Lettre ouverte des personnels du collège Jean Moulin d’Aubervilliers, réuni·es en Assemblée Générale le 29 Août 2025
Par cette lettre, nous souhaitons alerter sur les mauvais traitements dont font l'objet les collègues contractuel·le·s enseignant·e·s de l'académie de Créteil, et dont quatre enseignantes du collège Jean Moulin ont encore fait les frais cette année.
Trop préoccupés par l'affichage de bonnes statistiques concernant le nombre de professeurs face aux élèves à la rentrée, le ministère et le recteur de l'académie de Créteil traitent les collègues de façon déshumanisée.
Ainsi, une collègue en poste depuis 12 ans dans notre collège a appris par hasard qu'elle était mutée et qu'on affectait à sa place une autre collègue qui, elle non plus, n'avait jamais demandé à être déplacée. À aucun moment elle n'a été consultée, ni même prévenue par le rectorat. À quelques années de la retraite, elle effectuera sa rentrée sur deux établissements distants de plus d'une demi-heure.
Une autre a effectué sa pré-rentrée dans notre collège pour apprendre, le 27 août, qu'elle était affectée ailleurs.
Une troisième, en poste depuis 4 ans, n'a pas été renouvelée malgré les avis positifs de toute la hiérarchie.
Une dernière enfin voit son poste partagé avec un nouveau collègue, la contraignant probablement à effectuer son service sur trois établissements.
Ces situations ne sont pas des erreurs ponctuelles des services administratifs du rectorat. Elles sont le symptôme de choix politiques : utiliser les collègues contractuel·le·s comme variables d'ajustement plutôt que de leur proposer des voies de titularisation ; diminuer encore et toujours le nombre de personnels dédiés à la gestion des agents par le non-remplacement des départs à la retraite ; rendre toujours plus difficiles les conditions d'exercice des métiers de l'éducation afin de dégrader la qualité de ce service public indispensable. Les coupes budgétaires que veut imposer le gouvernement ne vont faire qu’empirer cette situation.
Nous apportons tout notre soutien à nos collègues, et demandons, en particulier, le renouvellement immédiat de notre collègue ainsi que des 500 enseignant·e·s contractuel·le·s de l’académie qui ne le sont pas encore.
