SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Touche pas à ma ZEP : le 3 janvier, on continue !
Article publié le 4 décembre 2016

Vous trouverez dans cet article :

  • le tract et une affiche SUD Éducation 93 pour le 3 janvier
  • ici les photographies de la manifestation du 29 novembre, prises par Jean-Claude Saget
  • ci-dessous le dernier communiqué de presse du collectif
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Tract SUD Éducation 93
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Affiche SUD Éducation 93









Communiqué de presse du collectif « Touche pas ma ZEP » - Mardi 29/11 Publication d’une carte élargie des lycées en éducation prioritaire - Le Ministère n’a plus que 34 jours pour rendre sa copie

Une nouvelle journée de grève et de manifestation très suivie

Après les journées déjà réussies des 29 septembre, 10 octobre et 17 novembre, ce mardi 29 novembre était organisée une quatrième journée de grève à l’appel du collectif « Touche pas ma ZEP » et de l’intersyndicale nationale (CGT, SUD, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUEP-FSU, FO). C’est la seconde fois que la mobilisation prend une dimension véritablement nationale après la journée du 17 novembre.
- Le mouvement continue de s’amplifier : à ce jour, 87 lycées dans 14 académies ont signé l’appel « Touche pas ma ZEP ».
- La grève a été suivie massivement dans les Académies de Versailles et de Créteil, mais aussi dans l’Académie d’Aix-Marseille, à Toulouse, dans l’Oise, à Dreux, Lille, Rouen…Des personnels agents techniques des lycées se sont mis en grève aux côtés des enseignants, et la mobilisation a touché des personnels de collèges et d’écoles.
- A Paris, plus de 600 personnes (des personnels des lycées, mais aussi des écoles et collèges, ainsi que des parents d’élèves et lycéens) ont défilé, de Beaubourg jusqu’à République. Sur la place de la République, des enseignants ont mis en scène un conte de fées, racontant la manière dont la fée de Grenelle, Najat Vallaud-Belkacem, s’appuie sur les enseignants pour garantir par magie la réussite des élèves sans augmenter les moyens accordés à ces établissements, faisant ainsi fi des études édifiantes du mage Bourdieu sur les inégalités sociales de réussite scolaire (voir texte en pièce jointe).
- Des manifestations ont eu lieu aussi à Marseille, Dreux, Lille et Rouen.

Les annonces de la Ministre du 28 novembre relèvent de l’enfumage

Le 28 novembre, à Marseille, la Ministre a fait de nouvelles annonces. Les précédents communiqués consécutifs aux premières journées de mobilisation concernaient les indemnités des personnels et les bonifications de points pour les mutations des enseignants. Le CP du 28/11 de la Ministre confirme ses annonces précédentes. Une nouveauté cependant : la Ministre évoque le « maintien de tous les moyens supplémentaires dont bénéficient les lycées de l’éducation prioritaire ». Elle annonce également avoir « décidé d’allouer une dotation exceptionnelle de 450 emplois nouveaux à la rentrée 2017 pour les lycées et les lycées professionnels les plus défavorisés ».

Le collectif « touche pas ma ZEP » considère que ces annonces relèvent de la gageure et ne traitent pas le problème qu’il soulève :

Au sujet des indemnités et les bonifications pour les mutations :
Leur prolongation pour deux ans relève d’une « clause de sauvegarde » qui signifie en fait la fin de tout dispositif d’éducation prioritaire pour les lycées à très court terme. Ce qui est présenté comme une avancée pour ces lycées revient en fait à avaliser leur disparition.

Au sujet du maintien des moyens pour les « lycées de l’éducation prioritaire » :
Il n’y a plus de lycées classés « éducation prioritaire » depuis 2015 (conséquence de la réforme de 2014) et par conséquent pas non plus de moyens particuliers affectés au titre d’un statut particulier. La Ministre promet le maintien de moyens alors même qu’aucun décret, aucun arrêté n’existe actuellement, pas même en école ou collège REP ou REP+, pour déterminer des moyens contraints et pérennes pour les établissements dits prioritaires. La ministre ne peut se référer ici à aucun texte réglementaire (ce qu’elle fait en revanche pour les indemnités et les bonifications), et ne peut donc apporter aucune garantie quant à ses promesses !

Concernant l’annonce d’emplois nouveaux :
Première limite – et de taille –, cette annonce ne concerne que la seule rentrée 2017 ; les années suivantes reposent donc sur une incertitude majeure et cette annonce est donc sujette à caution !
Par ailleurs, la référence subjective aux « lycées les plus défavorisés » ne renvoie à aucune catégorie juridique de l’éducation nationale. Un représentant du cabinet du Ministère Eric Tournier a déclaré devant l’intersyndicale d’Aix-Marseille qu’il se refusait à donner une liste des lycées qui bénéficieraient de cette mesure exceptionnelle. Sous son apparente clarté, l’annonce gouvernementale est donc en réalité proche de l’absurde : quel sens y a-t-il à annoncer des moyens supplémentaires si l’identité des bénéficiaires est tenue au secret ? Et quel sens y a-t-il à dissimuler le contenu de cette liste ? Une certitude cependant : les lycées qui n’ont aucun label, mais qui devraient légitimement relever de l’éducation prioritaire, en seraient d’emblée exclus. Enfin ces emplois nouveaux, loin de garantir une baisse conséquente des effectifs par classe, permettront tout juste d’absorber la croissance démographique, sans fournir de moyens réellement supplémentaires.

Concernant la principale revendication du collectif, à savoir la publication d’une carte élargie des lycées en éducation prioritaire avec un label contraignant en termes de moyens :
La Ministre renvoie cette question à un éventuel (et plus qu’incertain) prochain quinquennat, ce qui est totalement inacceptable ! La publication de cette carte a en effet été annoncée officiellement en 2014 par Vincent Peillon, alors Ministre de l’éducation nationale, qui réagissait – déjà ! – à la mobilisation des lycées qui demandaient à intégrer l’éducation prioritaire. (Voir BO du 5 juin 2014). Il semble qu’il soit plus que temps de la publier.

Ces annonces ne peuvent donc constituer une réponse satisfaisante aux revendications du collectif « Touche pas ma ZEP », à savoir la publication avant 2017 d’une carte élargie des lycées en éducation prioritaire avec un label contraignant garantissant des moyens pérennes (effectifs par classe limités, maintien des dédoublements et de tous les projets, vie scolaire…)

Les décisions d’AG et la suite du mouvement

250 enseignants se sont réunis en AG à la Bourse du travail de République. Plusieurs décisions en sont ressorties :
L’AG de grévistes a voté à l’unanimité l’annonce d’un ultimatum pour la rentrée de janvier, assorti d’une décision de grève reconductible à partir du 3 janvier 2017 (jour de la rentrée) si le collectif n’obtenait pas d’ici là une carte élargie de l’Education Prioritaire, avec un label contraignant en termes de moyens.
L’AG de grévistes fera une demande écrite à Najat Vallaud-Belkacem, lui réclamant le paiement des jours de grève, puisque la Ministre a déclaré que "les professeurs des lycées ZEP ont raison de se mobiliser".
Dans l’éventualité où la ministre n’agréerait pas immédiatement notre demande, l’AG de grévistes a décidé de mettre en place des caisses de grève pour se préparer à la grève reconductible de janvier.

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