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Appel de l’AG éducation de Pantin
Article publié le 21 avril 2020

Ce lundi 20 avril, 69 enseignants et enseignantes des écoles Edouard Vaillant, Sadi Carnot, Paul Langevin, Louis Aragon, Joliot-Curie, Jaurès (élémentaire et maternelle), La Marine, Méhul, Paul Langevin, Baker, Quatremaire, Jean Lolive, Diderot, Liberté, collèges Lavoisier, Jaurès, Joliot-Curie, des lycées Lucie Aubrac et Marcelin Berthelot de Pantin se sont réunis.

Le 13 avril dernier, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai 2020.
Nous avons été en première ligne pour amortir les conséquences sociales, culturelles, pédagogiques de la terrible crise sanitaire en cours. Nombreuses et nombreux parmi nous sont celles et ceux qui se sont portés volontaires, alors même que le matériel de protection n’était pas toujours réuni, pour garder les enfants de personnels soignants. Toutes et tous avons tenté, malgré des moyens dérisoires, de maintenir un lien pédagogique avec les élèves, pour qui la fermeture des écoles et établissements scolaires est très difficile à vivre, particulièrement dans notre département, où les inégalités sont criantes.

Nous sommes les premiers à souhaiter la réouverture des écoles et établissements scolaires le plus vite possible, car nous sommes les mieux placés pour constater les difficultés engendrées par leur fermeture. Cependant, nous tenons à exprimer notre incompréhension devant la décision prise par le président de la République de rouvrir les écoles le 11 mai prochain. Une semaine après cette annonce, force est de constater qu’aucune mesure concrète de protection n’a été prévue, ni pour les élèves, ni pour les personnels. Dans son allocution du 19 avril, le premier ministre Edouard Philippe n’a rien annoncé de concret. Dans son courrier du 20 avril, le recteur de l’Académie de Créteil, M. Auverlot, écrit : "il est encore trop tôt pour évoquer ce sujet de manière concrète".

Trois semaines avant le 11 mai, trop tôt pour parler de ce sujet ? Une étude de l’INSERM a montré qu’en cas de déconfinement prématuré, une deuxième vague épidémique pourrait engendrer à nouveau des milliers de morts. Le président du Conseil national de l’ordre des médecins estime que "la réouverture progressive des crèches, des écoles et des lycées fait courir un risque inutile". Le président de la Fédération des médecins de France déclare que "ce choix révèle un manque absolu de logique" et que "déconfiner le milieu reviendrait à remettre le virus en circulation". Comment peut-on oser déclarer, comme le fait M. Auverlot, qu’il est "trop tôt pour parler de ce sujet" ?

Dans son allocution, M. Macron a pris prétexte des inégalités pour justifier sa décision de rouvrir les écoles le 11 mai. Nous sommes enseignants et enseignantes à Pantin, en Seine-Saint-Denis : ce département a été l’un des départements les plus touchés par le virus, à cause des inégalités galopantes, qui ont été encore aggravées par des décennies de coupes dans les services publics, notamment hospitaliers et d’éducation. Si M. Macron se préoccupait réellement des inégalités, il commencerait par suspendre les nombreuses suppressions de postes et fermetures de classe qui sont programmées sur la rentrée prochaine, notamment dans notre département ; et au contraire il prévoirait un plan de créations massives de postes, d’ouvertures de classes, ainsi que des moyens pour reconstruire le service hospitalier.

Nous ne sommes pas dupes. La décision de rouvrir les écoles le 11 mai n’a qu’une seule motivation : céder à la pression du MEDEF, qui veut que les salariés qui gardent leurs enfants retournent au travail.
L’école n’est pas la garderie du MEDEF !

Une reprise de l’activité dans les écoles et établissements scolaires n’est pas envisageable si la sécurité des personnels et des usagers n’est pas totalement assurée. Cela implique, comme le préconise le CHSCT ministériel, un dépistage systématique de tous les enfants et tous les personnels, comme préalable à toute reprise, des tests réguliers, 3 ou 4 masques par personne et par jour, du savon, des gants et du gel hydro-alcoolique, ainsi que toutes les mesures pour permettre de respecter et faire respecter la distanciation sociale.

Force est de constater que dans la situation actuelle, ces conditions ne sont pas réunies et ne pourront pas être réunies le 11 mai prochain. C’est pourquoi nous demandons solennellement à M. Emmanuel Macron d’annuler la décision de rouvrir les écoles et établissements scolaires le 11 mai prochain. L’heure doit être à la discussion d’un véritable plan sérieux de déconfinement, qui respecte toutes les préconisations médicales.
Nous demandons aux collectivités territoriales (conseil régional, conseil départemental, municipalités) d’indiquer précisément les mesures effectives et les moyens qu’elles vont mettre en œuvre pour permettre la réouverture des écoles et établissements scolaires. Nous serons vigilants à ce que l’ensemble des mesures soient réunies, et suffisamment connues à l’avance pour que nous puissions nous organiser.

Si le 11 mai ces conditions n’étaient pas réunies, nous serions dans l’obligation, avec le soutien de nos organisations syndicales, d’exercer notre droit de retrait ou notre droit de grève.