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District 4 - journal militant du nord de la Seine-Saint-Denis (Aulnay, Sevran, Tremblay, Villepinte) - juin 2016
Article publié le 30 juin 2016

3e numéro de District 4, le journal militant du nord de la Seine-Saint-Denis (Aulnay, Sevran, Tremblay, Villepinte). Ecrit par la section Sud District 4.

Edito
A l’heure du passage en force généralisé

Le 10 mai, le gouvernement a annoncé le recours au 49-3 pour accélérer l’adoption de la « loi Travail », abrégeant ainsi le débat parlementaire. Ce « coup de force » constitutionnel, utilisé alors même que la mobilisation contre cette casse du code du travail ne faiblit pas, illustre la politique d’un gouvernement sourd aux revendications populaires.

Non content d’envoyer sa police réprimer violemment les manifestations de lycéen-nes, étudian-tes, travailleur-euses et retraité-es, faisant des dizaines de blessé-es, le gouvernement utilise également la force parlementaire dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Et ce, alors même que les discours officiels nous font la promotion d’un hypothétique « dialogue social ». Face au rejet d’une politique de destruction des services publics et des droits, même les faux-semblants habituels disparaissent.

Cette attitude de mépris face au monde du travail est malheureusement habituelle dans l’Education nationale en Seine-Saint-Denis. Combien de lettres écrites collectivement en salle des profs et envoyées au rectorat sont restées sans réponse ? Combien d’audiences généreusement accordées par un-e chef-fe académique ont simplement servi à refuser méthodiquement chacune des demandes portées par les représentants-tes des enseignants-tes ? Combien de grèves courtes, même massives, ont été traitées sans la moindre considération par le rectorat et/ou le ministère, ceux-ci attendant tranquillement que la mobilisation se tasse ?

Et quand un établissement se montre plus déterminé, comme lors du mouvement destiné à sauver des emplois d’agent-es d’entretien au lycée Jean-Rostand de Villepinte, quand la solidarité se construit entre profs, élèves, agent-es, parents, que fait le pouvoir ? Il envoie, encore, sa police, qu’elle soit académique (Equipes Mobiles de Sécurité), municipale ou nationale.

Le durcissement de l’attitude autoritaire de l’Etat et de ses représentations locales a lieu dans un contexte où la lutte est plus que jamais nécessaire. La précarisation de plus en plus grande des professeurs-res contractuels-elles, des assistants-tes d’éducation ou des agent-es à coups de contrats courts et/ou non-renouvelables, les conditions de travail qui se détériorent en raison du refus d’accorder les moyens nécessaires à la réussite de toutes et tous les élèves, l’accumulation de réformes inopérantes continuent de détériorer un service public de l’éducation déjà bien malade.

Pourtant, de l’argent, il y en a, et des idées aussi.

A l’heure du passage en force généralisé, opposons une résistance générale pour une éducation émancipatrice dans une société juste !

Sommaire :

- Les AED du district bougent la Seine-Saint-Denis, p. 2.
- Deux semaines de grève pour les agent-es au lycée Rostand à Villepinte, p. 3.
- Écho des bahuts, Les-Mousseaux et Jean-Jaurès à Villepinte ; Jean-Zay
et Victor-Hugo à Aulnay, pp. 4-5.
- « On attendait depuis longtemps que quelque chose se passe », entretien avec des agentes grévistes du lycée Jean-Rostand à Villepinte, pp. 6 à 9.
- Les droits des AED, pp. 10-11.