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Retraites 2010 Contrevérités 2 : Nos impôts pour de l’intox !
Article publié le 9 mai 2010

Argument 1 – L’allongement de la durée de vie implique nécessairement celle de la durée du travail sur
la vie entière.

FAUX ! Entre 1870 et aujourd’hui, l’espérance de vie a presque doublé en France ; pourtant, sur la même
période, le temps annuel de travail a été quasiment divisé par deux ET la durée du travail sur l’ensemble de la
vie s’est réduite, du fait de l’allongement de la scolarité et de l’institution des retraites. Il est donc possible de
vivre de plus en plus vieux en travaillant de moins en moins ! C’en est d’ailleurs une condition.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la productivité du travail augmente : on produit de plus en plus par
unité de temps de travail (heure, journée, année, individu sur une vie entière), en faisant travailler davantage les
machines et moins les hommes.

Argument 2 – L’allongement de la durée du travail et de la durée de cotisation est rendu nécessaire par
la baisse du rapport entre le nombre des retraités et celui des cotisants ou encore le nombre des inactifs
et celui des actifs. En effet, alors qu’il y avait 4 cotisants pour un retraité en 1950, il n’y en a plus
aujourd’hui que 1,75 et il n’y en aura plus que 1,2 en 2050 !

AUTRE FAUSSE EVIDENCE ! A ce compte, nous devrions déjà tous être morts de faim … et depuis
longtemps ! Au début du XXe siècle, en France, un actif sur deux l’était dans le secteur agricole : un actif
agricole se nourrissait lui-même et nourrissait un autre actif non agricole.
Aujourd’hui, il en nourrit une
trentaine puisqu’il n’y a plus que 3 % des actifs dans le secteur agricole. Plus généralement, un actif peut
produire suffisamment de richesse de manière à entretenir un nombre croissant d’inactifs.

Comment est-ce possible ? Là encore, grâce aux gains de productivité. Avec 1 % de gain de productivité par
an, la productivité par travailleur double en 70 ans ; avec 1,5 % de gain, elle double en 47 ans ; avec 2% elle
double en 35 ans. Au rythme actuel d’accroissement de la productivité, compris entre 1,5 et 2 %, un actif
aujourd’hui produira entre 2 et 2,2 fois plus de richesse sociale en 2050 qu’aujourd’hui. Conclusion : tout en
diminuant, le nombre des actifs pourra entretenir un nombre d’inactifs supérieur à celui que l’on prévoit pour
2050 !

D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle on peut aujourd’hui entretenir deux fois plus de retraités avec
proportionnellement 2,3 fois moins d’actifs, comme les données précédentes l’indiquent !

Argument 3 – L’allongement de la durée du travail et de la durée de cotisation est rendu nécessaire par
le déficit actuel de l’assurance vieillesse (plus de 10 milliards d’euros en 2009) et pour sauver cette
dernière de la faillite (sa dette cumulée sera de 50 milliards à l’horizon 2013).

MENSONGE PAR OMISSION ! Cette dette n’est pas due à des raisons démographiques, mais à des raisons
politiques : au fait qu’on ne prélève pas sous forme de cotisations sociales et d’impôts ce qui peut et doit être
prélevé ! Car, s’il est des chiffres dont on parle, il en est d’autres que l’on tait curieusement. Par exemple :

La part des salaires (directs et indirects, incluant les cotisations sociales) dans la valeur ajoutée (le supplément
de richesse produit au cours d’une année) est actuellement de 65 %, soit près de 9 % de moins que ce qu’elle
était au début des années 1980 et 4 à 5 % de ce qu’elle était dans les années 1960, en pleine période de
croissance des Trente Glorieuses. En 2008 (derniers chiffres connus), cela faisait un manque à gagner pour les
salaires de 60 à 75 milliards d’euros par rapport aux années 1960 et quelque 135 milliards d’euros par
rapport au début des années 1980 - qui n’ont pas été perdus pour tout le monde, puisqu’ils sont venus grossir les
bénéfices des entreprises et les revenus de leurs actionnaires.

Selon un récent rapport de la Commission de finances du Sénat, l’ensemble de « niches sociales » (des
exonérations de cotisations sociales des entreprises) engendrera un manque à gagner de 42 milliards d’euros
en 2009 pour l’ensemble des organes de protection sociale. Tandis qu’un autre rapport de la Commission des
finances de l’Assemblée nationale évalue à 73 milliards d’euros le montant des « niches fiscales » (des
exonérations d’imposition à des titres divers, dont la majeure partie bénéficie aux très hauts revenus).

Conclusion : Il y a dores et déjà largement de quoi financer l’assurance vieillesse tout comme d’ailleurs
l’assurance maladie. La dette de l’une et de l’autre ne tient pas à ce que la richesse socialement produite serait
insuffisante, mais à ce qu’elle est TRES inégalement répartie.

Argument 4 – une dose de retraite par capitalisation est nécessaire pour sauver la retraite par répartition
et pour permettre à chacun de se constituer un capital (une épargne-retraite) et de prendre sa retraite
quand il le veut.

ILLUSION ! Tout système de retraite par capitalisation revient à confier son avenir à des marchés financiers.
Or, on a bien vu récemment que ces marchés répondent essentiellement à des processus spéculatifs qui
conduisent d’autant plus inévitablement à la catastrophe (le krach) que leur croissance a été antérieurement
générée par un boom irrationnel (sans rapport avec celle de l’économie réelle sur laquelle ils reposent pourtant
en dernier recours). Là où des régimes par capitalisation ont été institués, les retraités et futurs retraités ont vu
leurs pensions ou futures pensions de retraite fondre comme neige au soleil ou tout simplement disparaître.

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Nos impots pour de l’intox