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Communiqué sur l’occupation du lycée Maurice Utrillo de Stains
Article publié le 19 novembre 2018

Nous, personnels du lycée Maurice Utrillo de Stains, avec le renfort de délégations du lycée Arthur Rimbaud de Garges-lès-Gonesse et du collège Pulitzer de La Courneuve, avons occupé ce jeudi 15 novembre 2018 notre établissement pour la nuit des lycées professionnels et polyvalents mobilisés. Nous renouvelons ainsi notre revendication de conversion du poste de proviseur-adjoint gendarme en postes éducatifs et sociaux. Nous dénonçons également le manque de moyens dans l’éducation, à l’heure où les réformes des lycées professionnels et généraux apparaissent surtout comme l’organisation des suppressions de postes par milliers annoncées pour 2019.

Plus particulièrement, nous exigeons des réponses satisfaisantes aux besoins de l’éducation prioritaire. Les lycées professionnels et polyvalents, comme les lycées généraux et technologiques anciennement ZEP, sont toujours écartés du Réseau Education Prioritaire. Pour répondre aux urgences sociales, à l’accroissement des inégalités sociales et scolaires, une réelle politique de l’éducation prioritaire est pourtant nécessaire !

Nous rejoignons donc totalement les revendications du collectif « Touche pas à ma ZEP » : « nous serons déterminés à lutter pour exiger du ministère que ces objectifs soient réellement prioritaires et nous réaffirmons nos revendications : la publication d’une carte de lycées généraux et pro en éducation prioritaire avec un label garantissant des moyens pérennes (effectifs par classe limités, maintien des dédoublements et de tous les projets, vie scolaire…) et le maintien définitif et l’élargissement des indemnités et des bonifications pour les mutations à tous les personnels. »

Durant cette occupation, nous avons décidé de poursuivre le mouvement par la grève et l’action ce vendredi 16 et lundi 19 novembre 2018, forts du soutien de nombreux établissements, associations, organisations syndicales. De très nombreuses motions nous parviennent depuis le 5 novembre et nous encouragent à poursuivre la mobilisation malgré les réponses inacceptables du Rectorat de Créteil.

En effet, nous avons été choqués de la réaction sans précédent du Rectorat face à cette occupation. Des collègues AED, enseignants, syndicalistes et parents d’élèves qui souhaitaient entrer dans le lycée en ont été empêchés physiquement par 3 EMS (équipe mobile de sécurité) du Rectorat de Créteil qui avaient ordre de ne laisser entrer personne dans le lycée.

Quelles sont les raisons qui nous ont valu un tel traitement de faveur ? D’autres lycées étaient occupés la même nuit et n’ont pas eu droit à de telles mesures. Est-ce parce que cette occupation fait suite à une grève reconductible dans laquelle nous sommes engagés depuis le 5 novembre ? Nous avons à plusieurs reprises envoyé des demandes d’audience auprès du Recteur depuis le début de notre mouvement et nous l’avons invité à venir nous rencontrer dans notre lycée. Ces demandes sont jusqu’à présent restées lettre morte et la seule réponse que nous avons eue a été de nous envoyer les EMS. Quel mépris pour les équipes qui se mobilisent tous les jours pour la formation et la réussite de leurs élèves !

Cette entrave à la liberté de circulation et de réunion constitue une atteinte inadmissible aux plus élémentaires droits syndicaux et témoigne de la volonté du Rectorat d’utiliser les EMS non plus pour des missions de sécurité mais dans une logique de répression des mouvements sociaux des personnels de l’Education Nationale.

Cette réponse fait écho à la nomination au poste de proviseur adjoint d’un gendarme en détachement chargé de missions de sécurité et nous semble d’autant plus inacceptable et alarmante. Elle manifeste une nouvelle fois l’obsession sécuritaire et répressive du Rectorat.

Les personnels mobilisés du lycée Maurice Utrillo