SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Note sur les moyens des collèges du 93 pour la rentrée 2020
Article publié le 29 janvier 2020

1- Un contexte de passage en force du gouvernement

Les moyens des collèges pour la rentrée 2020 ont été diffusés alors que les personnels de l’éducation nationale sont majoritairement engagé∙e∙s dans un mouvement de grève interprofessionnel contre la réforme des retraites.

La durée de la mobilisation montre bien que le gouvernement n’a pas réussi à convaincre les personnels : cette réforme leur est bien défavorable. Cette réforme accentue les inégalités entre les femmes et les hommes, et s’abat particulièrement sur les plus précaires, tandis qu’elle avantage les hauts revenus ! Elle allonge le temps de travail et réduit les pensions.

Parmi les mensonges que propage le gouvernement pour faire passer sa réforme, il y avait celui d’une prétendue « garantie » permettant aux enseignant∙e∙s d’avoir une retraite de même niveau que les autres fonctionnaires aux qualifications équivalentes. Or le Conseil d’État a rendu public son avis sur le projet de casse des retraites le 24 janvier dernier : il a dénoncé cette annonce du Ministre Blanquer.

Pour le Conseil d’État soit cette mesure promise par le Ministre Blanquer est inconstitutionnelle, donc rien n’obligera le gouvernement à garantir le niveau de retraite des fonctionnaires après le vote de la loi ; soit les dispositions de l’article du projet de loi sont si floues qu’elles n’obligent à rien faire. Rappelons que le Ministre Blanquer enseignait le droit constitutionnel !

Dans tous les cas, une chose est claire : Blanquer et le gouvernement mentent. Les personnels ont raison de ne pas les croire, et d’exiger dans la rue le retrait du projet. La casse des retraites est menée conjointement à la casse des services publics, et partout s’organise la résistance à des politiques qui ne bénéficient qu’aux plus riches.

Mais la colère ne s’arrête pas à la réforme des retraites dans notre département comme ailleurs. Les personnels (j’ai enlevé « du lycée » car des grévistes de tous les degrés vont sur les piquets E3C) sont mobilisé∙e∙s contre la tenue des E3C. La précipitation dans laquelle ces épreuves ont été conçues et organisées au mépris des votes défavorables reçus au Conseil Supérieur de l’Education oblige les enseignant∙e∙s à refuser ces épreuves qui mettent en difficulté les élèves.

SUD éducation 93 tient à saluer la responsabilité des enseignant∙e∙s donc l’action est guidée uniquement par l’intérêt des élèves contrairement au Ministère qui s’entête dans son entreprise de casse de l’éducation. L’inégalité devant le service public d’Éducation est flagrante lorsque les conditions de passation sont négociées localement, lorsque des sujets fuitent, lorsque le recours aux forces de l’ordre, à la menace et à la violence se généralise.

Les personnels du département sont solidaires des collègues et élèves aujourd’hui menacé·e·s de sanction par leur hiérarchie (dans les autres académies) et n’accepteront pas la criminalisation de l’action syndicale et militante dans notre département comme ailleurs.

Un mois après la reconnaissance de l’imputabilité du service dans le suicide de notre collègue Christine Renon, l’institution refuse de prendre la mesure de la souffrance des personnels de notre département. La baisse constante des moyens met en difficulté les personnels qui n’ont pas les moyens ni la formation nécessaire pour faire face aux difficultés sociales des élèves de la Seine-Saint-Denis où le taux de pauvreté atteint 28,6 % contre 14,7 % dans le reste de la France.

2- Des seuils dépassés, des effectifs sous-évalués

La dotation en heures prévue pour la rentrée 2020 dans le 2nd degré montre bien que l’accès à un service public d’éducation de qualité n’est pas une préoccupation de notre Ministre. Notre H/E continue de baisser : de 1,39 à 1,38, et les postes créés dans les collèges du département ne suffisent pas à pallier l’augmentation du nombre d’élèves. 60% des collèges voient leur H/E baisser et 16% des collèges subissent une baisse de plus de 5%.

Une fois ce constat global annoncé, on remarque en observant les dotations des établissements des pratiques particulièrement inquiétantes : dans certains collèges, les seuils seront dépassés pour certains niveaux dès le début de l’année : c’est le cas du niveau 5ème au collège Lurçat ou sur le niveau 6ème au collège Courbet de Pierrefittes et la liste est longue.

D’abord les effectifs d’élèves sont sous-évalués : on retrouve par exemple cette situation au collège Timbaud à Bobigny où les classes de 6ème sont déjà pleines.

Ensuite les élèves des dispositifs UPE2A ne sont pas compté∙e∙s dans les effectifs d’élèves alors même que qu’ils et elles sont inscrit∙e∙s dans les classes et assistent aux cours. L’administration a forcé les enseignant∙e∙s à inclure de manière sauvage les élèves d’UPE2A dans les classes ordinaires et elle ne les compte pas dans les effectifs. Cette mauvaise pratique de l’administration conduit à dépasser les seuils d’élèves par classe, compromettant encore davantage les conditions de scolarisation de nos élèves, et les conditions de travail de nos collègues.

On peut enfin noter que ce sont les collèges qui sont hors de l’éducation prioritaire qui vont le plus souffrir des dépassements de seuils car dans quatre d’entre eux, les seuils sont dépassés dans tous les niveaux. Les moyens alloués pour la rentrée 2020 montrent bien qu’il n’y a plus de seuils hors de l’éducation prioritaire.

Dans 53 % des collèges du département les seuils seront dépassés dans au moins un niveau selon les prévisions de la DSDEN. Ceci est inacceptable. SUD Éducation 93 appelle tous les personnels à refuser les dépassements de seuil.

3- Baisse du nombre d’heures en ULIS 

Les heures des dispositifs qui bénéficient le plus aux élèves qui rencontrent des difficultés voient leurs heures baisser dans tout le département. On passe de 1632 heures pour les dispositifs ULIS à la rentrée 2019 à 1554 heures à la rentrée 2020. Les ULIS du département perdent toutes 3h puisqu’on passe de 24h hebdomadaires à 21h pour ce dispositif !
Cette baisse des dotations, comme la généralisation de la mutualisation des personnels AESH, précaires à qui un statut est refusé, nuit à la scolarisation et à la réussite des élèves en situation de handicap.

4- Aucune heure au titre de l’éducation prioritaire

On remarque qu’à nouveau, l’institution n’a prévu aucune heure au titre de l’éducation prioritaire.

Que reste-t-il de l’éducation prioritaire si ce label ne donne pas droit à des heures supplémentaires pour pallier les difficultés sociales et scolaires de nos élèves ?

SUD Éducation 93 soutient la revendication portée par nombre de collèges cette année et l’an passé : le doublement des heures de marge en éducation prioritaire.

Cela signifierait un abondement de 6426 heures soit 357 ETP pour les 2142 classes des collèges qui relèvent de l’éducation prioritaire.

5- Et des heures pour garantir l’offre de formation ?

De même, on remarque que dans les collèges la DSDEN n’attribue pas d’heures pour permettre de diversifier l’offre de formation et les langues anciennes comme certaines langues vivantes sont proposées grâce aux heures de marge au détriment des dédoublements par exemple. Cette mise en concurrence est inadmissible. À nouveau SUD Éducation 93 tient à répéter que dans un département comme le nôtre, il est indispensable que l’école propose aux élèves une offre de formation diversifiée et permettant leur épanouissement.

6- Revendications

SUD Éducation 93 revendique un abondement d’heures dans les collèges afin de permettre des effectifs favorables à la réussite de tous nos élèves :

  • 16 élèves par classe en REP+
  • 18 élèves en REP
  • 20 élèves hors éducation prioritaire.