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Contre les violences sexistes et sexuelles : Tou·tes en lutte les 20 et 25 novembre !
Article publié le 14 novembre 2021

Les violences sexistes et sexuelles ne se bornent pas à la sphère privée comme le montre le Défenseur des droits : 1 femme sur 5 affirme avoir vécu des situations de violences au travail et seulement 5% des femmes portent plainte pour dénoncer des violences qui ont lieu dans la sphère professionnelle. Ces violences qui comprennent les insultes, les discriminations, le harcèlement, les menaces, le chantage, mais aussi les agressions physiques et sexuelles, doivent cesser. Pour SUD éducation 93, ces violences sexistes et sexuelles ne concernent pas seulement les femmes mais également les personnes LGBTQIA+ , y compris les personnes trans et non binaires.

Au sein de l’Education nationale des violences sexistes et sexuelles niées par l’Administration !

Au sein de l’Education nationale, ces violences concernent aussi bien les élèves que les personnels, comme nous le montre une affaire qui remonte au mois d’avril 2019 et qui dure depuis plus de deux ans. Au collège Robespierre à Épinay-sur-Seine, neuf enseignantes dénoncent à l’époque des faits de harcèlement sexiste et sexuel de la part d’un de leurs collègues à leur chef d’établissement. Après avoir enduré des remarques culpabilisantes et inappropriées de la hiérarchie, validant le pire de la culture du viol : « Comment étiez-vous habillées de jour-là ? », « Certes, il faut protéger les victimes mais aussi l’accusé », « Est-ce que vous avez dit non ? C’est important de dire non. », les victimes ont dû attendre deux mois pour obtenir une protection fonctionnelle. En septembre de la même année, le recteur prend la décision de ne pas muter l’agresseur, par conséquent toujours en poste au collège actuellement, plus de 2 ans après la dénonciation des faits. Plusieurs des victimes sont toujours dans l’établissement. D’autres l’ont quitté. Toutes subissent encore les conséquences physiques et psychologiques des violences qu’elles ont vécues et de l’absence de protection de l’administration. Le 9 novembre 2021, le tribunal de Bobigny décide de reporter l’audience au 28 juin 2022 afin de consacrer 6h plutôt que 3h à l’audition des victimes convoquées pour témoigner. On ne peut que se féliciter que les plaintes déposées par ces dernières ne fassent pas partie des 93 % classées sans suite en France. En revanche, on ne peut que déplorer l’absence de mesures prises par l’administration de l’Education nationale, pendant deux ans, pour éloigner l’agresseur de ses victimes.

Des élèves non protégé·es et un manque de moyen criant !

Le système de domination patriarcal entraîne également d’autres victimes. L’affaire Duhamel et la vague de témoignages sur les réseaux #Metooinceste a mis en lumière les violences sexuelles sur les enfants et l’omerta qui les accompagne. En France, un·e enfant sur 10 est victime d’inceste selon une enquête d’Ipsos. Au primaire c’est en moyenne 1 enfant par classe, au secondaire 2 ou 3.

Les enfants ne sont pas épargnés par les violences sexistes et sexuelles au sein même du système scolaire. Qu’elles soient perpétrées par d’autres élèves ou par des adultes, ces violences sont souvent étouffées et les victimes rarement protégées. Face à ces constats alarmants, l’Éducation nationale ne donne toujours pas les moyens nécessaires : ni pour la prévention, ni pour l’accueil de la parole des victimes, ni pour leur protection et leur accompagnement. Cette situation catastrophique est amplifiée par le manque criant de personnels médico-sociaux et par le manque de formation de l’ensemble des personnels. Ces violences ont des conséquences dramatiques pour les élèves : le suicide récent de Dinah, victime de lesbophobie et racisme à l’école ainsi que ceux de Doona et Avril, élèves trans en 2020, en sont des exemples marquants. (lire le communiqué ici) Ne pas se donner les moyens de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, c’est une mise en danger de nos élèves et des personnels, c’est participer au système patriarcal, et permettre que ces violences se perpétuent. Les violences sexuelles et sexistes fonctionnent ensemble, on observe un continuum de la violence : c’est parce qu’il y a un sexisme ordinaire qui est toléré dans notre société que des violences plus graves sont commises.

SUD éducation 93 dénonce ces violences ainsi que les pratiques de l’administration qui ne protège pas les victimes.

 

SUD éducation 93 revendique :

- Des campagnes de prévention pour les personnels et les élèves.

- Des mesures de protection des agentes et des élèves qui dénoncent les violences sexuelles ou sexistes.

- La création d’une cellule d’écoute et de conseil au rectorat capable de répondre aux collègues et une cellule locale pour les élèves.

- Des formations assurées par l’AVFT (Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail) pour les équipes qui en ressentent le besoin et des moyens, du temps, de la formation et des personnels pour une éducation aux sexualités audelà des 3h annuelles.

- La création d’un poste de référent·e "violences sexistes et sexuelles" au sein du service des ressources humaines du rectorat afin d’éviter que les signalements de violences sexistes ou sexuelles ne restent des semaines sinon des mois sans réponse.

- Des créations de postes suffisantes pour que chaque circonscription et chaque établissement soit doté de postes de médecins et/ou d’infirmier·es à temps plein et/ou d’assistant·es de services sociaux.

 

Afin de porter nos revendications, SUD éducation 93 appelle à participer aux RDV suivants :

Samedi 20 novembre à 11h dans les locaux de Solidaires Paris au 31 rue de la grange aux belles pour un atelier pancartes

Samedi 20 à 13h  : Manifestation avec NousToutes à République

Jeudi 25 novembre à 9h : AG de grève en non-mixité choisie sans homme cis à la BT de Saint-Denis puis tournées d’établissements

Jeudi 25 novembre à 18h : Marche aux flambeaux organisée par les Dionysiennes à la médiathèque du centre-ville de Saint-Denis

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