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Aubervilliers : Aucune crise sanitaire ne justifie les violences policières
Article publié le 27 mars 2020

Ci-dessous, deux communiqués, de l’Union Locale Solidaires Aubervilliers, et de l’intersyndicale éducation de la ville, faisant suite à l’agression d’une femme par la police, la semaine dernière.

Communiqué de l’Union Locale Solidaires Aubervilliers

PDF - 1.6 Mo
Violences Policières - Communiqué de l’UL Solidaires Aubervilliers

Jeudi 19 mars, au 3ème jour du confinement annoncé par M. Macron, une jeune femme albertivillarienne a été violemment interpellée par 7 policiers. Poussée à terre, frappée, insultée, tazée, et mise en cellule pour une heure, sous les yeux de son petit frère, l’intervention lui aura valu 5 jours d’I.T.T (séquelles psychologiques et physiques : trauma épaule gauche et poignet droit, des hématomes et des douleurs de la cuisse gauche). Elle était en train faire des courses pour son nourrisson.

Cette arrestation n’est qu’un des exemples de ce qui se passe aujourd’hui dans nos quartiers. L’ensemble de la population albertivillarienne, y compris les très jeunes enfants, est confrontée quotidiennement aux violences policières, et leurs auteurs agissent en toute impunité.

Nous ne sommes pas tou⋅te⋅s égales face au confinement. À Aubervilliers, beaucoup de familles se retrouvent coincées dans des appartements trop petits, quand elles ont un toit. Un certain nombre d’entre elles n’ont plus de revenus. D’autres sont obligé⋅es d’aller travailler malgré le virus. Les personnes sont contraintes à des heures de queue devant les bureaux de poste pour retirer leur revenu hebdomadaire.

Alors, oui, l’urgence sanitaire nécessite le moins de mouvement de population possible. Dans ce cas, le gouvernement aurait dû décréter la fermeture de toutes les entreprises non immédiatement essentielles - et notamment l’ensemble du BTP dans lequel on retrouve beaucoup d’albertivillarien⋅nes – en assurant à tou⋅tes un revenu minimal inconditionnel permettant de vivre décemment. À la place, le gouvernement a choisi le maintient de la production et des profits, ainsi que de donner les pleins pouvoirs sur nos déplacements dans l’espace public à une police qui agissait déjà largement impunément.

La crise sanitaire ne peut être utilisée comme un prétexte à l’accroissement des violences policières que sont contraint⋅es de subir les habitant⋅es d’Aubervilliers. Nous condamnons vivement ces violences. Et nous demandons :

  • la fermeture immédiate de toutes les unités de production non-essentielles pour résoudre la crise sanitaire,
  • l’arrêt des contrôles policiers,
  • la suspension des loyers, des factures d’eau, d’électricité et de gaz.
  • la prise en charge collective du confinement par des actes de réquisition de logements vides, de centre de colonies de vacances…
  • le versement automatique de tous les minima sociaux
  • des distributions alimentaires
  • la prise en charge à 100 % du salaire en chômage partiel
  • le report des jours d’indemnisation du chômage
  • des mesures exceptionnelles de prise en charge des mineur·es
  • la libération des personnes incarcérées en Centre de Rétention Administrative
  • le maintien des lignes téléphoniques et internet
  • une communication prenant en compte les personnes en situation de précarité


Communiqué intersyndicale éducation de la ville d’Aubervilliers

Le 19 mars dernier, une ancienne élève de nos collèges et lycées, s’est faite pousser, mettre à terre, et tazer par 7 policiers, mise en cellule durant une heure, alors qu’elle sortait faire des courses pour son enfant. L’arrestation a été si violente (coups et insultes), qu’elle a donné lieu à 5 jours d’I.T.T (séquelles psychologiques et physiques : trauma épaule gauche et poignet droit, des hématomes et des douleurs de la cuisse gauche). Tout cela devant son petit frère qui l’accompagnait faire les courses. Est-ce que de telles images auraient pu être filmées dans les beaux quartiers, sur les quais de la Seine, dans le bois de Boulogne ou sur les plages de l’ile de Ré, où les "infractions" aux confinements ont été constatées ?

Cette arrestation n’est qu’un des exemples de ce que subissent aujourd’hui nos élèves. Depuis de nombreuses années les violences policières à Aubervilliers, et ailleurs en Seine-Saint-Denis, sont intolérables. Nos élèves, même très jeunes, y sont confronté⋅es quotidiennement.

Nous ne sommes pas tou⋅te⋅s égaux face au confinement. La continuité pédagogique promise par Blanquer relayée par des médias n’est qu’un leurre, vue le nombre important de familles du département n’ayant pas d’ ordinateurs. À cela s’ajoute le confinement dans des appartements trop petits, sans source de revenus pour un certain nombre de familles. Et maintenant, un pouvoir accru à une police dont les agissements étaient déjà insupportables.

La crise sanitaire ne peut être utilisée comme un prétexte à l’accroissement des violences policières que sont contraint⋅es de subir nos élèves, et les habitant⋅es d’Aubervilliers. Les sections syndicales SNES des collèges Diderot et Halimi, de la cité scolaire Wallon, du lycée le Corbusier, les sections syndicales CGT éduc’action et Sud éducation, d’Aubervilliers, condamnent vivement ces violences, et l’impunité de leurs auteurs.