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AVIS DE « GRAND FRAIS » SUR LE SERVICE PUBLIC D’ORIENTATION DE L’EDUCATION NATIONALE
Article publié le 30 novembre 2009

VOUS AVEZ DIT ORIENTATION ?

Jamais le mot orientation n’est autant apparu dans les discours d’un président de la république, ni même dans ceux d’un ministre de l’Education Nationale. Qu’il revienne régulièrement dans les propos d’un haut commissaire à la
jeunesse semble plus attendu. Mais tout cela interroge, et en premier lieu les personnels du service public d’orientation qui ne peuvent échapper à un questionnement existentiel lorsqu’ils entendent le président annoncer la création d’un grand service public d’orientation. De quoi parle-t-on lorsqu’il est question d’orientation ? Tout le monde, et au sein même du gouvernement, parle-t-il de la même chose ? Sait-on d’ailleurs de quoi on parle ?

NOUS ENTENDONS INSERTION

De « l’orientation tout au long de la vie » chère à Martin Hirsch à une « orientation scolaire et professionnelle avec un droit à l’erreur » évoquée par Nicolas Sarkozy en passant par une « orientation plus progressive, plus ouverte, plus juste » revendiquée par Luc Chatel dans sa réforme des
lycées, il y a de quoi se perdre dans une nébuleuse autour d’un mot clé qui résonne bien différemment à l’oreille des uns et des autres.
Subie ou choisie, ratée ou réussie, impasse ou sésame, l’orientation est souvent vécue sans nuance dans un système scolaire où de plus en plus la réussite se mesure en terme d’accès au monde de l’entreprise. Dans une société qui se déleste sur l’école de ses difficultés à insérer une partie
importante de sa population, et de ses jeunes en particulier, il
n’est pas innocent d’accorder autant d’importance à la question de l’orientation.

Mais c’est dans un bouleversement des fondementsmêmes de l’école et de ses objectifs que s’inscrit toute cette effervescence autour de l’orientation. Si l’insertion (les débouchés) a longtemps été un des éléments à prendre en
compte dans les choix d’orientation, on veut aujourd’hui faire de l’orientation un des déterminants de l’insertion.

C’est bien de cela dont il est question lorsque Martin Hirsch évoque des plateformes territoriales d’orientation regroupant tous les acteurs de l’insertion. C’est aussi de cela dont il est question lorsque Nicolas Sarkozy évoque un
grand service public d’orientation alors qu’il laisse dépérir petit à petit l’actuel service public d’orientation intégré au service public d’éducation. C’est encore de cela dont il est question lorsque l’on refuse de se confronter aux problèmes
réels de l’orientation des jeunes au travers de la filiarisation, de la sélection, des difficultés d’affectation dans une école qui reste une machine à trier.

ALORS QUE LES ELEVES ATTENDENT UNE AIDE A LA CONSTRUCTION D’UN PARCOURS SCOLAIRE

Pour nous lorsqu’il est question d’orientation des jeunes, il s’agit d’orientation scolaire et professionnelle. Il s’agit aussi d’un service public d’orientation autonome dans l’Education Nationale dont la mission est de contribuer à
l’épanouissement des individus par leur parcours scolaires et vers des parcours de vie tout en y intégrant les réalités de la collectivité. Construit sur le réseau des CIO (centres d’information et d’orientation) existant, le service public
d’orientation se doit d’être un outil d’émancipation qui favorise l’appropriation du système éducatif par les élèves et leur famille.

« MIEUX ORIENTER », CHICHE !

Alors que les CIO et le corps des COP (conseillers d’orientation psychologues) sont en voie d’extinction (moyens de fonctionnement régulièrement réduits, recrutement d’un COP pour six départs en retraite, transfert des missions
d’information vers les enseignants…), il est urgent de renverser la vapeur. Permettre au CIO de fonctionner et notamment de s’équiper en nouvelles technologies, recruter des COP pour arriver rapidement à un ratio d’au moins un COP pour 500 élèves : c’est ainsi que l’on donnera accès à une information sur les études et les métiers réellement objective et surtout que l’on donnera à toutes et à tous le droit à un conseil en orientation prenant en compte autant les
dimensions individuelles que les réalités sociales.

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