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Brochure Solidaires sur les retraites
Article publié le 27 septembre 2010

EDITORIAL

Malgré les millions de manifestant-e-s dans les rues, malgré l’importance des arrêts de travail dans le secteur privé,malgré les grèves très massives dans le secteur public, malgré l’opposition de la majorité de la population…le gouvernement continue à faire la sourde oreille, de vanter sans nuances les mérites de sa contreréforme des retraites. Il dépose un projet de loi qui représente la contre-réforme la plus régressive d’Europe, puisqu’elle cumule un allongement de la durée de cotisation, le recul de l’âge du droit au départ en retraite et le relèvement de l’âge de départ sans décote. Il dépose un projet de loi ne tenant aucun compte de l’opposition majoritaire à cette régression sociale, à ce projet de loi injuste qui pénalisera particulièrement les salarié-es les plus défavorisé- es, les moins bien payé-es, les plus précarisé-es, et notamment les femmes et les jeunes générations.

Le gouvernement cherche manifestement l’épreuve de forces en affirmant que ces régressions ne sont pas négociables et qu’il ne bougera pas. Le ministre du Travail est le plus « droit dans ses bottes » alors qu’il symbolise à lui tout seul la collusion entre les puissances d’argent et les responsables politiques. Comme son ancien mentor Alain Juppé, Premier ministre en 1995, il méprise les grévistes, les manifestant-es et la population, il rabâche ses arguments pour sa contre-réforme pour que la population « la comprenne mieux »…En 1995, la grève reconductible et les manifestations renouvelées, ont fait céder Juppé !

Cette contre-réforme s’inscrit dans un plan de rigueur imposé par le gouvernement et voulu par le FMI et l’Union européenne :

— relèvement de deux ans de l’âge légal de départ, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est inférieur à 59 ans et que la majorité des salarié-es est déjà sans emploi au moment de liquider leur retraite. Pour eux, cela correspondra à l’allongement de deux ans de cette période précaire hors emploi. Pour les autres, une minorité pourra se maintenir péniblement au travail, diminuant les opportunités d’emploi pour des jeunes au chômage !

— allongement de la durée de cotisation, alors que le COR a établi que la durée moyenne de cotisation des salarié-es n’est que de 37,5 ans aujourd’hui, et prévoit qu’elle baissera à 37 ans demain : la conséquence en sera donc une nouvelle baisse des pensions !

— report de 2 ans de l’âge annulant la décote : les personnes aux carrières incomplètes –majoritairement des femmes- devaient attendre 65 ans, souvent sans emploi, pour ne pas subir une décote très pénalisante puisque pouvant atteindre 25%de la pension. Elles devront rester dans la galère jusqu’à 67 ans pour éviter la décote.Aujourd’hui tout salarié a le « choix » de travailler jusqu’à 70 ans dans le privé et à 65 ans dans la fonction publique (voire plus dans certains cas). Demain, les personnes aux carrières incomplètes ne pourront pas quitter avant 67 ans.

Solidaires : retrait du projet de loi sur les retraites

— pour les fonctionnaires (et certains régimes spéciaux) : baisse des salaires d’environ 3%en 10 ans par l’augmentation des cotisations salariales. Pourtant, à salaire égal, fonctionnaires et salarié-es du privé touchent des pensions comparables,même si elles ne sont pas calculées selon les mêmes règles.

— pour les carrières longues des personnes ayant travaillé très tôt, les maigres compensations arrachées en 2003 sont réduites : au lieu de partir avant 60 ans, elles partiront 2 ans plus tard, avant 62 ans. « Nouveauté » : avoir travaillé à 17 ans, permet de continuer de partir à 60 ans !
— la pénibilité du travail est niée cyniquement dans le dossier de presse du gouvernement : « les salariés doivent être physiquement usés au moment de leur départ en retraite » ! Elle est réduite au handicap physique individuel et n’est reconnue qu’avec une incapacité d’au moins 20% constatée par un médecin. De fait, il ne s’agit que d’une extension du régime d’invalidité.

— les chômeurs âgés devront rester au chômage 2 ans de plus, jusqu’à 62 ans pour la plupart, 67 ans pour d’autres. Toutes ces mesures ont pour objectif d’aggraver le partage, déjà inégal, de la richesse produite entre le capital et le travail et, malgré la crise et la récession, de maintenir les profits, les dividendes et les hauts revenus tels qu’ils ont été générés dans la période antérieure. Le gouvernement a clairement choisi son camp, celui d’une minorité de privilégiés.

Pourtant cette contre-réforme n’est pas inéluctable, il est tout à fait possible de financer notre système de retraites par répartition en maintenant l’âge de départ à 60 ans, et en revenant sur les réformes précédentes.

Ce projet de loi doit être retiré et de véritables négociations doivent s’engager, mais pour une réforme des retraites qui garantisse un bon niveau de pension, qui n’allonge pas le temps passé au travail, qui corrige les inégalités actuelles, une réforme qui assure à chacun et chacune une vie digne après le travail. Pour cela, face à un gouvernement déterminé, les salarié-es et l’ensemble de la population doivent être encore plus déterminés. Continuons à préparer le rapport de force nécessaire pour faire céder le gouvernement, c’est-à-dire une grève générale qui bloque le pays, des manifestations qui rassemblent tous ceux et toutes celles qui s’opposent à cette politique !

Une mobilisation massive et prolongée nécessite de combattre les mensonges du gouvernement et ses présentations tronquées dans lesquelles il cache une partie de la vérité. Cette brochure reprend les extraits significatifs de la présentation du projet de loi du gouvernement, dont nous soulignons les phrases importantes auxquelles nous répondons en rétablissant les faits ou en les complétant.

23 août 2010

Télécharger la brochure :http://www.solidaires.org/article32...