SUD Education Solidaires SUD Education 93
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2018 : La rentrée scolaire qui a vu disparaître Les classes d’accuEil dans le 93
Article publié le 24 septembre 2018

La rentrée 2018 verra la disparition des classes d’accueils pour élèves « allophones ». Les élèves eux, pourtant, seront bien là le 3 septembre, et continueront d’arriver tout au long de l’année.

Plus de classes, plus d’accueil ?
Les élèves allophones intégreront désormais des dispositifs « UPE2A », au lieu des classes d’accueil CLA ou NSA. Pour ce dispositif, qui a déjà montré à quel point il est délétère dans une vingtaine d’établissements du 93 depuis 2012, et dans le 94, le rectorat dote les établissements de 20h d’enseignement. Pendant les 6 autres heures, les élèves doivent théoriquement suivre des cours avec les classes « banales », en surplus des effectifs de ces classes déjà surchargées.
Ainsi un élève maîtrisant pas, peu ou mal le français, qu’il ou elle ait été scolarisé⋅e ou non dans le passé, se retrouvera « intégré » 6h par semaine dans les classes ordinaires.

Intégration ou chute libre ?
Si le fait de faire suivre des cours aux élèves allophones dans des classes d’élèves francophones, pour leur permettre d’apprendre la langue par imprégnation peut paraître séduisant, les remontées du terrain, dans les 20 UPE2A du 93, ou dans le 94, donnent plutôt envie de pleurer.
Les contraintes d’emploi du temps sont tellement fortes, que bien souvent les élèves allophones ne peuvent pas suivre l’intégralité des cours d’une matière (illes suivront alors 2h d’anglais sur les 3, 1h30 de maths,…). Les classes sont surchargées, et toute la bonne volonté des enseignantEs, ne leur permet pas d’être attentif/ves à la fois aux élèves de la classe, et aux 2-3 élèves allophones qui sont présentEs en pointillé dans la classe, et dont l’écart de niveau avec les élèves de classe ordinaire, est parfois titanesque. Enfin, de par la rigidité des emplois du temps, leurs heures d’intégration font manquer aux élèves des cours de l’UPE2A. Ainsi, beaucoup d’élèves n’ont droit qu’à 20h ou 22h de cours.
En parallèle, les enseignantEs de l’UPE2A doivent poser les bases de l’apprentissage du FLE avec un groupe classe toujours changeant.
Les enseignantEs des classes ordinaires se retrouvent démuniEs face à des élèves perduEs, et qui ne viennent qu’à une partie des cours de la semaine. Et les classes se retrouvent à 27.
Sous couvert d’égalité républicaine, on enlève des heures aux publics les plus en difficultés sans se soucier ni de leur scolarité, ni de celles des autres élèves dans des classes surchargées, ni des collègues,...

Manque de place, et problèmes d’affectation
Dans le même temps, le 93 manque cruellement de classes pour les élèves allophones. Ainsi, au fil des années, de plus en plus d’élèves sont affectés en classe ordinaire alors qu’ils/elles n’ont pas une maîtrise suffisante du français. CertainEs, très peu scolariséEs antérieurement, n’ont pas accès à une NSA. Enfin, la DSDEN met une pression importante sur les équipes pour faire sortir au plus vite les élèves des CLA/UPE2A, et les affecter en classe ordinaire.
Comme si la non priorité que représentent ces élèves pour la DSDEN n’était pas assez flagrante, à la rentrée 2017, la DSDEN a mis plus de 3 mois à affecter certainEs élèves, alors en attente depuis plus de 6 mois. Et il n’est pas rare que nous accueillions des élèves en attente depuis plus d’un an. Pendant ce temps, un nombre d’élèves important – que nous ne pouvons mesurer – disparaît, avant d’avoir été affecté.

Sud éducation 93 défend une autre vision de la scolarisation des élèves allophones

- La réouverture des classes d’accueil, avec 26h de dotation + 3h pour faire des demi-groupes ou de la co-animation ;
- La double-inscription de l’ensemble des élèves de classes d’accueil dans les classes ordinaires, afin qu’une place leur soit réservée quand ils/elles seront prêtEs à intégrer certains cours ;
- Une intégration au rythme de l’élève, pensée en concertation avec les équipes, l’élève et la famille ;
- Des heures Ex-NF dans tous les établissements accueillant des élèves allophones, pour permettre d’accompagner l’intégration en classe ordinaire ;
- Des ouvertures massives de classes d’accueils, en collège et en lycée, afin de réduire le nombre d’élèves dans ces classes, et de permettre l’affectation des élèves en 2 semaines maximum ;
- La reconnaissance du statut de professeur principal pour ces classes, et la fin des IMPs « Coordination UPE2A » ;
- La possibilité pour unE élève de passer une seconde année dans la classe d’accueil ;
- Le choix des familles et des élèves de retourner dans leur établissement de secteur, ou de rester scolarisé dans le collège de leur ancienne classe d’accueil.

SUD Éducation 93 invite tous les collègues de 93 à participer à l’AG pour la défense des classes d’accueil qui aura lieu le 3 octobre, à la bourse du travail local de Bobigny (arrêt T1, la Ferme), à 14h