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Des fermetures de classes et aucun moyen supplémentaire pour la rentrée malgré le contexte
Article publié le 2 juillet 2020

Ce jeudi 2 juillet a eu lieu le CTSD du 1er degré qui a décidé des mesures d’ajustements qui s’ajoutent aux mesures actées en avril.

Malgré le contexte et les difficultés sur le terrain notamment liées aux conséquences de la crise sanitaire, aucune dotation supplémentaire n’est prévue sur le département à la rentrée.

SUD Education 93 s’est opposée à ces mesures.
Il n’y aura pas de CTSD de repli ce vendredi 3 juillet car 3 voix se sont abstenues (2 sur 4 pour le SNUipp, 1 pour l’UNSA)

Le prochain CTSD de rentrée aura lieu le jeudi 3 septembre.

Contactez-nous pour vous défendre
contre une fermeture ou pour une ouverture de classe !

Ci dessous la déclaration liminaire de SUD Education 93 de ce jeudi 2 juillet.

Monsieur le directeur académique,
Mesdames et messieurs les membres du CTSD

Le 11 mai a marqué le début du déconfinement et la réouverture des écoles. Le président Emmanuel
Macron en a décidé ainsi, seul, et contre les avis médicaux et scientifiques. Les dates ont été fixées non seulement de façon arbitraire, entièrement déconnectées des conditions sanitaires et des capacités matérielles mais communiquées par voie de presse. Cette situation a placé les enseignant·es et les directions d’écoles en première ligne vis à vis des parents d’élèves sans qu’il n’y ait aucune concertation avec les personnels de terrain sur les conditions d’accueil des enfants sur les sites. Dans certaines villes, les équipes municipales n’ont pas hésité à utiliser ce flou et ces annonces contre les enseignant.es pour leur campagne électorale.

Depuis le 11 mai, plusieurs cas de COVID ont été avérés dans des écoles où la gestion est passée à coté du bon sens et du protocole prévu, mettant en jeu la santé des personnels et des élèves. L’administration aurait dû fermer les écoles concernées par mesure de sécurité et pratiquer une politique de dépistage massif , d’autant que des millions de tests bientôt périmés s’apprêtent à être jetés.

Cette organisation dans l’urgence a également produit des injonctions inacceptables et/ou illégales.
Dans de nombreuses circonscriptions du département , il a été demandé aux directions d’école et aux équipes de faire remonter des listes d’élèves considéré·es « en rupture de continuité pédagogique » ainsi que leurs données personnelles. C’est illégal. Le texte du Règlement 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données ne nous autorise pas à collecter les données qu’il leur a été demandé de recueillir. Il s’agit en effet de données à caractère personnel. De plus, les personnes susceptibles d’être concernées par ce recueil de données n’en n’ont pas été informées, donc elles n’ont pu donner leur consentement, pourtant obligatoire avant toute démarche de ce type.

Placé·es dans une urgence constante d’annonces et de réorganisation hebdomadaire compliquée, les
personnels se sont senti·es dépossédé·es de leur pouvoir d’action au sein des écoles. En effet, malgré les difficultés d’organisation, les injonctions et pressions hiérarchiques sur le choix des structures d’écoles par les conseils des maîtres·ses se sont multipliées. Des enseignant·es et des directions d’écoles ont subi des pressions sur la structure ou l’attribution des classes. C’est aux conseils des maîtres et maîtresses de décider de l’organisation la plus adaptée aux besoins du terrain , d’autant plus après la période traversée et les conséquences sur la scolarité des élèves.

En effet, après la situation exceptionnelle que nous avons traversée, nous pouvons craindre que dans notre département qui compte une proportion importante de quartiers défavorisés et de réseaux d’éducation prioritaire, le taux de d’élèves en décrochage soit bien supérieur à la moyenne nationale. Et nous ne sommes pas dupes : ce n’est pas le dispositif des vacances apprenantes de M. Blanquer qui va réduire les inégalités scolaires qui se sont accrues pendant cette période.

Par ailleurs, tous les niveaux de classe doivent pouvoir bénéficier d’effectifs réduits pour avoir des conditions d’apprentissage convenables et la mesure ministérielle dite « 100 % de réussite » est une façade qui tente de cacher les suppressions des postes que nous subissons depuis de nombreuses années.

La rentrée de septembre doit être l’occasion de mettre un point d’arrêt au projet réactionnaire du gouvernement pour l’école et de réformer l’éducation nationale en profondeur.
Les luttes antérieures ont montré qu’une autre politique était possible : après la grève départementale de 2 mois en 1998, 3000 postes dans l’éducation avaient été créés en Seine-Saint-Denis, avant de disparaitre petit à petit. SUD Education 93 appelle à la mise en place d’un nouveau plan d’urgence pour l’éducation dans le département pour la rentrée 2020

► une médecine scolaire renforcée : aujourd’hui, la Seine-Saint-Denis ne compte que 19 médecins scolaires et 260 infirmières pour 190 000 élèves dans le premier degré. Il faut également mettre en place une médecine de prévention pour les personnels : le département compte actuellement seulement 2 médecins du travail pour 11 000 enseignant·es
►la titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tous les personnels sous contrat
►la création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH.
► L’ouverture de davantage de postes aux concours pour rattraper le retard et les besoins du 93
►des remplaçant·es titulaires permettant de remplacer toutes les absences
► une augmentation significative des salaires et l’abandon du gel du point d’indice
► des effectifs réduits pour toutes les classes de la PS au CM2 : 20 élèves par classe dans le 1er degré , 16 en éducation prioritaire dans le premier degré
► des mesures de stabilisation des équipes, notamment des contractuel.les sur leur poste
► la construction de nouveaux établissements à taille humaine
► des dispositifs d’aide et de prévention complets : un RASED complet par groupe scolaire, plus si besoin, et un·e enseignant·e supplémentaire pour cinq classes
► le passage de l’ensemble du département en éducation prioritaire
► une réadaptation des programmes scolaires pour tenir compte de la rupture que les élèves ont vécue
► l’ouverture de structures adaptées et des moyens supplémentaires pour l’accueil et la prise en charge des élèves en situation de handicap
► les ouvertures UPE2A nécessaires pour les élèves allophones
►l’annulation de toutes les fermetures de classes dans le département
► l’annulation de toutes les évaluations nationales
►la validation de toutes les structures de classes pensées et décidées collectivement par les conseils des maîtres·ses , y compris incluant des classes multi-âge
► la valorisation de toutes les expériences pédagogiques coopératives et émancipatrices
►l’abandon de toutes les réformes réactionnaires de casse de l’école publique (retour aux "fondamentaux", 2S2C, vacances apprenantes, réforme des lycées, réforme du bac, Parcoursup, loi pour une école de la confiance ...)

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Déclaration liminaire SUD Education 93
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Mesures d’ouvertures/fermetures de classes
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Mesures ASH + UPE2A
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Mesures diverses (changement de noms d’écoles)
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Mesures d’ "accompagnement" des enseignant.es (postes de CPC)
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Mesure complémentaire (décharge de direction)