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Spécial masterisation
Article publié le 23 novembre 2009

Affirmer la rupture

Le gouvernement a lancé une politique de contre-réformes qui touche l’école de la maternelle à l’Université. Avec la masterisation, ce sont nos statuts qui sont directement attaqués aujourd’hui. A moyen terme, la fonction publique d’Etat sera menacée, avec tout ce que cela implique de flexibilité, de précarité et de dégradation des conditions de travail pour les nouveaux personnels précaires, mais aussi pour les fonctionnaires en poste. Nous avons des exemples dans l’actualité qui nous montrent les conséquences d’un travail qui perdrait toute valeur sous les coups de politique de rationalisation ayant pour seule considération la logique comptable. Mais il y a plus encore. La masterisation provoquera, à l’opposé des arguments gouvernementaux, une dégradation de la formation des enseignants. Ce qui est donc à craindre, c’est une diminution de la qualité du service public d’éducation. Ce gouvernement n’est pas tout à fait un gouvernement comme les autres. Confronté à la plus grave crise économique de ces cinquante dernières années et à la nécessité de réduire coûte que coûte les dépenses de l’Etat pour coller aux politiques libérales de l’Union européenne, il a choisi de laisser dépérir les services publics pour mieux soutenir les intérêts du secteur privé. Pour arriver à ses fins, il est décidé à imposer des techniques de gestion importées du management, qui se traduisent entre autres par la mise en place de l’évaluation, de la rentabilité ou par les tentatives d’imposer des savoirs, rebaptisés « compétences » dans une opération qui n’est pas purement sémantique, car il s’agit de les rendre directement utiles et donc monnayables sur le marché du travail. Tout cela se déroule par ailleurs dans un contexte de renforcement du pouvoir hiérarchique, d’autonomie et de concurrence entre les établissements, mais aussi entre les équipes pédagogiques ou de recherche dans le supérieur. Plutôt que d’un simple retour en arrière, il s’agit d’une transformation nouvelle (néolibérale) de l’école réduite à un marché de la formation. Si nous n’y prenons garde, notre métier ne consistera bientôt plus qu’à positionner sur le marché des jeunes se sachant d’avance promis à un avenir qui ressemble déjà à un« grand nulle part ». Ne nous y trompons pas : l’école a toujours été celle de la reproduction sociale et du capitalisme. Mais les dirigeants ont dû par le passé faire avec des rapports de force qui leur étaient moins favorables. Nous savons que rien n’est jamais acquis dans une société de classe. A présent, c’est l’idée même d’une éducation fondée sur la solidarité et l’égalité qui est en cause au profit de l’intérêt particulier. Sud éducation Créteil pense qu’il faut affirmer clairement une volonté de rupture avec le gouvernement et organiser le refus. Car il ne peut rien y avoir à négocier aujourd’hui, sauf les conditions de la régression sociale.

C’est pourquoi nous appelons à créer les conditions de la lutte contre les réformes néolibérales du système d’éducation. La grève du 24 novembre peut être une première étape si nous savons lui donner des suites. Dans cette perspective, nous proposons la création d’états généraux de l’éducation.

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