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À propos des procédures de remplacement:Lettre ouverte au recteur
Article publié le 15 décembre 2009

Lettre adressée au recteur de l’académie de Créteil par Sud éducation Créteil .

Nous avons pris connaissance de votre courrier aux chefs d’établissements et aux inspecteurs d’académie sur l’amélioration des pratiques liées aux remplacements. Nous sommes inquiets de l’image de l’enseignement que vous donnez dans ce courrier : il ne s’agit plus d’assurer la continuité du service public d’éducation, c’est-à-dire la continuité d’enseignements disciplinaires, mais de rassurer les familles par la « prise en charge » de leurs enfants.

On voit ici la limite de l’exercice consistant à gérer le service public d’éducation comme une entreprise de fabrication de petits pois en boîte : le tout quantitatif n’assure pas la qualité de l’éducation.

Vous parlez d’un taux de remplacement augmenté de trois pour cents. Ce taux est-il calculé par rapport à tous les remplacements ou seulement à ceux de longues durées ? Sorti de son contexte, ce chiffre n’a strictement aucun sens, d’autant plus si vous considérez qu’un AED prenant en charge les élèves d’un professeur absent constitue un remplacement.

Le principe du flux tendu vous amène à écrire des choses contraires au bon sens : les chefs d’établissement ne sont pas habilités à décider de la compétence d’une personne pour enseigner, même « en urgence ».

Le principe du remplacement en interne élargi au district, c’est à dire la multiplication vertigineuse des heures supplémentaires, nous paraît contraire à la bonne qualité d’un enseignement que le décret de 1950 limite à 18 heures parce qu’il prend en compte ce qui vient en amont (préparations) et après (corrections) la présence devant élèves.

Quant à la prise en compte de la difficulté d’un poste et de son éloignement par
une rémunération adaptée, de nombreux collègues TZR sont preneurs de votre généreuse proposition, par exemple ceux qui travaillent sur 3 établissements dans 2 communes différentes ou ceux qui travaillent en dehors de la zone où ils sont titulaires.
Nous rappelons aussi nos craintes de voir les stages « 108h » de l’an prochain utilisés pour améliorer les statistiques rectorales du taux de remplacement.
Pour terminer, nous vous rappelons qu’il existe une catégorie de personnels enseignants dont le rôle est d’assurer les remplacements sur des zones géographiques, les TZR. C’est aussi votre politique d’affectation systématique de ces collègues sur des postes fixes (ce dont d’ailleurs vous vous félicitez dans votre bilan de rentrée) qui crée un problème de ressource
humaine pour les suppléances.

Le bon fonctionnement du service public d’éducation nécessite que des collègues titulaires restent disponibles pour les tâches de remplacement. Faire des économies budgétaires sur ce poste est une mauvaise politique pour l’avenir.