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Communiqué des personnels du collège Gabriel Péri, Aubervilliers
Article publié le 2 novembre 2020

Nous, personnels du collège Gabriel Péri à Aubervilliers, réunis en AG intersyndicale dimanche 1er novembre 2020, sommes scandalisé.es par les décisions prises pour cette rentrée.

Lundi 2 novembre est prévu l’hommage à notre collègue Samuel Paty. Or, contrairement à ce qui avait été annoncé la semaine dernière, aucun temps de préparation collectif ne nous sera accordé. Alors que la France se déchire autour de cet évènement, alors que beaucoup d’entre nous en sommes encore très affecté.es, chacun.e se retrouve donc seul pour l’aborder avec ses élèves. Il faudrait donc que nous soyons tous.tes individuellement aptes à mettre en place une « séance » et/ou une « séquence » susceptible d’établir un dialogue serein sur la question. Nous passerons sur la pertinence de la lecture à des enfants de la lettre aux instituteurs de Jaurès. Les hommages au métier ne nous intéressent pas, nous voulons les moyens de le faire correctement. Nous trouvons méprisant cette annonce sur BFM d’une rentrée à 10h finalement remise à 8h à 3 jours de la reprise.

De même, si nous nous réjouissions de pouvoir continuer à travailler en présence avec nos élèves, force est de constater qu’aucun protocole sanitaire n’a réellement été réfléchi depuis six mois. Cette deuxième vague est loin d’être une surprise. Face aux mesures prises en urgence, pourquoi ne pas avoir reporté la rentrée des élèves ? Nous apprenons, au mépris du travail que cela demande, trois jours avant la rentrée, que :

-  Contrairement à ce qui avait été dit en début d’année, les élèves ne recevront plus de masques du département. Beaucoup de nos familles ne peuvent en fournir à leurs enfants. Par ailleurs, il est difficile pour des collégiens d’observer un port strict du masque toute la journée.

-  Le protocole « renforcé » énoncé par le recteur se limite donc à l’aération des salles toutes les deux heures (alors même que les fenêtres de certaines salles ne peuvent pas s’ouvrir), et à ce que les élèves restent dans la même salle. Ceci implique une modification intégrale du fonctionnement de l’établissement, et remet en question de nombreuses modalités d’enseignement. En effet, comme nous le clamons depuis des années, notre bâtiment est trop petit pour notre communauté scolaire. Les semaines ou mois à venir, les salles d’éducation musicale, d’arts plastiques, de SVT, de Physique-Chimie, de technologie et d’informatique vont donc être utilisées comme des salles traditionnelles, empêchant les enseignants des disciplines concernées d’accéder à leur matériel. Cela empêche également la tenue de demi-groupes dans de nombreuses matières. Cela pose également une question quant à la sécurité des élèves restants dans les salles sans surveillance pendant que les enseignant.e.s se rendent à un autre cours. Enfin, les réalités du terrain font que le non brassage des élèves sera difficilement applicable.

-  L’équipe d’agents d’entretien reste toujours très insuffisante par rapport au travail à accomplir. Ils/elles sont épuisé.es et ne peuvent respecter le protocole attendu.

-  Notre infirmière n’est toujours présente que deux à trois jours par semaine, renvoyant le reste du temps la gestion sanitaire à la vie scolaire, qui se retrouve débordée, et mise en grande difficulté pour assurer pleinement ses missions.

- Aucune mesure de dépistage des personnels et des élèves n’a été mise en place de manière préventive, : pas d’équipe mobile de santé ni de priorité pour les tests !

Nous exigeons :

- L’embauche massive et urgente de personnels d’entretien, d’infirmier.ère, de secrétariat, d’AESH, d’AED ainsi que le remplacement de tous les personnels absents.

- La mise en place de demi-groupes pour toutes les classes, en roulement, et sans obligation de travail à distance. Nous rappelons d’ailleurs que M.Blanquer a déclaré en juin 2020 lors d’une interview sur Konbini : « si le virus est toujours là à la rentrée il y aura toujours la règle des groupes restreints, ce qui est favorable d’ailleurs pédagogiquement »

- Un réel temps de concertation pour préparer cela, aborder ensemble cette rentrée difficile sur tous les plans, ainsi que pour anticiper une éventuelle fermeture d’établissement. Nous voulons pouvoir nous occuper des enfants que nous avons en charge le plus sereinement possible, et non dans l’anxiété et l’urgence systématique.
 
Sachant que les adolescent.es sont également touchés par la pandémie, nous sommes scandalisé.es par ces semblants de mesures qui ne sécurisent ni nous ni les élèves, et par cette organisation bancale et tardive de la rentrée qui manifeste à nouveau le mépris du gouvernement pour notre travail. Nous sommes prêt.es à nous mobiliser par différents moyens, notamment la grève (dès le lundi 2 novembre 2020 après l’hommage à Samuel Paty), pour obtenir des conditions qui nous permettent de travailler sereinement sans avoir peur pour nous, nos élèves, les familles.