Dernières infos : Rassemblement mardi 16 décembre à partir de 14h Place Jacques Bainville – 75007 Paris (métro Solférino)
AED : toujours précaires, mais pas fatalistes ! Pour sortir de la galère, pour ne plus être méprisé·es, tous·tes en grève le mardi 16 décembre !
Alors que la mort de notre collègue Mélanie au printemps avait mis dramatiquement en avant notre métier et nos conditions de travail, une fois passées les larmes de crocodile du ministère et de nos hiérarchies, les AED se retrouvent comme avant : précaires et méprisé·es. Comme chaque année, des centaines de collègues restent sur le carreau, direction le chômage, non renouvelé·es par leurs directions.
Alors que les Assistant∙es d'Éducation assurent des missions essentielles pour le fonctionnement des établissements scolaires, ils et elles sont parmi les personnels les plus précaires et les moins reconnus au sein de l'Éducation nationale. Le ministère de l’Éducation nationale vient de publier le nouveau cadre de gestion des Assistant·es d’Éducation au Bulletin Officiel. Rien de nouveau sous le soleil, ou si peu.
• Le renouvellement de contrat CDD reste au bon vouloir des chef·fes d'établissement. Et ce n'est pas la nouvelle procédure d’évaluation des AEd de cadre de gestion qui va changer les choses, car elle repose sur des éléments trop subjectifs. De nombreux critères reposent sur des savoir-être et savoir faire alors même qu’aucune formation réelle n’est mise en place pour permettre de les acquérir. Tout l'apprentissage du métier se fait sur le terrain avec le soutien des collègues plus ancien·nes.
• L'accès au CDI, gagné par la grève des AED en 2020/2021, soutenue par la CGT et SUD, n'est toujours pas automatique. Il faut l'accord du·de la chef·fe d'établissement et du rectorat. Quel boulot te demande 6 années de période d'essai ? Pour finalement ne pas faire l’affaire pour un CDI ? Sans oublier, la nouvelle "mode" chez les chef·fes d'établissement, ne pas renouveler après la 5ème année pour ne pas à avoir à refuser un CDI au bout de 6 ans.
• Le nouveau cadre de gestion évoque une éventuelle grille de salaire mise en place au niveau académique. Pourquoi pas de grille nationale ? Et dans ce cas, alors que certaines académies sont déjà en train de la mettre en place, qu’attendent les autres ? Sans parler que l’échelon académique ouvre la porte à des écarts de pratiques salariales.
• Rien n’est dans cette nouvelle circulaire abordé quant aux possibilités de mobilité des AED qui souhaitent muter d’un établissement à l’autre. Changer d’établissement reste à ce jour un parcours du·de la combattant·e pour un·e AED !
• Les conditions d’exercice dans les internats sont soumises au « droit coutumier » des établissements car rien ne cadre clairement leur fonctionnement. Cerise sur le gâteau : les heures de nuit ne sont comptabilisées que comme un forfait de 3h pour une présence effective d’au moins 8h.
• Et dans le cadre des différentes politiques d'austérité, pas de recrutement en vue alors que les vies scolaires manquent cruellement d'AED et CPE pour exercer des missions autres que celles d'urgence. Alors qu'on veut nous cantonner toujours plus à des missions "sécuritaires" et non pas pédagogiques,
de plus en plus souvent on sert de "bouche-trous" pour pallier les absences d'autres personnels.
Contre la précarité et l'arbitraire de la hiérarchie : Revendiquons un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AED, ainsi qu'un statut d'étudiant∙es/ salarié∙es avec un temps de décharge accru pour les personnes en étude ou en formation.
Et dans l’immédiat :
- la généralisation de contrats CDD d'une durée de 3 ans ;
- la transparence sur l'accès au CDI et un véritable droit au CDI au bout des 6 ans ;
- la gestion des personnels AEd par les services académiques
Pour assurer véritablement et dans de bonnes conditions les missions éducatives :
- des créations de postes d'AED et de CPE ;
- une baisse du temps de travail avec 32h semaine pour un temps plein ;
- que les heures d'internat soient comptabilisées en totalité, en remplacement du forfait nuit.
Pour de meilleurs salaires pour les AED :
- une grille de salaire commune avec les AESH ;
- une augmentation de 400 euros net par mois ;
- le versement de la Prime REP/REP+ complète avec rétroactivité depuis 2015.
Le 16 décembre 2025 se réunit le Comité Social d’Administration Ministériel sur les arbitrages budgétaires. Une occasion pour les personnels de peser sur les négociations et d’obtenir des avancées.
Ce même jour, les AESH, qui partagent avec les AED cette expérience de la précarité, sont également appelé·es à la grève pour revendiquer un statut et de meilleures conditions de travail.
Alors, le mardi 16 décembre 2025, mettons les vies scolaires à l’arrêt !
Aux côtés des AED et des AESH, toutes et tous en grève !
=> AESH : un vrai salaire, un vrai statut ! Tou·tes en grève le 16 décembre !
Le constat est sans appel, le second métier de l’Éducation nationale reste le plus précarisé. Ce métier, central pour le service public d’éducation, est effectivement sous payé et défavorisé. Les personnels AESH sont rémunéré·es à hauteur du SMIC horaire, elles sont nombreuses à percevoir moins de 1000 euros net par mois en raison des services à temps incomplet qui leur sont imposés.
Depuis la création des PIAL et la mise en place des PAS, les conditions de travail se sont dégradées. Certain·es AESH peuvent accompagner désormais plus d’une dizaine d’élèves au cours d’une semaine sur plusieurs établissements, avec des besoins différents. Parfois, il est même demandé à un personnel de suivre plus de deux élèves dans une même classe. Ce manque de considération met à mal à la fois le travail de l’agent·e mais aussi la scolarité des élèves à besoin éducatifs particuliers. Le ministère raisonne de manière managériale, en comptant les heures et en ne prenant pas en compte la situation de chaque élève.
En éducation prioritaire un·e AESH ne touche que les deux tiers de la prime d’un personnel d’enseignement ou d’encadrement alors que son volume horaire est plus conséquent. Cette prime n’a d'ailleurs été versée qu’en 2023 alors que les autres personnels la percevaient depuis 2015. Cette inégalité de traitement doit cesser et la prime REP/REP+ doit être versée en intégralité à l’ensemble des personnels de manière rétroactive.
Face à ce constat inadmissible, SUD éducation réclame au plus vite la création d’un vrai statut de la fonction publique pour les personnels AESH et une augmentation réelle des salaires.
SUD éducation revendique :
- la titularisation, sans condition de concours, des AESH dans un corps de fonctionnaire ;
- l’augmentation des salaires et la création d’une grille de rémunération prenant en compte l’ancienneté des agent·es ;
- une baisse du temps de travail à 24h par semaine ;
- le versement de la prime REP/REP+ intégrale avec rétroactivité depuis 2015.
SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mettre en grève le mardi 16 décembre pour obtenir un vrai statut et un vrai salaire !
=> Une semaine de mobilisation pour la création d’un corps d’AESH
Depuis le printemps dernier, les organisations syndicales FSU, SE-UNSA, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, CGT Éduc’action, SNALC et SUD éducation ont mené une campagne pour que soit enfin mis à l’ordre du jour l’obtention d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH avec une pétition qui a recueilli à ce jour plus de 83 000 signataires, ce qui démontre le soutien total de toute la communauté éducative et au-delà pour les AESH.
En effet, ces personnels exercent leur métier avec professionnalisme et sont devenu·es un maillon essentiel permettant l’inclusion d’élèves en situation de handicap. Le métier d’AESH est une profession à part entière et les missions pérennes qu’ils et elles exercent ne fait pas débat sur leur nécessité.
La situation à la rentrée 2025 a montré à quel point ce métier souffre d’un manque d’attractivité (multiplication des démissions, licenciements pour inaptitudes, ruptures conventionnelles) et le maintien dans la précarité de ces 140 000 agent·es n’est pas de nature à inverser la tendance.
Il est temps de donner un signal fort ! C’est pourquoi l’intersyndicale FSU, SE-UNSA, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, CGT Éduc’action, SNALC et SUD éducation poursuit la campagne pour la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH aussi bien au niveau national qu’au plus près des lieux de travail.
Une demande d’audience a été adressée aux ministres employeurs : le ministre de l’Éducation nationale et de l’agriculture, pour porter la pétition, et les parlementaires ont reçu un argumentaire sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.
L’intersyndicale appelle l’ensemble des AESH et des personnels de l’éducation à se mobiliser dans les départements pendant la semaine du 15 au 19 décembre, et plus particulièrement le 16 décembre, jour du Comité Social d’Administration ministériel consacré au budget.
Ensemble, pour revendiquer la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, chacun et chacune est invité à participer aux mobilisations décidées par les intersyndicales locales : rassemblements, heure d’information syndicale, grève…
Paris, le 4 décembre


