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Lycée Mozart : après la grève du Bac... nous disons NON à Blanquer et à sa rentrée !
Article publié le 4 septembre 2019

Le tract des personnels mobilisés du lycée Mozart au Blanc-Mesnil

Après la grève du Bac... nous disons NON à blanquer et à sa rentrée !

Le vendredi 30 août et le lundi 2 septembre, les professeurs du Lycée Mozart se sont réunis en Assemblée Générale et ont pu constater une dégradation sans précédent de leurs conditions de travail et des conditions d’étude de leurs élèves. En effet :

1. Les emplois du temps des professeurs sont absolument catastrophiques. Par exemple, de trop nombreux professeurs se retrouvent à devoir assurer 8 ou 7 heures dans la même journée ; d’autres ou parfois les mêmes se retrouvent à devoir venir pour 1 ou 2 heures de cours ; d’autres encore se retrouvent avec au moins 4h de trou dans la journée. Beaucoup de professeurs n’ont aucun de leurs vœux respectés et, dans certains cas, se retrouvent dans l’impossibilité d’assurer leurs cours à moins d’abandonner leurs enfants ou leur projet personnel longuement mûri ou encore de mettre en danger leur santé.
C’est le choix d’aligner toutes les spécialités sur les mêmes créneaux horaires qui a engendré ces épouvantables emplois du temps. De plus, contrairement aux années précédentes, les aménagements de début d’année sont rendus compliqués voire infaisables car les emplois du temps sont inamovibles. Il s’agit là de contraintes structurelles dues à l’application de la "réforme" du Lycée sur l’année de 1ère et de 2nde. Qu’en sera-t-il l’année prochaine quand les Terminales seront à leur tour touchées ?

2. Les emplois du temps élèves ne nous sont à ce jour pas connus : nous ne pouvons donc en vérifier la faisabilité ni même le caractère réglementaire. Effectivement, sur les classes de 1ère, chaque élève a un emploi du temps différent. Ce que nous pouvons d’emblée affirmer avec certitude, c’est que les élèves de 1ère ne pourront pas bénéficier d’un encadrement individualisé : les groupes de "spécialités", enseignements qui occupent 12h de leur emploi du temps et qui concernent les disciplines essentielles à leur orientation, rassemblent des élèves d’au moins 7 classes différentes. Ainsi les professeurs de ces "spécialités" n’ont pas pu assister aux réunions pédagogiques de début d’année et seront dans la même impossibilité physique pour assister aux conseils de classe. Enfin, aucun projet ne pourra être monté comme les années passées en musique notamment avec ces groupes qui n’ont plus rien matériellement d’une classe. 

3. Les classes à 35 se sont généralisées à l’ensemble des 1ères et à l’immense majorité des Terminales. Une classe de Tle a même un effectif à 36 et une classe de Tle STMG, pourtant limitée à 24, a déjà accueilli son 25e élève. Dans ces conditions, nous refusons absolument de faire cours à ces deux classes.
Et nous considérons, comme nous l’avons toujours dit et comme le prouvent les réussites passées sur le lycée, que les classes à 35 sont des aberrations pédagogiques et humaines.

4. Cette généralisation des classes à 35 pose également d’insolubles problèmes matériels. En effet, la grande majorité des classes du Lycée sont prévues pour des effectifs maximum de 30 élèves. Or, faisant fi de toute consigne élémentaire de sécurité, visiblement à géométrie variable dès qu’il est question d’économiser les moyens sur le dos de l’Education, la Direction a choisi de bourrer les salles de chaises et de tables.

5. Alors qu’on nous rebat, jour et nuit, de toutes les sornettes numériques et d’une existence tournée vers le tout-écran, que voit-on ici ? Les salles ne sont pas équipées informatiquement, les ordinateurs ne sont même pas branchés, ce qui empêche tout travail de se dérouler. Sommes-nous bien en France ?

6. Enfin, un certain nombre de classes n’ont pas de professeur principal étant donné que, de plus en plus, d’enseignants refusent de collaborer à la mise en place de la "réforme" et que cette charge a perdu tout son sens dans ces conditions de médiocrité organisées par le Ministre blanquer. Une 4eme 1ère STMG a été créée en dépit du bon sens car les équipements matériels pour les accueillir et les préparer dignement à l’examen ne sont évidemment pas là.
Ainsi, nous sommes forcés de constater ce que nous craignions l’an passé : non contente de supprimer le diplôme national du Bac, de complexifier à outrance et vainement les parcours scolaires, d’intensifier la compétition entre élèves et d’organiser avec violence dès le plus jeune âge le tri sélectif social, cette "réforme" est irresponsable et infaisable.

La grève du Bac de juillet 2019 à laquelle les enseignants du Lycée Mozart ont massivement participé nous a démontré que notre force peut faire vaciller le plus violemment autoritaire des ministres. En conséquence, fort de ce succès, nous continuons sur cette lancée et appelons tous les collègues de France à marquer le coup en se mettant massivement en grève dès le premier jour des classes.
L’Assemblée Générale des professeurs du Lycée Mozart a décidé :
- de ne pas assister aux ateliers prévus par la Direction afin de déléguer la gestion des problèmes que la "réforme" qu’ils appliquent avec zèle a engendrée (50 pour)
- de se mettre en grève dès le premier jour de cours, ce jeudi 5 septembre. Une Assemblée Générale sera organisée pour voter la reconduction de la grève le lendemain (30 pour)