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Des élèves de 6ème et des enseignants du Collège Barbara de Stains victimes de propos discriminants et insultants de la part d’un représentant des forces de l’ordre.
Article publié le 2 juin 2018

Communiqué du jeudi 31 mai 2018 des personnels d’enseignement et d’éducation du Collège Barbara de Stains (93).

Ce jeudi 31 mai 2018, nous avons amené 45 élèves de 6ème (12 ans) pour une visite culturelle et pédagogique du Vème arrondissement de Paris. Lors de notre arrivée sur le parvis de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, nous avons croisé le chemin de trois policiers en charge de la sécurité du lieu en vue de la venue de Monsieur le Préfet de Paris et « d’une personnalité ». À la vue des armes des agents de police, comme tout enfant de 12 ans, nos élèves ont été impressionnés et ont demandé aux policiers s’ils s’agissaient de vraies armes. Un des enfants, sans aucune provocation, a mimé un pistolet à l’aide de son index et de son majeur, pointés vers le ciel.

Suite à cela, un policier interpelle un de nos collègues, lui disant que nous devions « éduquer » nos élèves. Un autre, s’adressant directement à l’élève, lui dit « je m’en bats les couilles que tu sois mineur, avec moi c’est direct au commissariat », tout en se frayant un passage parmi les enfants à l’aide de la crosse de son arme.Une réaction de l’agent sur laquelle bon nombre d’élèves se sont interrogés tout le reste de la matinée, sans comprendre (et plein d’amertume justifiée mais maîtrisée quant à eux) pourquoi il avait dit d’eux qu’ils n’étaient pas éduqués.

Ces propos inacceptables de la part d’un représentant de la République, qui plus est porteur d’une arme, ont grandement choqué et apeuré nos élèves, des enfants de 12 ans en sortie scolaire, perpétuant la stigmatisation qu’ils subissent au quotidien. Nous décidons donc de quitter le parvis avec nos élèves et informons immédiatement notre cheffe d’établissement de l’incident.

Convaincus que ces pratiques discriminantes n’ont pas lieu d’être au sein de la République, nous envisageons d’un commun accord de poser une main courante. Pour ce faire, deux enseignants retournent seuls à la rencontre des policiers pour prendre connaissance du matricule de l’agent ayant tenu ces propos.

Ce dernier refuse catégoriquement d’accéder à leur requête, dissimule son matricule à l’aide de son arme et menace nos deux collègues de les embarquer, sans énoncer de motif.

Il revendique ses propos en affirmant que nos élèves « ne sont pas éduqués », qu’il sait « d’où ils viennent », insinuant que ce sont des délinquants, et que nous ne venons « pas du même monde qu’eux » et que nous ne pouvons donc « pas savoir de quoi ils [nos élèves] sont capables ».

Il nous indique que si nous ne sommes pas contents, nous devons « nous rendre au commissariat du IVème arrondissement et dire qu’un policier a été très très méchant », tout en réitérant ses menaces d’embarquer nos deux collègues.

Nous, enseignants et conseillers principaux d’éducation, œuvrant chaque jour pour apporter une ouverture culturelle à ces élèves issus des quartiers défavorisés de la République afin qu’ils aient accès à la même réussite que tous, ne pouvons accepter que des propos violents, discriminants et sans fondement puissent être tenus à l’encontre d’enfants de 12 ans par des représentants de cette même République.

Ainsi, nous demandons des explications, des excuses et une réponse claire du Ministère de l’Intérieur et de Monsieur le Préfet de Paris quant aux agissements intolérables de leur agent.