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Remplacements des enseignant-es du 1er degré : des brigades sous pression !
Article publié le 24 février 2017

« J’habite à Noisy et le matin je suis à Pantin, l’après midi à Saint-Denis. » - Une brigade départementale sous tension.

L’expression « Brigade Départementale » ou « BD » désigne les contingents d’enseignant-e-s qui sont appelé-e-s à se déplacer dans tout le département, pour effectuer des remplacements de plus ou moins longue durée.

Les BD vont craquer !
L’année 2016-17 aura fait monter d’ un cran la pression pour les brigades départementales. Toute l’année, ces collègues sillonnent l’ensemble du département pour des missions de plus en plus courtes avec pour conséquences : une fatigue et un isolement de plus en plus grands.
Les témoignages des BD sont unanimes : plus de stress, d’ordres arbitraires, d’erreurs d’affectation de l’administration , peu de remplacements longs, peu de contacts avec les collègues, des classes qui vont de plus en plus mal, des heures supplémentaires qui s’accumulent à cause de la réforme des rythmes scolaires et qu’ils et elles ne peuvent pas récupérer faute d’information nécessaire pour le faire.

Les missions des remplaçant-e-s
Les remplacements des collègues en congé ou en formation sont effectués par les ZIL (Zones d’intervention localisé) et par les brigades (Brigade départementale, brigade REP+, ASH…).

Auparavant, les collègues brigades départementales étaient souvent affecté-e-s sur des remplacements longs. Aujourd’hui elles et ils se retrouvent sur des remplacements courts, avec une plus grande pression de leurs chef-fe-s et une grande désorganisation du service quand :
- le remplacement est déjà effectué par un-e ZIL,
- personne de l’équipe n’est au courant de leur arrivée dans une école,
- il faut changer de classe chaque jour pour remplacer les départs en formation REP+.

Alors même que SUD Éducation 93 a fait le constat qu’il manque encore 500 postes de remplacement sur le 93 pour assurer tous les remplacements et sortir de la précarité, l’élargissement des zones de remplacement annoncé par la ministre le 25 août 2016 a porté un coup de plus à la dégradation des conditions de travail des remplaçant-e-s.

L’embauche massive de contractuel-les principalement affecté-e-s sur des missions de remplacement et notamment des remplacements longs, en plus de généraliser la précarité, a eu pour effet de fragiliser le statut des enseignant-e-s titulaires ; et de diviser les personnels en distendant les liens de solidarité entre collègues.

De plus, ce dispositif permet à chaque circonscription de faire croire aux parents d’élèves que l’éducation nationale peut faire appel à des dizaines de remplaçant-e-s, grâce à un important vivier, alors qu’en fait, il n’en est rien !
Bien souvent ces remplaçant-e-s sont celles et ceux qui couvrent déjà d’autres villes. C’est pourquoi elles et ils ne peuvent arriver du pôle RRF (Recrutement Remplacement Formation, pôle chargé de la gestion des moyens de remplacement) que vers 11 heures du matin, soit une fois que pratiquement la moitié de la journée est passée.

L’année prochaine, sur 190 postes de remplacement créés dans le département tous seront des postes de Brigade Départementale.

Pourquoi ? Le ministère de l’Éducation National a décidé de départementaliser l’intégralité de la gestion des remplacements et de faire disparaître les ZIL, rattaché-e-s, à une circonscription. Cette mesure vise à « rationaliser les remplacements », en élargissant la zone d’intervention des remplaçant-e-s pour faire des économies d’échelle.
Le DASEN du 93 a affirmé que cette mesure ne serait pas mise en œuvre à la prochaine rentrée dans le département mais il n’y a aucune garantie qu’elle ne soit pas mise en place l’année suivante. Par ailleurs, aucun poste de ZIL n’a été créé pour 2017-18 dans le département.

Pour SUD Éducation, il s’agit bien d’une régression des conditions de travail des collègues. Ses effets ? Allongement des temps de transport, stress accru, éloignement des collègues et distances importantes à parcourir entre les écoles, abus de pouvoir réguliers de la hiérarchie intermédiaire, management pressurant et arbitraire.

C’EST POURQUOI, SUD ÉDUCATION REVENDIQUE :

- L’embauche massive de remplaçant-e-s titulaires pour remplacer toutes les absences.

- La titularisation sans condition de concours ni de nationalité des contractuel-le-s.

- La suppression des mesures d’élargissement des zones d’intervention des remplacements.