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Laïcité : le Ministère appelle à la délation
Article publié le 4 juillet 2018

Lundi 11 juin, tou-tes les personnels de l’Education nationale ont reçu un mail présentant "l’ensemble des mesures prises pour faire respecter le principe de laïcité à l’école". Ce mail annonce la création d’un formulaire, destiné à "tous les personnels de l’Education nationale qui souhaitent signaler des atteintes aux principes de laïcité", permettant de dénoncer anonymement des élèves qui exprimeraient leurs croyances religieuses. Ce formulaire permettrait ensuite d’obtenir l’aide immédiate d’un "coordinateur laïcité" du "lundi au vendredi, hors congé d’été et de Noël" (vous avez dit laïcité ?). Ainsi, sur la base d’un simple "pressenti", anonymement, et en dehors des procédures habituelles, n’importe quel-le enseignant-e peut désormais dénoncer ses élèves directement au ministère.

SUD Education 93 dénonce la mise en place de ce formulaire, par lequel le ministère de l’Education nationale organise la délation. A mille lieues du dialogue, de l’ouverture et de la tolérance que devrait défendre l’école publique, le ministère choisit la répression la plus malsaine et met en danger la confiance indispensable entre les personnels, les élèves et leurs parents. La laïcité est une nouvelle fois instrumentalisée par l’Etat pour alimenter les fantasmes racistes sur les élèves des quartiers populaires, ces mêmes élèves qui subissent de plein fouet les effets de ParcourSup, qui laisse sur le carreau des milliers de lycéen.ne.s habitant du mauvais côté du périphérique.

Au contraire, Sud éducation 93 revendique une laïcité ouverte, garante des libertés individuelles des élèves, et qui ne dégénère pas en système de surveillance anti-démocratique. Plutôt que de multiplier les effets d’annonce polémiques, le gouvernement Macron et son hyperactif ministre Blanquer feraient bien de s’attaquer aux profondes inégalités scolaires que la Seine-saint-Denis subit ! Bien plus que de coordinateurs-trices laïcité, c’est de profs que le 93 a besoin !


Dans le même mouvement, un autre exemple...

Lors d’une commission de jury de BTS, en Seine-Saint-Denis, une inspectrice a incité des correcteur-rices à faire remonter les copies de certain-es candidat-es.
L’inspectrice : « Nous avons des consignes institutionnelles claires : si un candidat écrit « la religion interdit de pratiquer des modifications corporelles comme le tatouage… », il faut faire remonter. », ou encore « si dans une copie, vous trouvez exprimée, non sous la forme d’une opinion, mais sous la forme d’une affirmation catégorique, du type « Dieu dit », des idées selon lesquelles il ne peut y avoir de changements au corps, au nom de certains principes moraux, nous vous demandons de nous le faire remonter » et enfin, aux enseignant-es qui protestaient « ce que vous défendez, c’est ce qui nous menace. »