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Réforme des rythmes scolaires : tout le monde y perd
Article publié le 9 janvier 2013

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tract - Réforme des rythmes scolaires : dans le primaire, tout le monde y perd !
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Rythmes scolaires : Ne Peillons pas

Le projet du Ministère sur les rythmes scolaires à la rentrée 2013 ou 2014 :
- >4 journées de classe de 5h30 maximum avec 1h30 minimum de pause méridienne + ½ journée de 3h30 maximum de classe le mercredi matin, ou sur dérogation, le samedi matin.
- >Les AP sont remplacées par des activités pédagogiques complémentaires : APC (36h annualisées devant élèves + 24h de réunions) définies par le conseil d’école ou par les communes, le cas échéant dans le cadre d’un Projet Educatif Territorial (PET).

Quelles conséquences pour les personnels ?

Ce projet détériore les conditions de travail et de vie :

Des enseignant-es et des AVS et EVS :

- >Par une augmentation de l’amplitude de travail, des temps de trajet, des frais (transport, garde d’enfants) ;
- >Par des difficultés supplémentaires dans l’organisation des temps partiels ;
- >Par le biais des APC : une partie de nos heures de travail, pourra être déterminée par les villes dans le cadre d’un PET !
- >Si 24h, dans les 60 d’APC, sont consacrées à des temps de réunion (une façon de reconnaître le « travail caché des enseignant-es »), une partie de ces 24 h sera consacrée au dispositif « plus de maîtres que de classe » et à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, l’attribution de « moyens » ne se faisant plus sur besoin, mais uniquement sur projet !!
- >Quant aux animations pédagogiques, elles, ne seront plus que de 9h maximum - quand auront-elles lieu ?!- et la formation continue (9h au moins) se fera, pour tout ou en partie, à distance et sur des supports numériques !!

Des animateurs, animatrices :

- >Par une réorganisation de la semaine qui va complètement bousculer leurs horaires et va alourdir l’accueil des enfants sur le temps de la pause méridienne allongée.
- >Par un nouveau décret qui prévoit d’abaisser le taux d’encadrement pour les activités péri-scolaires : passage d’un adulte pour 10 enfants à 14, pour les moins de 6 ans, et d’un adulte pour 14 enfants à 18 pour les plus de 6 ans.

Des agents des écoles :

- >Sans recrutement, l’occupation des salles le mercredi matin augmentera la charge de travail sur une demi-journée le mercredi après-midi et posera des problèmes pour les congés, les RTT...

Une amélioration pour les élèves et les parents ?

Si nous ne pouvons en rester à la semaine actuelle, le décret n’améliore en rien les conditions d’apprentissage des élèves. Pour eux, la réforme, c’est :
- >Des programmes toujours aussi lourds et inadaptés.
- >Des journées aussi longues avec les APC, le passage de la pause méridienne à 2h, voire 3 dans certaines villes
- >Un manque criant de RASED, de médecins scolaires.
La réforme maintient les élèves dans les mêmes logiques d’échec scolaire...
- >Aucune garantie sur la qualité de la prise en charge péri-éducative
- >Une inégalité territoriale renforcée et une accentuation des inégalités sociales puisque « le caractère gratuit ou payant des activités périscolaires dépendra des collectivités territoriales » et qu’elles ne seront pas obligatoires.
Par ailleurs, on ne peut pas parler du rythme des enfants sans parler de celui de leurs parents et une réforme des rythmes scolaires ne peut se faire sans débat sur le rythme de toute la société. Tout au long du 20ème siècle, les rythmes des élèves se sont adaptés au rythme de la société, intégrant le passage d’une société agricole à une société massivement urbaine et à la baisse généralisée du temps de travail. Il faut remettre en cause l’organisation d’emplois de week-end, de nuit, fracturés, précaires, sous payés, et le chômage massif qui nuisent massivement au rythme de vie de nos élèves.
Il faut remettre en cause le coût de plus en plus délirant du logement qui empêche les familles d’habiter près de leur lieu de travail, imposant des temps de trajet qui s’ajoutent au temps de travail et aboutissent à ce que des enfants voient de moins en moins leurs parents.

Avec cette réforme, c’est encore plus d’inégalités territoriales !

« La réforme des rythmes doit agir comme un levier pour faire évoluer le fonctionnement de l’école autour d’un projet éducatif territorial », annexe du projet de loi d’orientation. Ainsi, une partie de nos heures de travail pourra être déterminée par les villes dans le cadre d’un PET ! De plus, un nouveau décret fixera le poids des collectivités territoriales dans les Conseils d’Ecole. Pour SUD, c’est inacceptable : les communes n’ont pas à avoir de pouvoir sur l’organisation de notre temps de travail ni à interférer avec le pouvoir décisionnel des équipes pédagogiques !! Nous ne pouvons dépendre des aléas d’une politique locale ! Cette logique de territorialisation est déjà à l’oeuvre dans le secondaire avec le pilotage des cartes de formation professionnelle et la prise en charge des services d’orientation par les régions. Enfin, le discours ministériel sur l’éducation prioritaire (tantôt « délabélliser », tantôt créer un nouveau zonage calqué sur celui de la ville, tantôt individualiser les moyens par « une aide personnalisée aux établissements ») menace nos garanties collectives en matière d’effectifs, de seuils.

Avant d’envisager le changement des rythmes scolaires, les élèves et les personnels ont besoin de mesures d’urgence pour l’école publique

- >Maintien des seuils d’ouverture de classe
et extension du classement ZEP à toutes les écoles qui en ont le profil sociologique et éducatif (qui n’en bénéficient pas actuellement).
- > Réduction du nombre d’élèves par classe
pour pouvoir être au plus près des besoins éducatifs du groupe-classe qui nous est confié et affectation de 5 maîtres-ses pour 4 classes.
- > Augmentation des dispositifs d’aides et de prévention
pour les élèves (RASED-médecins scolaires, etc.)
- > Augmentation significative des salaires des personnels (au moins 300€/mois).
- > Respect de la liberté pédagogique, de l’indépendance des enseignant-es et du pouvoir décisionnel des équipes enseignantes par rapport aux collectivités territoriales.
- > Recrutement immédiat d’enseignant-es titulaires remplaçant-es "pour garantir le droit des personnels à être remplacé en cas de congés maladie, de stages, de formations continues et assurer les droits syndicaux"
- > Le développement d’une formation continue de qualité sur le temps de service

Concernant les rythmes scolaires, SUD éducation Créteil pose comme préalable à tout changement :

- > L’abandon de la réforme Peillon sur les rythmes scolaires.
- > La tenue d’un vrai débat national avec tous-tes les enseignant-es, les parents d’élèves et les salarié-es concerné-es par cette question.
- > La suppression de l’aide personnalisée, sans la mise en place des activités pédagogiques complémentaires (dispositif inadapté au traitement des difficultés scolaires qui rend les journées trop longues), donc la baisse des obligations de service des enseignant-es.
- > Le refus des projets éducatifs territoriaux, qui permettent l’intervention des collectivités territoriales dans les choix pédagogiques des enseignant-es.
- > La mise en place d’activités sportives et culturelles gratuites assurées par les associations d’éducation populaire (et des personnels titulaires) pour tous les enfants après la classe.
- > Contre l’inégalité de traitement entre communes, mise en place d’une péréquation nationale dédiée au financement des activités péri-scolaires sur toutes les écoles du territoire. Tous les enfants doivent avoir accès à des activités socio-culturelles, artistiques et sportives de même qualité.

SUD refuse  :

-> La territorialisation de l’éducation.
-> La mise en place des projets éducatifs territoriaux (PET)

SUD exige des garanties :

- > Une diminution importante de l’amplitude horaire de la journée de classe.
- > Aucune annualisation du temps de travail.
- > L’organisation des heures de concertation et d’animation pédagogique sur une ½ journée vaquée par les élèves toutes les 3 semaines.

Nous revendiquons :

- > L’abrogation du décret sur les rythmes scolaires et l’abandon du projet de loi d’orientation
- > Le retrait des mesures Darcos-Chatel,
- > Des embauches massives à tous les niveaux (classes, RASED, remplaçants-titulaires) et la création d’un statut de fonctionnaire titulaire pour les AVS, EVS et autres précaires de l’éducation nationale.
- > Une réduction du nombre d’élèves par classe,
- > La titularisation sans conditions et une formation de qualité pour les animateurs des temps périscolaires
- > une école émancipatrice (sans socle commun ni programmes 2008)

SUD Education Créteil appelle
l’ensemble des personnels à la grève nationale le 12 février
 Pour l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires ;
 Pour l’abandon du projet de loi d’orientation sur l’école,
 Pour une amélioration des conditions de travail et de rémunération,