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Confiné·es mais toujours vigilant·es !
Article publié le 24 mars 2020

Dans le contexte d’incertitude lié à la crise sanitaire, le ministère de l’éducation nationale semble chercher désespérément à maintenir l’illusion de la normalité. Cela n’est pas sans risque quant à la santé des personnels et du public.


Sécurité et santé au travail, c’est un droit.


Dans les établissements sélectionnés pour accueillir les enfants des soignant.e.s et d’autres personnels mobilisé.e.s. (ASE, PMI…), cet accueil, par ailleurs indispensable, doit se faire dans de bonnes conditions sanitaires.

Il est illusoire d’attendre de jeunes enfants qu’ils et elles respectent les gestes barrières. Ainsi, il est vital que les personnels accueillant ces enfants soient équipé.e.s de masques, de gants et de gels hydro-alcooliques. Dans bien des écoles, le gel n’est fourni que par les enseignant.e.s et c’est inacceptable. La hiérarchie, elle, nous répond sans cesse que les masques sont inutiles allant de fait à l’encontre des recommandations des soignant.e.s.

Sud éducation 93, entend la nécessité de prioriser l’accès au stock de masques aux soignant.e.s. Cependant, nous tenons à dénoncer la responsabilité du gouvernement dans cette situation de pénurie qui met en danger la population.


Télé-travail et rupture d’égalité.



Il faut rappeler que les personnels de l’Education Nationale ne sont pas formé.e.s à l’enseignement à distance. Le télé-enseignement oblige les collègues à revoir totalement des cours déjà préparés. Cela rajoute évidemment du travail mais surtout de l’anxiété pour des personnels soucieux.ses d’accomplir leurs missions dans l’intérêt des élèves. Ne soyons pas dupes : l’enseignement à distance ne remplacera pas pour les élèves la présence des adultes, qui les accompagnent dans leurs apprentissages pédagogiques, sociaux et émotionnels. Par ailleurs, les élèves non plus ne sont pas formé.e.s à ces outils, outils qui sont d’ailleurs peu adaptés aux élèves les plus fragiles, notamment les allophones.

De plus, cela implique que les élèves soient correctement équipé.e.s d’un point de vue informatique. Or, nous savons que ce n’est pas toujours le cas. On nous avait promis des prêts de tablettes, mais ceux-ci ne semblent pas systématiques. La consigne est alors d’envoyer des polycopiés, que les personnels présent.e.s dans les établissements impriment et distribuent aux familles concernées. Ce point fait cependant débat : en effet, cela implique des déplacements, des contacts, et les attestations de circulation ne comportent pas de motif spécifique à cette situation. Pourtant, on peut difficilement laisser les élèves non-outillé.es numériquement dépourvus de travail… Les inégalités scolaires pré-existantes ne peuvent que continuer à se creuser dans un tel contexte.

Enfin, quid des enseignant.e.s qui auraient des difficultés avec leur matériel informatique ? La réponse de la hiérarchie est problématique. Si l’on ne peut travailler à domicile, on doit se rendre dans notre établissement. Là encore la sécurité des personnels est prise à la légère.

Nous rappelons que dans le cadre de la législation sur le télé-travail, il est de la responsabilité de l’employeur de fournir le matériel nécessaire au télé-travail et de couvrir l’ensemble des frais engendrés par celui-ci.

Par ailleurs, Sud éducation 93 rappelle que la loi limite le télé-travail à 3 jours par semaine.

Nous rappelons aux chef.fe.s d’établissements qu’ils et elles ont la responsabilité de protéger leurs personnels.
 


Surcharge de travail et risques de burn out.


Cette situation commence à peser sur un certain nombre de nos collègues qui font leur possible pour assurer la « continuité pédagogique » en ces circonstances exceptionnelles.

La hiérarchie doit prendre ses responsabilités et donner des consignes claires. Laisser les chef.fe.s d’établissements et les équipes faire comme bon leur semble, avec les moyens disponibles ou indisponibles, c’est garantir une réelle rupture de l’égalité sur le territoire. Voire, cela laisse les personnels enseignant.e.s dans une immense solitude et parfois une grande angoisse. Par exemple, comment se positionner face aux injonctions contradictoires : d’un côté, la hiérarchie ordonnant que le travail pédagogique ne soit pas impacté par la crise, et de l’autre, les parents alertant sur la trop grande quantité de travail donnée ?

Nous rappelons qu’il en va de la responsabilité de la hiérarchie de garantir le respect de la loi mais aussi de rassurer et féliciter les équipes qui font du mieux qu’elles peuvent, plutôt que de les pressuriser comme c’est parfois le cas.

Sud éducation 93 a sollicité les autres organisations syndicales afin que le CHSCT départemental soit saisi au plus vite. Il est en effet nécessaire qu’une réelle réflexion soit menée sur les conditions de mise en œuvre du télé-travail et de son impact sur la santé physique, mais aussi psychique des personnels, qui sont très sollicité.e.s dans cette période pourtant déjà anxiogène.

Sud éducation 93 demande qu’une cellule psychologique téléphonique soit mise en place pour accompagner les personnels en souffrance.
 


Télé-travail ou télé-surveillance ?



Enfin, la question des évaluations ajoute encore un peu plus de flou à cette situation tendue. Concernant les élèves, il paraît en effet injuste de les évaluer dans de telles conditions. Rappelons que certain.e.s auront la chance de bénéficier d’une aide à la maison, là où d’autres doivent composer seul.e.s.
Quant à l’évaluation des personnels, on nous laisse entendre que ces dernier.e.s devront rendre des comptes. Encore une fois, cela sera donc laissé à l’appréciation arbitraire de la hiérarchie, entraînant potentiellement des dérives autoritaires.

 

► Sud éducation 93 demande qu’aucune évaluation notée n’ait lieu pendant la période de confinement et que la liberté pédagogique des enseignant.e.s soit respectée.


Peut importe la situation dans laquelle vous, vous trouvez, vous avez toujours des droits et êtes légitimes à les faire valoir.

Sud éducation 93 se tient comme toujours à la disposition des collègues qui ont besoin d’être accompagné.e.s. Contactez-nous.

Afin de nous aider à défendre les conditions de travail de toutes et tous auprès de l’administration, remplissez en quelques minutes ce questionnaire en ligne. Il nous permettra notamment d’appuyer notre intervention au CHSCTD.