SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | AESH, AED, AP | Agent-es | Contractuel-les enseignant-es | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Plainte antiracisme | Stagiaires | Supérieur | Réforme des retraites | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence | Réforme du lycée | COVID-19 |

Communiqué des lycéen·nes de Paul Eluard
Article publié le 14 novembre 2020

« Nous voulons faire valoir notre droit à préserver notre santé,
et la seule réponse du gouvernement c’est la répression »

Mercredi 10 novembre

Nous, élèves du lycée Paul Eluard de Saint-Denis, nous nous mobilisons depuis le lundi 2 novembre pour exiger des mesures à la hauteur de la crise sanitaire, face à la propagation de la Covid-19 et les risques de saturation des hôpitaux. Le protocole sanitaire annoncé durant les vacances scolaires par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est clairement insuffisant. Il comprend majoritairement des mesures déjà en
place depuis septembre en leur laissant un caractère facultatif, selon la situation locale, et ce malgré la progression rapide de l’épidémie.

A nos yeux, et ceux de nos proches que nous risquons de contaminer, il est essentiel que dans les établissements scolaires, lesquels constituent le deuxième foyer principal de contamination, soit appliqué un véritable protocole sanitaire, et alors que nous voulons faire valoir notre droit à préserver notre santé et celle de nos familles la seule réponse du
gouvernement est celle de la répression.

Que ce soit à Saint-Nazaire, à Lyon, au lycée Colbert et bien d’autres, la police a interpellé et violenté des lycéennes et des lycéens qui se mobilisaient. À Saint-Denis devant notre lycée, mercredi 4 novembre, la police a interpellé cinq de nos camarades, qui ont été passés à tabac dans le camion de police et ont subi des intimidations et des insultes. Cette répression est intolérable, tous les chefs d’inculpations doivent être abandonnés.

Jeudi 5 novembre au soir, le ministre de l’éducation a annoncé la possibilité de mettre en place des demi-groupes, et ce seulement dans les lycées. S’il a été contraint de reculer suite à la mobilisation des lycéens, des AED et des professeurs, ce recul est grandement insuffisant. Il est urgent, face à la crise sanitaire, et pour que tous les élèves puissent continuer à étudier dans de bonnes conditions, de mettre beaucoup plus de moyens dans
le secteur de l’éducation.

Pour notre santé et celle de nos proches, nous revendiquons des masques gratuits à disposition de toutes et tous, des tests massifs et accessibles, le dédoublement des classes dans les lycées mais aussi dans les collèges. Pour cela, il ne suffit pas de simples annonces, il faut mettre des moyens dans l’éducation nationale : embaucher du personnel, des professeurs, réquisitionner des salles de cours, pour permettre un dédoublement sans
pour autant avoir cours une semaine sur deux. Ainsi les élèves pourront être
accompagnés, protégés, et suivre leurs cours de manière continue.
Malgré la répression, malgré les gazages et les arrestations, nous restons mobilisés jusqu’à l’application d’un protocole sanitaire à la hauteur de la crise sanitaire que nous vivons.

Les lycéens de Paul Eluard