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Communiqué - SUD Éducation 93 dénonce les pratiques autoritaires des présidents d’université
Article publié le 7 juin 2018

Les universités ont cette particularité d’élire elles-mêmes leur président·e au sein du conseil d’administration, lui-même en partie élu par les personnels et les étudiant·es. Ce qui permettait une direction relativement collégiale des universités jusqu’ici tend à s’éloigner de plus en plus de la démocratie universitaire depuis la LRU (2007). Celle-ci a donné l’autonomie de gestion aux universités sans moyens suffisants pour cela et a renforcé le pouvoir des président·es : une part croissante des membres des CA des universités sont désormais nommés. Mais plus encore, les président·es d’université se distinguent par des pratiques autoritaires contre la communauté universitaire.

La Conférence des présidents d’universités (CPU), un organe mise en place par la LRU pour conseiller le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR), est dirigé depuis 2016 par Gilles Roussel, président de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. À l’image du MEDEF, la CPU est devenue au fil du temps un maillon essentiel dans la politique que mène le gouvernement dans le démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche. La CPU accompagne sans discernement ParcourSup et la loi ORE avec un discours de justification déniant la sélection mise en œuvre. La CPU use de sa position dominante pour étouffer les revendications des étudiant·es et des personnels.

Président de la CPU, Gilles Roussel a à cœur de faire de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM) une université pilote des réformes ministérielles, que ce soit pour la professionnalisation des formations, l’autonomie de gestion, la sélection à l’entrée ou le regroupement hybride de sept établissements (dont une université, un institut de recherche, une école d’ingénieurs privée et une école d’architecture) dans l’université cible Gustave Eiffel. Ce projet d’université cible est encore extrêmement flou mais renforcera le pouvoir du président de l’université au détriment des personnels et des usagers de chaque établissement dans le nouveau CA unique.

Ces derniers mois, Gilles Roussel est intervenu plusieurs fois pour entraver la mobilisation contre la sélection à l’UPEM, qui s’est faite en lien avec les lycées des alentours. Profitant de sa souveraineté sur l’ordre du jour des conseils centraux, il a empêché à plusieurs reprises la discussion d’une motion contre ParcourSup ou la loi ORE au CA et au Conseil de la formation et de la vie universitaire (CFVU), n’hésitant pas à adopter un ton paternaliste et à mentir aux étudiant·es élu·es en leur disant qu’il n’y aurait pas de sélection. Le 12 avril 2018, une manifestation locale allant du lycée Descartes à l’université où se tenait le CA a rassemblé une centaine de personnes. Lors de l’Assemblée générale qui a suivi, Gilles Roussel a essayé d’empêcher les personnes extérieures (des lycées) d’entrer en imposant un contrôle d’identité.

SUD Éducation 93 dénonce les pratiques autoritaires des présidents d’université pour mettre en place de la sélection des futur·es bachelièr·es et pour entraver les mobilisations contre la casse du service public d’enseignement et de recherche.

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Communiqué UPEM 07_06_2018