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Direction d’école : hiérarchisation et management au service d’une école néo-libérale
Article publié le 19 mars 2021


Après plusieurs décennies de réformes néo libérales délétères et dévastatrices pour l’école, les missions des directions d’école ont évolué vers une hiérarchisation rampante, inspirée des pratiques de management issues du privé. Les conditions de travail accentuées par les pressions hiérarchiques incessantes se sont dégradées et les missions des directeurs·trices se sont accrues.

La multiplication des tâches et l’alourdissement de la charge de travail des directions d’école les cantonnent à un rôle d’administrateur·rice et d’intermédiaire entre les inspections et les équipes et vide de son sens la mission de direction.

Le suicide de Christine Renon en septembre 2019 qui a bouleversé l’ensemble de la communauté éducative, a mis en exergue cette dégradation des conditions de travail des enseignant·es, et en particulier celles des directions d’école. Depuis, rien n’a été mis en place pour améliorer les conditions de travail. Au contraire, le ministère instrumentalise ce suicide afin de mettre en place son projet politique réactionnaire .
La loi Rihlac « créant la fonction de directrice ou de directeur d’école » adoptée ce mercredi 10 mars au Sénat remet sur la table la question du statut de supérieur·e hiérarchique en dotant les directeurs·trices d’école d’une autorité fonctionnelle qui leur donne « une délégation de compétences de l’autorité académique”, piétinant ainsi le rôle et le fonctionnement collégial du conseil des maîtres·ses, l’auto-organisation des équipes et la liberté pédagogique.

Par ailleurs, le gouvernement entend résoudre ce problème par davantage de responsabilités monnayées à coup de primes. Comme la majorité des enseignant·es, les directeurs·trices se trouvent sous payé·es au vu de l’ampleur de leurs responsabilités et peu reconnu·es dans leur fonction, et ce n’est pas une prime annuelle de 450 euros qui permettra d’améliorer leurs conditions de travail. Elle singularise tout au plus une fonction avec des contreparties bien plus lourdes qui instrumentalisent les directions d’école et en font les courroies de transmission -dans la novlangue managériale, on appelle ça des « pilotes »- du projet ministériel de réorganisation d’une l’école toujours plus pyramidale et hiérarchisée.

Une école où les établissements et les personnels sont mis en concurrence et où les « méthodes d’apprentissages », les formations et les pratiques pédagogiques sont uniformisées au profit d’une seule pratique celle d’une « instruction » descendante outillée par la prescription des « bonnes méthodes » consignées dans des livrets homologués par le ministère de l’éducation nationale et complètement déconnectée de la réalité sociale. L’école de Blanquer feint d’ignorer la réalité incontournable de l’origine de l’échec scolaire qui reste les inégalités liées à l’origine sociale des enfants.

SUD éducation 93 revendique à l’opposé de ces conceptions libérales, des directions collégiales d’école avec une répartition des tâches et une relation de travail horizontale, du temps de concertation pour les équipes, des moyens pour une école publique égalitaire et émancipatrice qui s’inscrit dans un projet de société, solidaire, démocratique, débarrassée des inégalités.