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Déclaration liminaire au CTSD du 24 juin
Article publié le 24 juin 2016

CTSD du 24 juin 2016
Déclaration de SUD Education 93

Monsieur le Directeur académique de Seine-Saint-Denis,

Nous l’avions déjà dit le 29 janvier dernier ; la dotation pour cette rentrée 2016 est insuffisante. Lors du GT, les organisations syndicales vous ont fait part des remontées des écoles qui sont préoccupantes au niveau des seuils. Avec vos propositions envoyées ce lundi, nous remarquons que de nombreuses écoles et équipes ont été oubliées.
Nous demandons à ce que les écoles venues ce matin devant la DSDEN soient reçues par vos services et que leurs demandes légitimes soient entendues.

Bilan de l’année et prévisions rentrée 2016/2017

Nous allons commencer par un rapide bilan de l’année écoulée.
Cette année scolaire, nous avons encore été très loin des promesses du gouvernement concernant les moyens pour le premier degré.
En effet, l’année 2015/2016 a encore été très difficile pour les élèves et enseignant-e-s de Seine-Saint-Denis dont les conditions de travail et d’apprentissage ont été catastrophiques.
Les faits sont là :
- dépassement des seuils dans plus d’une centaine d’écoles
- des milliers de journées où les élèves sont répartis dans les classes alors surchargées, faute de remplaçant-e-s : et cela pas seulement lors du pic des absences de janvier février liées à des congés maladie. La situation est identique à la fin de l’année scolaire. Et aujourd’hui comme la semaine dernière alors que je suis représentant de nos collègues je ne suis pas remplacé pour pouvoir siéger dans cette instance.
- une mise en place d’un pôle de remplacement inefficace avec des remplaçant-e-s arrivant à 11h sur les écoles...
- une précarité du métier toujours présente : plus de 300 contractuel-le-s non formé-e-s
- une réforme des rythmes scolaires qui fatigue les enseignant-e-s et les enfants avec des activités périscolaires inégales d’une commune à l’autre et loin des promesses de cette réforme.
La réforme de l’éducation dite prioritaire est une supercherie : attribution d’un-e maître-se supplémentaire conditionnée à un projet et en nombre insuffisant, formation REP+ en deçà des propositions : 6 jours au lieu de 9, faible scolarisation des TPS car soumis à projets,
- des RASED et UPE2A en nombre insuffisant
- l’absence de formation continue.
- sans parler des manques d’AVS, d’assistant-es de directions qui sont hélas toujours en contrats précaires …

Bref, nous sommes bien loin des besoins du 93 et des promesses du Ministère de l’Education nationale.

Pour la rentrée 2016 cela ne s’annonce guère mieux malgré votre discours sur une amélioration "qualitative" des conditions de travail pour les enfants et les personnels.

En effet, 2227 élèves en plus sont prévus dans le département à la rentrée. Pour que les seuils de classe soient respectés dans toutes les écoles, il faudrait 200 postes alors que vous ne prévoyez que 102 ouvertures de classes. Comment assurer une rentrée de qualité pour nos élèves comme vous nous l’aviez promis avec des seuils de classe non respectés dans des centaines d’écoles ?
De plus, en réponse à ces dépassements de seuils, de nombreux élèves et leurs familles sont désectorisés pour un ou deux ans, puis renvoyés dans l’école de secteur en fonction des aléas des chiffres, qu’en est-il de la qualité de l’enseignement pour ces élèves-là qui sont déjà victimes des inégalités territoriales ?
Des équipes sont contraintes d’organiser des double niveaux GS/CP ; Ce n’est pas acceptable d’imposer ces doubles niveaux pour économiser quelques postes !

Dans l’éducation prioritaire, 184 postes sont nécessaires pour ouvrir des TPS dans toutes les écoles REP et REP+. Vous prévoyiez 25 postes de TPS au CTSD de janvier, seulement 20 sont nommés d’après les documents prévisionnels du CTSD de juin. Où sont les 5 postes manquants ? Et comment prétendre à une rentrée de qualité en créant seulement 20 TPS sur tout le département ?

Vous prévoyez 113 postes de maître-sses supplémentaires alors que 300 sont nécessaires pour toutes les écoles de l’éducation prioritaire du département. Une fois de plus, le compte n’est y pas pour assurer une rentrée de qualité à nos élèves.

Quant aux postes de RASED, ils sont largement insuffisants et incomplets dans tout le département : 15 créations seulement prévues, il en manque 230 pour couvrir les besoins du 93 !
Les élèves en difficultés, déjà victimes des inégalités territoriales, subissent par conséquent une double peine. Comment peut-on leur promettre un enseignement qualitatif alors que beaucoup d’élèves ayant besoin des ces réseaux ne verront jamais de maître-sse E, G ou psychologue scolaire, en voie de disparition dans certaines circonscriptions ?

Concernant les remplacements, vous proposez 110 postes alors qu’au moins 300 en plus sont nécessaires pour résorber la précarité et assurer un minimum de remplacement.

Pouvez-vous nous indiquer où est la qualité que vous annonciez lors du groupe de travail de la semaine dernière dans ces propositions ?
Privilégier les remplacements face aux seuils de classe, auquel toutes les enseignantes
et les enseignants de Seine-Saint-Denis sont attachés suite aux mobilisation de 1998, est-ce réellement un choix qualitatif ?
Pour nos collègues et pour SUD Education la qualité rime avec quantité.
La qualité ce n’est pas les dépassements de seuils : vous choisissez de les appeler « repères » pour pouvoir les dépasser comme vous le souhaitez. Mais tous les collègues du 93 ne sont pas dupes de ce changement de vocable.
Quand allons-nous arriver, via ce changement de terme, comme c’est le cas dans le Val-de-Marne, à des dizaines de classes avec plus de 30 élèves ? D’ailleurs nos collègues du département voisin se sont mobilisés ces dernières semaines face à ces mesures injustes. Tout comme nos collègues et les parents d’élèves du département, qui lorsque reçus par vos services ne sont guère entendus.
Combien de temps allez-vous faire la sourde oreille aux demandes de ces collègues ?

Vous disiez la semaine dernière que le groupe de travail était un moment de dialogue et d’échanges d’informations entre nos organisations syndicales représentant les collègues et vos services afin d’organiser au mieux la rentrée scolaire. En recevant vos documents pour ce CTSD, nos collègues et notre organisation sont persuadés que nous ne sommes pas entendus !

Nous demandons à ce que la dotation 2016 soit revue à la hausse au niveau du ministère.

Tout comme les revendications des collègues vis à vis de leurs salaires.

Car cette ridicule augmentation du point d’indice que les agents de la fonction publique reçoivent : 1,2% d’augmentation après 6 années de gel et une augmentation des cotisations. Hasard du calendrier ou pas cette annonce tombe au début du mouvement social contre la loi travail et cette hausse du point d’indice est savamment programmée à l’aune des élections présidentielles. Pour nous, cette annonce est une véritable provocation.
Tout comme l’annonce sur les salaires et l’évaluation des enseignant-es pendant la lutte contre la loi Travail. Ce gouvernement souhaite acheter la paix sociale et les voix des enseignant-e-s pour les scrutins à venir par des augmentations de salaires. Il ne parviendra cependant pas à acheter l’oubli des contre-réformes notamment celle des rythmes scolaires et la dégradation des conditions de travail. De plus ce projet gouvernemental augmente encore les inégalités de revenu.

Provocation sur provocation : quand cela s’arrêtera-t-il ?
Pour finir, comparons les augmentations de salaires entre les enseignants-e-s et les IEN ou les DASEN.
Au début de cette année, les DASEN et les IEN se voient attribuer de nouvelles primes.
Les IEN (inspecteurs-trice-s de l’Éducation nationale) vont bénéficier d’une revalorisation indiciaire avec la création d’un nouvel échelon à la fin de la hors-classe. Cela correspond à environ 4 500 euros bruts.
Les DASEN et les DASEN adjoint-e-s se voient accorder une indemnité principale mensuelle et un complément annuel versé en fonction de « la manière de servir » dont les plafonds annuels vont de 30 à 50 000 euros soit l’équivalent de plus de deux ans de salaires d’un-e enseignant-e en milieu de carrière.

Et pendant ce temps-là sur le terrain, les conditions de travail des personnels se dégradent, comme nous le constatons tous les jours.

Nous dénonçons l’attribution de ces primes dont les montants sont proportionnels aux pressions que subiront les personnels sur le terrain.

Le "budget contraint" dont vous nous parlez chaque année, n’est pas contraint de la même manière pour tout le monde.
La rentrée 2016 ne s’annonce pas la même façon que l’on soit DASEN ou enseignant-e-s et élèves en Seine Saint Denis.

C’est pourquoi, au vu des propositions faites dans le cadre de CTSD de préparation de la rentrée 2016, SUD Education 93 votera contre cette dotation nettement insuffisante. SUD Education 93 se fait le porte-voix des collègues et des parents mobilisés contre les dépassements de seuils.