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1 an et demi de déni de la crise sanitaire...
Article publié le 8 septembre 2021

Après deux mois de congés qui auraient pu permettre au ministère de préparer la rentrée, sur le terrain rien n’est prêt. Nos élèves du 93, déjà fragilisé·es par la crise qui a aggravé les inégalités sociales et scolaires du fait des milliers d’heures de classe perdues, doivent encore faire les frais de cet amateurisme. Cela montre une nouvelle fois l’irresponsabilité d’un ministère, soucieux de communications médiatiques mais incapable de répondre aux besoins des personnels et des élèves, ni de protéger leur santé.

En cas de reprise de l’épidémie, le protocole prévoit des demi-jauges et non les dédoublements par classe que les personnels avaient obtenus grâce à leur mobilisation et qui avaient permis de maintenir un lien plus régulier. Le ministre entend encore une fois imposer ses décisions arbitraires aux personnels, à l’image du manque de transparence sur les critères permettant de faire évoluer le seuil d’alerte.

La campagne de vaccination contre le covid-19 se montre d’ores et déjà défaillante. Dans une partie des établissements, les élèves ont dû remplir et rapporter l’autorisation parentale pour le vaccin seulement trois jours après la rentrée. Comment, en si peu de temps, les équipes enseignantes peuvent-elles répondre aux questions, expliquer et finalement faire preuve de pédagogie ?

Enfin, les mesures de distanciation sont inapplicables, comme la mise en place de l’éloignement des élèves dans les cantines sans moyens matériels et humains supplémentaires. Celle-ci a pour effet d’allonger le temps de travail des agent·es et de faire rater du temps de cours aux élèves.

Une campagne raciste

En cette rentrée laborieuse pour les personnels et usager·es, Blanquer n’a rien trouvé de mieux que de lancer une campagne raciste. En effet, les affiches « C’est ça la laïcité » attribuent aux élèves implicitement une identité religieuse supposée sur la base d’un prénom ou d’une couleur de peau, ce qui relève d’une logique de stéréotypes racistes et islamophobes. 

Les affiches présentent l’école comme permettant de réaliser un certain nombre d’activités épanouissantes et de favoriser le vivre-ensemble. En miroir, ce sont les différences entre les élèves qui sont présentées comme un frein supposé à celles-ci.

Ainsi cette campagne censée promouvoir la laïcité, mélange les thématiques dans une confusion dangereuse dans la ligne des manœuvres de l’extrême droite, ce qui est particulièrement alarmant, à l’approche des élections présidentielles.

Un manque de moyens grandissant de l’école à l’université

Contrairement à ce qu’a affirmé Blanquer sur France Inter le mercredi 1er septembre, le 93 ne bénéficie pas « de conditions plus favorables qu’ailleurs ». En effet notre département est le plus pauvre de France métropolitaine et le dédoublement des classes du cycle 2 en éducation prioritaire se fait au détriment des moyens alloués aux autres niveaux, des personnels de remplacements, des enseignant·es spécialisé·es, des personnels médico-sociaux.

Dans le premier degré, le manque de remplacements a été particulièrement criant en cette période de crise et le recours aux personnels contractuels est devenu la norme (plus de 700 dans le 93). Dans les collèges du 93, les seuils sont dépassés dans la plupart des établissements avec une moyenne de 24,5 élèves par classe (au lieu de 24) en éducation prioritaire et 28,5 élèves par classe (au lieu de 26) hors éducation prioritaire alors que la moyenne nationale est à 25,4, et que le ministère a supprimé 22 postes dans le 93. En outre, alors que les lycées généraux accueilleront 3497 élèves en plus, seuls 3 postes d’enseignant·es ont été créés sur l’académie.

Par ailleurs, nos élèves subissent les conséquences du manque de moyens donnés au pôle médico-social, qui s’ajoute à la défaillance de la protection de l’enfance. Ainsi, de nombreux établissements n’ont pas (ou seulement à temps partiel) de psychologue scolaire, d’assistant·e sociale, infirmier·ière, de médecin·cienne scolaire. Cela a de graves conséquences : des élèves qui ont faim, d’autres qui n’ont pas de matériel scolaire ou qui n’ont plus accès aux services de santé.

Enfin, les AESH, qui ont obtenu la création d’une grille de rémunération à avancement automatique grâce à leur mobilisation l’année passée, ne voient pour autant pas leurs conditions de travail s’améliorer ni leur salaire véritablement augmenter, en plus de rester exclu·es du fonctionnariat.

Les conditions d’apprentissage des élèves continuent à se dégrader, ainsi que les conditions d’exercice des personnels de l’éducation. N’oublions pas notre collègue Christine Renon, directrice d’école à Pantin, qui s’était suicidée il y a deux ans et qui avait dénoncé via une lettre la dégradation de nos conditions de travail. Après un rapport déplorable et tardif présenté par la hiérarchie en CHSCT, force est de constater que l’administration continue aujourd’hui de piétiner les droits des élèves et des personnels.

À l’opposé de cette politique d’austérité, SUD éducation 93 revendique un plan d’urgence pour la Seine Saint-Denis :

- des recrutements de personnels enseignant·es pour faire baisser le nombre d’élèves par classe et pouvoir assurer les remplacements

- des recrutements de personnels AESH, médico-sociaux avec un·e infirmièr·e et un·e Assistant·e de Service Social à temps plein dans tous les établissements et dans les écoles,

- des recrutements de personnels de Vie Scolaire pour améliorer l’accompagnement des élèves,

- une politique salariale à la hauteur : titularisation des précaires et augmentation des salaires !

- une politique de construction et de rénovation de bâtiments pour l’usage scolaire afin d’éviter la sur-population scolaire et d’assurer de bonnes conditions d’accueil des élèves y compris pendant les travaux

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