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Contre la répression syndicale au collège République (Bobigny).
Article publié le 4 juillet 2018

SUD Education 93 dénonce la répression qui s’abat sur les syndicalistes du collège République (Bobigny).

Au collège République de Bobigny, l’Inspection Générale de l’Education Nationale et de la Recherche (IGAENR) et l’Inspection Générale de l’Education nationale (IGEN) ont enquêté et mené des entretiens avec plus de 50 personnels et parents d’élèves entre le lundi 18 et le mardi 26 juin 2018, pour des faits de "maltraitance entre personnels".

Cette mission d’inspection est diligentée directement par le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche. Le rapport qui en découlera sera transmis au Ministre de l’Education Nationale qui prendra, de manière totalement discrétionnaire, des décisions. Le fait qu’une telle mission soit organisée (moyens, durée....) dans un collège est un fait exceptionnel.
Les premiers retours des entretiens de l’IGAENR et de l’IGEN montrent que ce sont les représentant-es de la liste intersyndicale (SUD-SNES-CGT) qui sont attaqué-es à travers cette enquête, qui est menée par notre administration, à charge, visiblement dans un but de répression syndicale. Ce qui se dessine : faire "porter le chapeau" de la défaillance de l’état à assurer sa mission de service public de l’Education nationale dans tous les territoires, y compris en banlieue, aux représentants syndicaux.

Or, ces représentant-es n’ont fait que dénoncer des pertes de moyens, une dégradation générale des conditions de travail, des dysfonctionnements graves de gestion (y compris budgétaires) par l’équipe de direction et des décisions partiales, qui n’ont fait qu’aggraver la situation au cours de ces trois dernières années.

Pour rappel, le collège République de Bobigny est un établissement de 750 élèves, réseau classé d’éducation prioritaire (REP+) ex- réseau ambition réussite (RAR) et "politique de la ville", sensible, comprenant une section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) un dispositif ULIS (unité localisé pour l’inclusion scolaire) .... plus de 76% de catégories sociaux professionnelle défavorisées (CSP) et plus de 47% de collègues ayant moins de 2 ans dans le poste, chiffres rentrée 2015 de la direction des services départementaux de l’Education nationale (DSDEN 93). Il est perçu comme un des établissements les plus difficiles de Seine-Saint-Denis, l’état du bâti et du matériel y est déplorable, plus de 100 heures de Dotation Horaire Globale (DHG) y ont été supprimées lors des cinq dernières années. Les conditions de travail s’y dégradent sans cesse et de nombreux personnels s’y trouvent en souffrance. Une saisine du défenseur des droits a été faite par les parents d’élèves pour rupture sur l’égalité des droits à l’éducation des élèves du collège. Saisine encore aujourd’hui sans réponse.

Il y a trois ans, un nouveau Principal et une Principale adjointe ont été nommé-es. Rapidement, les dysfonctionnements se sont enchaînés et accumulés jusqu’à créer une situation de conflit inextricable : d’abord entre les représentant-es de la liste intersyndicale (SUD-SNES-CGT) et la direction, ensuite, alimentés par des actions de la direction du collège (silence assourdissant quand des collègues de la liste intersyndicale sont dénigrés et diffamés en plénière ou dans les instances officielles, falsification de PV de CA...), entre les personnels eux-mêmes. Pendant deux ans, la situation n’a fait qu’empirer, allant jusqu’à des insultes entre personnels, des demandes de protection fonctionnelle et des dépôts de plaintes.

A de multiples reprises les représentant-es des personnels de la liste intersyndicale ont alerté leur hiérarchie : pas moins de 10 courriers à la DSDEN, au CHSCT, au Rectorat, des motions en CA, des demandes d’audiences, grèves, manifestations, droits de retrait . Plusieurs courriers alertant sur le climat de l’établissement et demandant l’organisation de médiation ont également été envoyés par les représentants des parents d’élèves. A aucun moment l’administration, à ses différents échelons, n’a pris ses responsabilités, elle ne s’est souvent même pas donner la peine de répondre. Elle a tout bonnement nié les appels à l’aide et abandonné ce collège, avant de se décharger de ses responsabilités au niveau du Ministère. En tant qu’employeur, l’administration a donc failli à ses missions, en particulier celle d’assurer la sécurité de ses salariés et d’être le garant du droit syndical.

SUD Education 93 restera particulièrement attentif à ce qu’aucun cas de répression syndicale ne s’exerce contre les personnels de cet établissement, et emploiera tous les moyens à sa disposition si tel était le cas.