SUD Education Solidaires SUD Education 93
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CHSCTD extraordinaire du 15 octobre 2020 sur les conditions sanitaires de rentrée
Article publié le 15 octobre 2020

Déclaration liminaire de SUD Education 93

Monsieur le Président du CHSCTD,
Mesdames et messieurs les membres du CSHCTD,

Ces sept semaines depuis la rentrée ont montré que la santé des personnels de l’Éducation Nationale était le cadet des soucis de l’administration.

« Comme si de rien n’était », telle pourrait être la devise du ministère, du rectorat et de la DSDEN. 

Ce CSHSCTD a été demandé par toutes les organisations syndicales y siégeant le 18 septembre, un mois avant sa tenue effective et deux jours avant les vacances scolaires : c’est le reflet du manque de considération envers les représentant·es du personnel et envers cette instance.

Par ailleurs, il s’agit d’un nouveau mépris de l’administration envers les collègues qui alertent depuis la rentrée sur leurs conditions de travail, les manques de moyens sanitaires et humains qui mettent en danger la
santé des personnels , des élèves et de leurs familles.

Mis à part les quelques masques distribués, dont nous apprenons aujourd’hui qu’ils pourraient être toxiques1, rien n’a été fait pour garantir notre santé.

Certains personnels n’en ont même pas reçu (ex :AESH à Aulnay). Dans nombre d’établissements, le gel hydroalcoolique a tout simplement disparu des salles de classe (ex : Collège République de Bobigny). Cela s’avérerait très grave si l’information sur les masques DIM était confirmée.

Alors que les élèves ont été privé·es de nombreuses semaines de cours, aucun moyen supplémentaire n’a été attribué aux établissements du 93.

Pourtant, travailler en effectifs réduits auraient eu le double avantage de pouvoir rattraper du retard et de préserver la santé de toutes et tous. Il n’en est rien. Au contraire, la DSDEN surcharge les classes, faisant
ainsi exploser les seuils de l’Éducation Prioritaire, dégradant encore les conditions d’apprentissage des élèves les plus fragiles. Une honte.

Ces premières semaines de cours ont révélé l’impréparation de l’administration quant aux multiples cas individuels qui auraient pu se présenter : ainsi des personnels qui ont des fragilités de santé mais qui ne
sont plus considéré·es comme « personnes à risque », ainsi de la question des jours de carence ou de la mise en place du travail à distance...
Ainsi, le non-remplacement des personnels COVID, notamment les AED remplacé·es en interne par des secrétaires ou en externe par des AED des établissements voisins, ne peut qu’interroger. Aucune brigade départementale de remplacement des AED n’a été dépêchée dans des situations pourtant très problématiques avec de nombreux personnels en septaine.

Surtout, c’est le manque de transparence qui indigne les personnels, tant au niveau des établissements où certains chefs ne communiquent même pas les cas Covid, qu’au niveau de la DSDEN, qui ne prend même pas la peine de tenir au courant les représentant·es des personnels de l’évolution de l’épidémie. Le traitement par la DSDEN et l’ARS des cas contacts dans l’Éducation Nationale semble même discriminatoire. Ainsi, certain∙es collègues mis∙es en isolement ont dû retourner travailler dès que l’ARS les
a identifié∙es comme personnels de l’Éducation Nationale ! De même, des IEN font passer la consigne aux directeurs et directrices de mentionner l’appartenance à l’EN lorsqu’ils et elles sont contacté.es.

Aujourd’hui, les procédures sont toujours aussi floues, et nul ne sait qui de l’ARS, de la CPAM ou du médecin conseil prend telle ou telle décision.

Un aveuglement même quand le DASEN de Seine St Denis nous dit qu’il n’y a pas de cluster dans l’Éducation Nationale, quand bien même il est avéré que de nombreux·ses collègues ont été contaminé·es sur leur lieu de travail.

Hier soir, le président de la République a déclaré l’instauration d’un couvre-feu de 21h à 6h, arguant que les clusters seraient causés par les rassemblements privés. Cela montre encore l’aveuglement du pouvoir et le refus d’admettre que les établissements scolaires et universitaires occasionnent de nombreuses contaminations par leur « promiscuité » et la difficile application des gestes barrière, surtout par les plus jeunes.

Seule la logique économique prévaut, aucune considération sanitaire ne guide ces actions liberticides et irresponsables. 

En conséquence, un climat de défiance s’est bel et bien installé vis-à-vis du traitement de la crise sanitaire dans l’Éducation Nationale.

Pourtant, nous pensons qu’il est possible de conjuguer la scolarité de nos élèves avec la préservation de la santé de toutes et tous : cela passe par des diminutions d’effectifs, des créations de postes, en bref des moyens supplémentaires et un plan d’urgence pour l’École en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus touchés par l’épidémie et le poids des inégalités scolaires.


1Car traités à la zéolithe d’argent, biocide considéré comme toxique et dangereux. Cf. l’ar ticle de Reporterre en date du 13
octobre 2020, cité par un article du Nouvel Observateur du même jour et par Libération le 14 octobre.

https://reporterre.net/L-Education-nationale-a-t-elle-distribue-des-masques-toxiques-aux-enseignants
https://www.nouvelobs.com/societe/20201013.OBS34684/distribues-aux-enseignants-ces-masques-de-la-marque-dim-sonttraites-a-un-biocide-toxique.html

https://www.liberation.fr/direct/element/les-enseignants-se-plaignent-de-leurs-masques-traites-a-la-zeolithe-dargent_120257/