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Droit de retrait au lycée Angela Davis
Article publié le 19 octobre 2021

Lettre au au Recteur de la par des personnels d’enseignement et d’éducation du lycée Angela Davis

Lundi 18 octobre 2021, un enseignant du lycée Angela Davis de Saint-Denis a été agressé dans un couloir de l’établissement. Trois adolescents (dont au moins deux n’étaient pas scolarisés au lycée Angela Davis) se sont introduits dans l’enceinte de l’établissement, ont circulé dans les couloirs et perturbé les cours. Notre collègue, en cours avec ses élèves, a dû intervenir. Un de ces individus, non scolarisé dans l’établissement, l’a frappé après avoir tenté de l’intimider.

Cet évènement s’inscrit dans une suite d’incidents : intrusions récurrentes au sein de l’établissement et dans les salles de classes, bagarres entre élèves et intimidations, jets de bombe lacrymogène dans les couloirs etc. Ces évènements alimentent et accentuent le climat anxiogène sur notre lieu de travail et dans notre profession.

Le lycée a été ouvert en septembre 2017 avec des moyens insuffisants et inadaptés au contexte social dans lequel nous travaillons. Nous ne bénéficions d’aucun moyen supplémentaire au titre du classement Politique de la Ville contrairement à l’ensemble des établissements du bassin : classes surchargées jusqu’à 35 élèves, classes non dédoublées, insuffisance de personnel (éducatif et disciplinaire) à quoi s’ajoute un non remplacement des personnels absents... Notre établissement accueille près de 1300 élèves et un internat de proximité. Pour autant, nous ne disposons que de 2,5 CPE (conseiller·ère·s principal·e·s d’éducation) et d’un nombre très insuffisant d’AED (assistant·e·s d’éducation) : depuis la rentrée, seulement 2 ou 3 sont présent·e·s par jour. Il arrive très régulièrement qu’aucun·e AED ne soit en mesure de surveiller les couloirs.

Nous apportons d’abord tout notre soutien à notre collègue agressé. Dans ce contexte alarmant, nous avons décidé collectivement de faire valoir notre droit de retrait. La présence d’EMS (Equipe Mobile de Sécurité) entre 8h et 10h au lendemain de l’agression prouve en effet que la situation n’est pas réglée.

Nous demandons donc :

- Le classement du lycée en Politique de la Ville et les moyens afférents ;

- Le recrutement urgent d’AED et d’au moins un·e CPE ;

- Des affectations sur les postes non pourvus ou non remplacés (professeur·e·s, professeur·e documentaliste, agent·e de laboratoire, AED, CPE...

Nos élèves et nous souffrons quotidiennement du manque d’adultes dans ce lycée. Cette situation ne nous permet pas de faire face et de prévenir des incidents de plus en plus nombreux. Un encadrement humain supplémentaire est indispensable et nécessaire pour le fonctionnement du lycée, pour la sécurité de nos élèves et celle de tous les personnels. Nous demandons à être reçu par le Rectorat pour des réponses rapides et concrètes.