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Agenda


8 mars : grève des femmes contre les violences sexistes et sexuelles
Article publié le 12 février 2021


Rendez-vous autour du 8 mars

Samedi 6 mars
Manifestation organisée par Les dionysiennes à Saint-Denis
Départ 14h mairie de Saint-Denis
https://www.facebook.com/Lesdionysiennes/

Dimanche 7 mars
Rassemblement place de la République à Paris 13h-17h
https://www.facebook.com/events/1334420376916865/

Lundi 8 mars 
Manifestation parisienne Port Royal - République RDV 12h
https://solidaires.org/Journee-internationale-de-lutte-et-de-greve-pour-le-droit-des-femmes


La crise sanitaire accroît les violences de genre

Les violences sociales déjà subies par les femmes sont accentuées par la crise sanitaire. En effet, les diverses mesures prises par le gouvernement pour limiter la propagation du virus (confinement, couvre-feu, etc.) ont eu pour conséquence :

  • une augmentation des charges domestiques majoritairement prises en charge par les femmes.

Durant le premier confinement, 19% des femmes de 20 à 60 ans ont consacré plus de 4h par jour à ces tâches contre 9% des hommes du même âge.

A l’inverse, 40% des hommes de 20 à 60 ans ont déclaré accorder moins d’une heure par jour à ces tâches contre 17% des femmes. 43% des mères contre 30% des pères ont passé plus de 6h par jour à s’occuper des enfants. Il s’agissait donc d’une double journée de travail pour une grande partie des femmes.

  • une accentuation des inégalités salariales et de la précarité des femmes

Nombreux licenciements et temps partiels contraints touchant pour une part importante les femmes.
Deux fois plus de mères que de pères ont dû faire recours à des arrêts de travail ou à des autorisations spéciales d’absence pour la garde des enfants.

  • une augmentation du nombre de violences sexistes et sexuelles avec :

⇒ Une augmentation importante du harcèlement de rue durant les confinements

⇒ Une augmentation des violences conjugales :
40% de plus de signalements qu’habituellement durant le premier confinement ;
60% de plus de signalements qu’habituellement durant le deuxième confinement

⇒ Une augmentation des viols :
+12,5 % des viols sur majeur·es en 2020 par rapport à 2019 ;
+ 9,8 % des viols sur mineur·es

⇒ Une augmentation des violences intrafamiliales en général : + 9% en 2020 par rapport à 2019

  • une mise en première ligne des métiers où les femmes sont majoritaires en augmentant leur charge de travail et en les exposant à un risque important de contracter le COVID-19

7 agent·es d’entretien sur 10 sont des femmes
9 caissièr·es sur 10 sont des femmes
9 infirmièr·es, aides soignant·es et préparatrice·eurs en pharmacie sur 10 sont des femmes


Les inégalités de carrière et de rémunération au sein de l’Éducation nationale


Aujourd’hui dans la fonction publique les femmes gagnent 18% de moins que les hommes. Les femmes travaillent davantage à temps partiel et leurs carrières sont plus souvent interrompues. Les rythmes de promotion leur sont également défavorables.

  • Interruptions de carrières et temps partiel pour les femmes VS surreprésentation des hommes pour les postes à responsabilité

Dans l’Éducation nationale, les femmes sont 12% à occuper des temps partiels contre 3% des hommes. Souvent parce qu’elles s’occupent des enfants, leur salaire est diminué. Au contraire, l’accès aux postes à responsabilité mieux rémunérés leur est plus difficile, puisque les hommes, bien qu’ils représentent 30% des personnels, occupent 40% des postes de direction, soit 33% de plus que si la répartition était paritaire. Chez les inspecteur·ices, c’est encore pire, puisque l’on constate une surreprésentation de 66% pour les hommes.

  • Répartition genrée 1er degré/2nd degré

En 2019-2020, dans le 2nd degré, les femmes occupent 58% des postes contre 84% dans le 1er degré. Or, les inégalités de salaires persistent entre les enseignant·es du primaire et du secondaire avec en moyenne une différence de 500 euros net.

  • Une majorité de femmes concernée par les contrats précaires

On retrouve 74% de femmes chez les AESH et AED, qui ont les contrats les plus précaires de l’Éducation nationale : CDD renouvelables chaque année, absence de formation, très faibles salaires, exclusion de la prime REP/REP+… Ce sont également majoritairement des femmes qui sont employées par les collectivités territoriales comme agent·es (en 2017, dans les lycées du 93, 60% des agent·es sont des femmes).

  • Une obligation légale de l’employeur

L’égalité femmes-hommes a été consacrée « Grande cause nationale » par Macron lors de son discours à l’Élysée, le 25 novembre 2017. Rappelons que depuis l’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique du 30 novembre 2018, c’est une obligation pour l’employeur d’élaborer des mesures de résorption des écarts de rémunération, sous peine de sanctions financières, ainsi que de créer des fonds en faveur de l’égalité professionnelle permettant de cofinancer des actions de sensibilisation et d’accompagnement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Or, mise à part la création d’un·e référent·e égalité (circulaire du 30 novembre 2019), sans les moyens qui vont avec, rien n’a été mis en place.

  • Le plafond de verre de l’ESR :

⇒ Les femmes représentent :

- 56% des inscrit·es en Licence

- 59% des inscrit·es en Master

- 44% des chargé·es de recherche et des maître·sses de conférences

⇒ Mais seulement :

- 48% des inscrit·es en Doctorat

- 24% des professeur·es d’université

- 28% du corps des directeur·rices de recherche.

- 12 % des universités sont présidées par une femme

Après l’obtention d’un Doctorat, les conditions d’accès à un emploi stable des femmes sont systématiquement moins favorables que celles des hommes. Leur salaire mensuel net médian est inférieur de 190 euros à celui des hommes. (chiffres de 2018)

 

Violences sexistes et sexuelles dans l’Éducation nationale : l’inaction de l’administration malgré la loi et les promesses



Les violences sexistes et sexuelles ne s’arrêtent pas aux portes du monde du travail. Une enquête de 2014 menée par le Défenseur des droits met en avant qu’1 femme sur 5 affirme avoir vécu une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et près de 30 % de ces femmes n’en parlent à personne.

Dans notre département qui compte 32 844 agent·es de l’Éducation nationale dont 72,7 % de femmes, cela représenterait 4 775 femmes qui ont été ou seront victimes de harcèlement sexuel au travail au cours de leur carrière.

Annoncé comme « la grande cause du quinquennat », la lutte contre les violences faites aux femmes a donné lieu à de nombreuses déclarations. La fonction publique a été mise au cœur de ces annonces : « au titre de l’exemplarité, les employeurs publics ont un rôle à jouer » (circulaire du 9 mars 2018). Deux ans après, force est de constater que le compte n’y est pas.

Dans la plupart des établissements scolaires, aucune prévention n’a été mise en place, malgré l’obligation de l’employeur.

Lors de l’audience intersyndicale du 4 décembre 2020 à la DSDEN 93, des engagements avaient été annoncés, comme la mise en place d’une enquête sur les violences sexistes et sexuelles, un travail de communication contre les violences sexistes et sexuelles, notamment via un livret d’accueil, une meilleure diffusion des actions et partenariats proposés par le conseil départemental, une proposition de nouvelles formations sur les violences sexistes et sexuelles et l’accompagnement des victimes.

  • SUD éducation 93 dénonce les pratiques de l’administration qui :

⇒ n’accuse pas réception des signalements auprès des agent·es qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles
⇒ reçoit les victimes en les culpabilisant, voire en alimentant la culture du viol
⇒ ne propose en premier lieu aucune mesure d’accompagnement ou de protection
⇒ lorsqu’elle agit, tente de convaincre les victimes d’être déplacées
⇒ génère des situations de domination sexiste lors des instances où les interventions des femmes sont régulièrement interrompues par les chefs masculins (DASEN, DAASEN, recteur, chef d’établissement)

Plus de 2 mois après, aucune mesure n’a été prise !

  • SUD éducation 93 porte des revendications pour lutter contre les violences faites aux femmes :

⇒ la création d’une cellule d’écoute et de conseil au rectorat capable de répondre aux collègues,
⇒ la création d’un poste de référente « violences faites aux femmes » qui soit formée et recrutée pour cette mission, au rectorat et à la DSDEN
⇒ des campagnes de prévention immédiates dans tous les établissements scolaires
⇒ des formations assurées par l’AVFT (Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail) pour les équipes qui en font la demande
⇒ des mesures de protection des agentes qui dénoncent les violences sexuelles ou sexistes avec la suspension des agresseurs présumés le temps de l’enquête administrative
⇒ l’application effective des lois, circulaires relatives à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

N.B : Nous écrivons volontairement "agresseur" au masculin car les violences sexistes sont par définition l’apanage des dominants et que les violences sexuelles sont à une écrasante majorité commises par des hommes cisgenres.


Violences sexistes et sexuelles au travail, dans l’EN c’est aussi les mineure·es qui sont concerné·es


L’affaire Duhamel et la vague de témoignages sur les réseaux #Metooinceste a mis en lumière une triste réalité : celle des violences sexuelles sur les enfants et l’omerta qui les accompagne.

En France, c’est un·e enfant sur 10 qui est victime d’inceste. Au primaire c’est 1 enfant par classe, au secondaire 2 ou 3.

Face à ces chiffres alarmants l’EN ne donne toujours pas les moyens nécessaires ni pour mener des programmes de prévention qui favorisent l’accueil de la parole et abordent la question du consentement, ni pour assurer la protection et l’accompagnement des victimes.

Dans les textes

Dans les faits

tout personnel de l’EN a le devoir de signaler les cas de violences subies par les élèves (IP, signalement à la CRIP)

les méthodes à appliquer pour recueillir la parole et signaler les cas de violence ne font pas partie de la formation initiale des personnels de l’EN. Un manquement inadmissible quand dans le 93 il y a 1 assistant·e sociale pour 2358 élèves, comment faire reposer sur elleux seul·es ce travail de veille ?

les médecin·eines et infirmièr·es scolaires ont un devoir de prévention auprès des élèves, et de formation auprès des personnels

dans le 93, il y a 1 médecin·eine pour 13 657 élèves, 1 infirmièr·e pour 1261 élèves : ils et elles n’ont pas le temps ni les moyens d’assurer leur mission de prévention et de formation

les élèves doivent bénéficier de séances d’éducation à la vie affective et sexuelle

les séances d’éducation à la vie affective et sexuelle sont à répartir au bon vouloir des enseignant·es qui sont parfois confronté·es à une administration réactionnaire

suite à une agression par un élève, l’agresseur doit être mis en éviction le temps de l’enquête et passer en conseil de discipline

 le rectorat de Créteil nous assure qu’il existe un protocole clair que les chef·fes d’établissement doivent suivre pour protéger les victimes mais il refuse de le rendre public : la protection des victimes, et la sanction des agresseurs sont laissés à l’autorité des chef·fes d’établissement. Encore trop souvent c’est la victime qui doit changer d’établissement.

suite à une agression par un adulte, l’agresseur doit être mis en éviction le temps de l’enquête et poursuivi administrativement

 nous n’avons aucun regard ou levier pour les agresseurs adultes non employés par l’EN

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