a des tentatives de mutualisation des heures d’un-e AVS pour plusieurs élèves. 
Le recrutement des AVS a été annoncé pour le mois de novembre 2018.
Cela signifie donc que de nombreux élèves notifiés MDPH n’ont pas accès aux moyens humains nécessaires à leur scolarisation comme le stipulent les lois de 2005 et 2013 et ce pendant 2 mois minimum puisque nous savons que ces élèves n’auront pas tous un accompagnement d’ici novembre.

S’ajoute à cela, le temps infini de constitution et de traitement des dossiers MDPH, avec des perspectives d’attentes de prises en charges démesurées au regards des besoins de l’enfant, en attente de diagnostic, de soins, d’adaptation de son parcours scolaire, le manque de place dans les instituts spécialisés, tels que SESSAD ou IME, les listes d’attentes interminables des CMP (160 enfants sur liste d’attente au CMP de Saint-Ouen pour une ville de 49 000 habitants)...

La précarité des contrats d’auxiliaires de vie scolaire n’est pas non plus à démontrer : CUI , AESH, jusqu’à 8 ans de contrats précaires avant un CDD, sans formation initiale, une formation continue quasi inexistante, des perspectives de reconversion plus que vagues, un statut fragile et déconsidéré, une place pourtant indispensable à la scolarité des enfants porteurs de handicap.

Les enseignants en charge de ces élèves en situation de handicap se retrouvent eux aussi démunis face à l’absence de soutien et d’étayage pour inclure les enfants porteurs de handicap auxquels s’ajoutent pénuries d’AVS et délais et obstacles administratifs. Souvent, on leur explique qu’il n’y a « plus de budget » et on leur demande de renvoyer les familles à la DSDEN. Ces familles rencontrent souvent des problèmes de logement et d’emploi, de langue, de compréhension et ne sont pas pour la plupart suffisamment informés de leurs droits pour faire face à des responsables administratifs qui leur expliqueront qu’il n’y a « plus de budget ».

La prévention est devenue quasi impossible : les RASED qui peuvent accompagner les investigations sont également en voie de disparition, enseignants spécialisés – ex E et G – et psychologues scolaires couvrent des secteurs beaucoup trop grands ,quand les postes sont pourvus. A titre d’exemple, à Pantin, il y a 1 maître-esse G pour 24 écoles, 4 psychologues au lieu des 6 postes statutaires, et des maître-esse E mutualisés sur 4 écoles en moyenne qui ont pour mission d’aider les CE2-CM1-CM2 puisque désormais les nécessités semblent moindres pour le Ministre de l’Education depuis la réforme des CP à 12 et CE1 dédoublés.

Alors que le président Macron a fait du handicap une priorité durant sa campagne présidentielle, et que Sophie Cluzel et Jean Michel Blanquer persistent jusqu’à ce jour à dire qu’il n’y a pas de situation catastrophique dans les écoles du 93, il semblerait que les faits parlent d’eux mêmes.

Loin d’être une situation nouvelle en Seine Saint Denis et dans les autres départements de France , la non reconnaissance du handicap et les difficultés de scolarisation des enfants en situation de handicap ne peuvent plus être niées.Il devient désormais plus qu’urgent d’en terminer avec la logique d’économie et de rentabilité qui bafoue les droits élémentaires des citoyens en devenir que sont les enfants en situation de handicap.

NB : Une mobilisation est en train d’apparaître au niveau des parents d’élèves. Nous soutenons cette mobilisation :

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