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Agenda


jeudi 23 novembre
Stagiaires, formateur-trices et personnels de l’ESPE : tou-tes en grève !
Grève lycée agent-e-s Manif Métro Sèvres Babylone 9h pour rallier Duroc puis Saint François-Xavier

lundi 27 novembre
Stage antihiérarchie 27 et 28 novembre 2017 à Paris

mercredi 29 novembre
AG du collectif des enseignant.e.s de classes d’accueil mobilisés mercredi 29 novembre à 13h30 à la bourse du travail de Bobigny

mercredi 6 décembre
RIS Aubervilliers

jeudi 7 décembre
RIS BONDY

mardi 12 décembre
AG des lycées en lutte du 93 - 18h30 à Saint-Denis

jeudi 14 décembre
[Réservé aux adhérent.e.s] Stage fédéral juridique niveau 1 : « Les statuts et le juridique au service des personnels et de l’animation syndicale » à Paris

jeudi 14 décembre
RIS Bagnolet

lundi 18 décembre
Stage syndical "Au croisement des oppressions - Où en est-on de l’antiracisme à l’école ?" les 18 et 19 décembre 2017 à Saint-Denis

mardi 19 décembre
AG du district 4 (Aulnay - Sevran - Tremblay - Villepinte) - 18h30, au Delyss, 5 rue des deux gares, métro Gare du Nord

jeudi 18 janvier
Stage Pédagogies alternatives et syndicalisme - l’individu grâce au collectif, malgré lui

vendredi 19 janvier
Stage Pédagogies alternatives et syndicalisme - l’individu grâce au collectif, malgré lui

jeudi 8 février
AG des lycées en lutte du 93 - 18h30 à Saint-Denis

lundi 12 mars
Stage syndical pour les assistant-es d’éducation et assistant-es pédagogiques

Collège Romain-Rolland d’Ivry-sur-Seine : Ces fameux « moyens » dont les profs ont besoin
Article publié le 10 février 2015

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Ces fameux moyens dont les profs ont besoin

Comment faire adhérer les élèves aux valeurs de la République lorsque l’Ecole, la première institution à laquelle ils sont confrontés les exclut et ne leur propose rien lorsqu’ils sont en difficulté ? Cette même institution qui doit leur transmettre et leur faire comprendre ces valeurs ! La situation dans laquelle nous sommes depuis des années est un non-sens, une aberration...

Les profs parlent souvent de manque de moyens, mais de quoi avons-nous besoin exactement ?

Prenons le cas de notre collège, Romain Rolland à Ivry-sur-Seine qui est pour le moment exclu de la politique d’éducation prioritaire.

Avant tout, nous avons besoin d’adultes dans les établissements :

  • un(e) infirmièr(e) à temps plein car il n’est pas possible d’être à l’écoute, dialoguer et détecter les problèmes des élèves lorsqu’une seule personne n’est là que 2 jours par semaine, voit 40 élèves dans une journée et doit en plus réaliser et gérer la visite médicale pour 172 élèves de 5 ème , visite médicale qui va elle même déboucher sur la découverte de situations difficiles et parfois graves et urgentes.
  • un(e) assistant(e) sociale à temps plein car ce n’est pas tout de diagnostiquer les difficultés, il faut pouvoir agir et aider les élèves et les familles dont certaines sont dans des situations catastrophiques et d’urgence.
  • un(e) conseiller(e) d’orientation, car orienter les élèves de manière précise, c’est une compétence qui doit revenir à une personne formée et non majoritairement aux enseignants qui ont déjà beaucoup à faire et ne peuvent pas avoir toutes les informations importantes sans cesse en évolution (c’est une tradition dans cette machine écrasante qu’est devenue l’EN).
  • créer un corps de vie scolaire avec des surveillants formés, recrutés sur concours, avec une perspective d’évolution de carrière (concours interne de CPE) afin de stabiliser des personnels qui ont un rôle central et doivent connaître et transmettre les valeurs de l’Ecole républicaine.
  • recruter et former plus d’enseignants car les classes ne doivent pas avoir plus de 20 élèves pour assurer un suivi individualisé.
  • créer dans chaque établissement une cellule de soutien et de remise à niveau avec des enseignants d’enseignement général (professeur des écoles spécialisés) pour prendre en charge les élèves en échec ou en décrochage sur la base du RASED dans le premier degré.
  • faire des classes dédoublées en langues afin qu’elles deviennent réellement « vivantes ».

Mais la tâche est bien plus large, il est aussi impératif de :

  • stabiliser les équipes avec une prime motivante et une valorisation de points pour les mutations car une équipe stable est le seul moyen de donner un cadre à la fois stable, cohérent et sécurisant pour les élèves.
  • Créer des établissements à taille humaine ne dépassant pas 500 élèves, notre collège a 675 élèves et bientôt 850, c’est une poudrière.
  • cesser de faire passer la moindre action bénéfique pour les élèves en heures supplémentaires pour les enseignants. L’EN doit assumer matériellement ce qui est jugé nécessaire pour les élèves et donc le faire entrer dans le service des enseignants.
  • généraliser et rendre obligatoire la formation aux premiers secours car c’est un savoir incontournable et le premier moyen de développer l’altruisme.
  • dynamiser les vocations des futurs enseignants en considérant que le coût de la vie autour de Paris ou dans d’autres grandes villes (loyers) fait que le salaire des enseignants qui y vivent est insuffisant et considéré par certaines institutions (ANAH) comme des « ressources modestes » ou « très modestes » alors que ce n’est pas le cas hors région parisienne. Une prime de vie chère doit être mise en place car l’équité entre les enseignants passe avant tout par le traitement (l’indemnité de résidence est dépassée et ne remplit pas son rôle). Elle doit permettre d’augmenter le salaire de 25%. Il s’agit pour l’EN d’être cohérente : comment créer des vocations et recruter des personnes qui vont promouvoir des valeurs d’équité alors qu’eux même sont traités injustement et ne pourront pas avoir le même niveau de vie selon le lieu où ils seront nommés ?

Il s’agit donc d’ouvrir les yeux, nous avons besoin de beaucoup plus que ce que la réforme de l’éducation prioritaire propose, beaucoup plus.

L’EN doit prendre conscience qu’à travers son École, c’est la société qui va dans le mur. Certes, tous ne se prendront pas ce mur à titre individuel, heureusement beaucoup réussiront et s’épanouiront, mais les événements récents mettent l’éclairage sur ceux qui restent dès leurs premières années de vie en marge d’une société qui reste sourde aux cris des enseignants en imaginant qu’ils agissent pour leur confort, cette société se cache les yeux pour ne pas voir ses erreurs et c’est collectivement que nous en subirons les conséquences. Nous avons déjà commencé à les subir et nous n’étions que 4 millions de personnes dans la rue le 11 janvier 2015 pour défendre notre modèle de vie et nos valeurs.

Chaque année 122000 élèves quittent l’école sans diplôme ou formation et cela fait presque 30 ans que cela dure. Les terroristes avaient tous entre 30 et 35 ans... L’École ne peut pas tout faire, mais l’institution doit lui permettre de faire mieux et plus. C’est à l’adolescence que les élèves construisent et affirme leur identité.

Il s’agit au fond d’un choix de société : l’État veut-il enfin donner ces moyens nécessaires et incontournables afin que chaque élève puisse apprendre à réfléchir et se construise un libre arbitre éclairé ?

Du fond de notre banlieue d’Ivry-sur-Seine, le collège Romain Rolland est mobilisé et en grève depuis début décembre 2014 pour dénoncer ces problèmes et réclamer ces moyens. Résultat, après 3 semaines de grève : notre administration nous ignore et décide que nous ne devons plus faire partie de l’éducation prioritaire.

Pourtant, le 8 janvier 2015 lors de la minute de silence, de nombreux élèves ont refusé de la faire, on tenu des propos choquants et provocants...

Aujourd’hui la quasi totalité des professeurs principaux a démissionné, de nombreux personnels enseignants et de vie scolaire sont en arrêt car ils craquent, des élèves ont tenté de faire partir des incendies à plusieurs reprises, des enseignants continuent de se faire insulter, certains ont été blessés en raison d’installations défaillantes ou parce qu’ils sont intervenus lors de bagarres d’élèves en plein cours.

Politiques, parents, citoyens, personne ne peut plus dire : « On ne savait pas... ».

Les enseignants du collège Romain Rolland d’Ivry-sur-Seine.