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Lycée Jacques Brel, La Courneuve - une rentrée 2020 avec des classes surchargées : il nous faut d’urgence de véritables moyens pour la réussite des élèves !
Article publié le 27 juin 2020

Communiqué des enseignant·es mobilisé·es ainsi que des parents d’élèves du lycée Jacques Brel de La Courneuve (93)

Les personnels d’enseignement et d’éducation du lycée Jacques Brel se félicitent de la réponse positive qu’a accordée M. Auverlot, recteur de l’académie de Créteil, à la demande d’audience des personnels d’enseignement et d’éducation du lycée Jacques Brel de La Courneuve (93), concernant la dotation horaire globale (DHG).

Nous nous réjouissons de pouvoir enfin, après plusieurs demandes d’audience, exposer la situation préoccupante à laquelle le lycée Jacques Brel se trouve confronté. À l’image de ce qui se passe dans d’autres établissements du bassin, le régime drastique auquel est soumise la DHG empêche la mise en place de conditions décentes d’enseignement permettant d’assurer la réussite des élèves. Cela est d’autant plus inacceptable que ces établissements se trouvent sur des territoires déjà fragilisés. Alors que la politique éducative dans l’académie devrait être prioritaire et s’employer à réduire les inégalités, la diminution actuelle des moyens transforme davantage encore la Seine-Saint-Denis en une véritable zone de relégation scolaire.

En effet, avec une dotation horaire globale de 1 531,88 heures pour l’année 2020-2021, le lycée Jacques Brel perd 23,96 heures par rapport à l’année 2019-2020 et 53,34 heures par rapport à l’année 2018-2019, ce qui signifie, à nombre d’élèves constant, un taux d’encadrement en baisse et l’équivalent de trois postes à temps plein supprimés en deux ans. Nous assistons à un véritable plan d’austérité, qui est notamment la conséquence de la réforme du lycée. Ainsi, dans l’académie de Créteil, les lycées devront accueillir 1 100 élèves supplémentaires à moyens constants, alors qu’il aurait fallu créer 80 postes pour les accueillir dans des conditions décentes.

Comme nous utilisons tous les moyens mis à notre disposition, nous serons par exemple contraints d’accueillir les élèves de terminale générale en 2020-2021 dans des classes à 35, soit avec 6,3 élèves supplémentaires en moyenne par rapport à 2019-2020, et d’enseigner dans des groupes de spécialité surchargés en première et terminale générale. Ainsi, la génération qui a déjà vécu, en classe de première, la mise en place à marche forcée de la réforme du baccalauréat et des E3C, sera contrainte d’effectuer son année de terminale dans des classes surchargées.

Après trois mois de confinement anxiogène et un bilan humain parmi les plus élevés du pays, les conséquences socio-économiques en Seine-Saint-Denis sont dévastatrices. Larentrée de septembre 2020 nécessiterait en toute logique un accroissement des moyens et un renforcement de l’action éducative plutôt que l’inverse, non seulement pour assurer la sécurité sanitaire des élèves, mais également pour remédier à leurs lacunes, conséquences d’un enseignement à distance qui ne peut naturellement pas remplacer le travail en présentiel.

C’est pourquoi, nous attendons non seulement une écoute attentive lors de l’audience à laquelle nous nous rendrons vendredi 26 juin, mais surtout une réelle prise en compte de la gravité de la situation et, donc, l’octroi rapide de moyens conséquents. La rentrée prochaine ne saurait se faire dans le cadre de la DHG actuelle, car nous refusons que, pour nos élèves, le « monde d’après », soit pire que le « monde d’avant ».

La Courneuve, le 23 juin 2020.

Les enseignant·es mobilisé·es du lycée Jacques Brel de La Courneuve avec le soutien de leurs sections syndicales : Snes-FSU, Sud Éducation et CGT Éduc’action.
Les parents d’élèves de la FCPE du lycée Jacques-Brel de La Courneuve.