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CTSD d’ajustement du 27 juin 2014 - déclaration liminaire
Article publié le 26 juin 2014

Comme nous le remarquions en avril, nous sommes très loin des ouvertures de postes nécessaires pour améliorer la situation de l’école primaire en seine-Saint-Denis. En supposant que les prévisions d’effectifs ne soient pas aussi sous-évalués que l’année dernière, ne restent que 22 postes dans le département pour améliorer le taux d’encadrement, à rapprocher des 1068 postes qui seraient nécessaires pour simplement revenir au taux d’encadrement de 2002.

En avril, nous avions souligné la faiblesse des moyens mis pour reconstituer le remplacement, avec 20 postes pour le département, quand il en manque environ 300. Nous avions dénoncé l’appauvrissement du réseau d’aide, puisqu’il n’y a aucun poste de E, G ou psy malgré les augmentations importantes d’effectifs. Nous avions remarqué la pauvreté des moyens en termes de maîtres supplémentaires (9) et de TPS (10), pourtant annoncés comme des priorités.

Or nous constatons, en dépit d’un saupoudrage qui ne peut répondre aux besoins de notre département, que cela malgré tout est trop par rapport aux postes disponibles, et que ce sont les seuils qui servent de variables d’ajustement, qu’une logique comptable ignore les besoins exprimés par les écoles.

Lundi, 9 écoles du 93 étaient en grève, dont 6 de Saint-Denis. La mobilisation particulière de cette ville, et l’intérêt des médias pour cette mobilisation, ne doivent pas faire oublier que c’est tout le département qui souffre. Saint-Denis est cependant emblématique d’une rupture de plus en plus flagrante entre les discours et les actes. 12 écoles, quasiment un quart de la ville, ZEP et non-ZEP confondues, en situation de passer au-dessus des seuils, c’est une situation inédite. La sensation très forte que les difficultés des équipes sont ignorées, la difficulté à se faire entendre, à défaut d’être écoutés, renforcent la colère des écoles. Les collègues, comme les parents également très mobilisés lundi sur la ville, vivent cette nouvelle dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’enseignement comme insupportable.

120 postes seraient nécessaires seulement pour garantir le respect des seuils sur le département. Vous les remettez aujourd’hui fondamentalement en cause, sans pour autant que les autres postes gravement déficitaires (remplacement, RASED...) soient sérieusement améliorés. A ceci va s’ajouter le retour en force des postes vacants, étant donné les effectifs insuffisants des lauréats du dernier concours. Qui se traduira en partie par des recrutements de précaires, en partie par des postes non pourvus dans les écoles, et une saturation des moyens de remplacement.

La dégradation des conditions du dialogue social, perceptible tant au niveau des circonscriptions que de la DSDEN, accompagne cette dégradation de l’école publique.
Le pire serait, pour les valeurs de l’école publique que nous défendons, que la résignation l’emporte. Cela entérinerait, pour notre département en particulier, l’approfondissement du discrédit de notre institution, tant pour nos collègues que pour nos parents. Nous agirons évidemment, avec nos camarades de l’intersyndicale, pour que ce ne soit pas le cas.