SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Trop longue ou trop courte, la laïcité n’est pas une affaire de jupe
Article publié le 21 juin 2016

Le syndicat Sud Éducation 93 a été informé de cas dans plusieurs établissements de Seine-Saint-Denis dans lesquels les équipes de direction appliquent une conception du principe de laïcité débordant largement le cadre fourni par la loi de 2004 concernant le port de signes religieux ostentatoires à l’école.

En effet, une élève du collège Courbet à Pierrefitte a été renvoyée chez elle pour se changer, l’obligeant à manquer des cours parce qu’elle portait une jupe longue. Dans d’autres établissements, des élèves qui portaient des djellabas ou des jupes longues ont été convoqué-e-s seul-e-s dans le bureau des administrations locales au prétexte de ne pas respecter la laïcité.

Les djellabas ne sont pas des signes religieux, ce n’est pas parce qu’un vêtement est porté en Afrique du Nord-Ouest qu’il s’agit d’un signe religieux. L’amalgame entre origine et religion est ici insupportable et conduit à assigner toute une population à une religion : où est la laïcité ? De même, la jupe longue n’est pas « une tenue qui manifeste ostensiblement une appartenance à la religion ». Nous estimons que cette conception de la jupe, qui peut être vécue comme discriminatoire, est malvenue. En effet, à quel moment la jupe longue passe-t-elle du statut de simple vêtement à celui de « signe religieux ostentatoire » ?

Les méthodes employées par ces directions d’établissement s’opposent à ce que prescrit la loi de 2004 : c’est à l’institution de prouver que la jupe longue ou la djellaba est un signe ostensiblement religieux. Si c’est le cas, l’institution doit ouvrir un dialogue avec les familles et non renvoyer des élèves chez elles et chez eux ni leur imposer de confrontation seul-e face à des chefs d’établissement qui leur demandent de retirer leur jupe ou leur djellaba pour pouvoir rester à l’école. Nous dénonçons ces pressions exercées principalement à l’encontre de jeunes filles qui iraient jusqu’à remettre en cause leur scolarisation.

Dans un contexte de progression de l’extrême-droite et de ses idées réactionnaires, nous nous inquiétons de voir que les représentant-e-s de l’Institution véhiculent des préjugés qui stigmatisent nos élèves injustement : non, les élèves de la Seine-Saint-Denis ne sont pas une « population à risque » et l’extrémisme ou le fanatisme que nous devons combattre s’étend bien au-delà des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis.

Plutôt que de se diviser, nous appelons parents, personnels et élèves à agir ensemble pour défendre l’école publique et laïque.
Alors que les établissements de Seine-Saint-Denis pâtissent d’un manque criant de moyens, que les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels se dégradent dans ce département laissé à l’abandon par les pouvoirs publics, nous réaffirmons notre objectif d’accueillir et de faire réussir tous les élèves, quelle que soit leur origine.
Exigeons une école à la hauteur de ses ambitions d’accueil de tou-tes les élèves.